Durant le salon parallèle au congrès de l’Association française des tunnels et de l’espace souterrain (Aftes) début septembre, le fabricant suédois mettait en avant la DT1132i, sa dernière foreuse de front de taille, une machine qui illustre ses ambitions en matière d’automatisme et de numérique.

La télématique agite le secteur des machines de terrassements, mais certains engins ont déjà franchi cette étape depuis plusieurs années. Quand les sens de l'opérateur ne suffisent pas, l’appui de la technologie n’est plus débattu. Les engins qui côtoient les risques géotechniques transmettent déjà des mégaoctets de données à des serveurs.

Dans ce segment spécifique, l’heure est désormais à l’analyse. Certes, l’information circule en permanence entre le matériel et le numérique, mais reste à établir quel profit un utilisateur peut tirer de ces interactions, au-delà des impératifs de sécurité.

Des bras souples

Constructeur de machines destinées aux mines, carrières et tunnels, Sandvik Mining & Construction se trouve confronter à cette question pour une bonne part de ses produits. Le salon adossé au congrès de l’Aftes*, qui s’est tenu entre le 6 et le 8 septembre dernier à Paris, lui a donné l'occasion d'attirer l'attention sur sa foreuse jumbo pour les tunnels DT1132i, une de ses créations les plus avancées

Commercialisé depuis l’année dernière, ce modèle à trois bras « remplace son prédécesseur le DT1131, qui travaille notamment sur le chantier de Saint-Martin-de-la-Porte, l’une des opérations du Lyon-Turin ferroviaire », précise Jean-Christophe Pillet, responsable des ventes tunnels et mines de Sandvik Mining & Construction France.

Entre autres améliorations, les composants des bras ont tous été revus : nouvelle flèche dont la glissière peut tourner à 270°, nouveau système d’entraînement des tiges plus efficace, nouveaux outils réduisant les pertes d’énergie. Le tout contribue à augmenter la puissance des marteaux.

La DT1132i peut couvrir une surface de 190 m² (18,4 m par 11,2 m). « Elle trouvera sa place dans des tunnels d’une longueur certaine et avec front de taille de plus de 60 m² à l’image des ouvrages du Lyon-Turin », indique Jean-Christophe Pillet.

Bibliothèque de forages

En standard, la machine affiche les principaux renseignements quant aux forages en cours, ainsi qu’un éventuel plan de tir, mais le contrôle reste manuel. En revanche, la version Premium offre la possibilité d’un pilotage complètement automatique. Un scanner 3D peut aussi être fixé sur l’engin. Les nuages de points collectés lors des déplacements peuvent renseigner sur la qualité des travaux déjà effectués.

Par ailleurs, cet engin est compatible avec iSure 8.1, la dernière mouture du logiciel de Sandvik conçu pour le suivi des forages en front en taille. Ses fonctionnalités ne se bornent pas au dessin des plans. Le programme peut enregistrer les données de forage et même les vibrations des explosions. Il peut ainsi fournir des modélisations 3D de chaque de cycle ou des statiques à propos de l’efficacité des percements. « L’exploitant pourra utiliser ces informations pour interpréter la géologie du terrain », ajoute le directeur. Ces fichiers peuvent être archivés. L’entreprise peut ainsi les consulter durant de futurs chantiers.

* : Association française des tunnels et de l’espace souterrain

La tête de l’emploi

Si les logiciels et l’automatisme occupent Sandvik, le constructeur ne délaisse pas l’outillage. Entre autres améliorations, le groupe propose la gamme d’inserts Powercarbide. Le client peut y choisir entre plusieurs combinaisons de carbure celle qui convient à son opération. Les DP55 et DP65 possèdent par un exemple un noyau plus dur qu’une tête standard. Celui-ci est entouré de couches plus souples. Le fabricant les conseille pour les grandes dents. Chez les GC80 et GC81, les parties les durs se trouvent à la surface de l’insert, ce qui augmente leur efficacité dans les sols rocheux ou abrasifs. Enfin, la SF70 présente des propriétés d’auto-durcissement. La tête devient plus résistante à mesure qu’elle travaille.

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