L’adaptation des infrastructures aux nouvelles mobilités suppose de transformer l’espace urbain. Zone à faibles émissions, mobilité bas carbone, le remodelage de la ville commande aussi de repenser les plans de circulation et de créer de nouvelles infrastructures nécessaires au déploiement de l’électromobilité. Pour cette troisième Réunion de Chantiers de France L’évolution des exigences sociétales entourant la réalisation des chantiers urbains implique de définir de nouvelles méthodologies et de mettre en œuvre des matériels. C'est ce que les invités à la troisième Réunion de Chantiers de France ont mis en évidence.

Chantiers urbains - Comment les matériels contribuent à l’acceptabilité travaux

Réalisant chaque année plus de 65 000 chantiers en France, Colas, « le champion mondial des implantations locales, intervient sur des projets neufs et d’entretien, qui sont réalisés dans des délais courts, 15 jours en moyenne. Ces chantiers sont de plus en plus contraints, en particulier au niveau des conditions de circulation, de la sécurité et des emprises au sol, observe Michel Poncelet, directeur Matériel France chez Colas. Les moyens déployés sont donc adaptés à cette contrainte. Les travaux démarrant souvent tôt, il faut adapter les matériels présentant les émissions sonores les plus basses possible. Le choix des motorisations va également dans le sens de la diminution des émissions polluantes. » L’information des riverains fait partie des dispositions que l’entreprise prend pour favoriser les relations avec les riverains. Une démarche commune à Enedis. Avec 11 millions de prestations techniques par an sur l’ensemble du territoire, l’opérateur se positionne comme une entreprise de service gérant le premier réseau électrique d’Europe. « L’information est la clé de l’acceptabilité. Un interlocuteur dédié à chaque commune favorise la communication auprès des riverains concernés. Il est important d’expliquer le sens des travaux et d’en préciser les principales étapes clé, souligne Inès Khalil, responsable Achats à la direction régionale Île-de-France Ouest chez Enedis. En amont, tout est en mis en œuvre pour minimiser la gêne engendrée par les travaux à chaque étape. »

Insertion


La préparation du chantier est essentielle. Elle contribue à l’insertion des travaux dans leur environnement. Réalisant 80 % de son activité TP en milieu urbain, très majoritairement à Paris, Urbaine de Travaux a défini des processus organisationnels qui conditionnent le bon déroulement des chantiers. « Le choix des matériels est capital. Il faut mettre en œuvre des matériels compacts, silencieux et peu polluants. La qualité des matériels va de pair avec la rentabilité des travaux, estime Bruno Hareau, directeur des Opérations chez Urbaine de Travaux. L’exécution des travaux est conditionnée par les emprises, ce qui à Paris est une contrainte majeure compte tenu des exigences du donneur d’ordre. » Les parcs Matériel des entreprises doivent être adaptés à une grande diversité de métiers. Déconstruction, VRD, canalisation, assainissement, adduction d’eau, le matériel doit être en phase avec les contraintes de travailler sur demi-chaussée. Compacité et sécurité sont les deux vecteurs qui guident le choix des exploitants. « L’enjeu est de limiter l’emprise pour réduire la nuisance sur la circulation, rapporte Michel Poncelet. Le matériel compact à rayon court, permettant de travailler dans le gabarit d’un PL en largeur se généralise. » Louant 100 % de ses moyens matériels à SAML, une société sœur du groupe Fayat, Urbaine de Travaux privilégie la polyvalence « avec des machines capables de terrasser, lever et charger, pour ne pas avoir à changer en cours de chantier. Notre champ d’intervention étant large, les matériels doivent être adaptés à chaque chantier », justifie Bruno Hareau. Les machines étant devenues de véritables porte-outils, l’avènement des porte-outils multidirectionnels, après les attaches rapides hydrauliques, ouvre de nouvelles possibilités de travail, en conciliant sécurité et productivité. En tant que donneur d’ordre Enedis préconise d’adapter le matériel à la nature de réseaux comme à l’avancement des travaux mais aussi à l’environnement de travail dans lequel il va être déployé. « Nous incitons les entreprises à mettre en œuvre des matériels propres, comme des mini pelles électriques, plébiscitées par les riverains, révèle Inès Khalil. L’offre étant peu développée et les infrastructures de recharge inexistantes, nous ne pouvons pas les imposer. Nous les évaluons dans le cadre de la transition énergétique qui incite à recourir à ce type de solutions. » Enedis, a institutionnalisé le temps d’observation préalable. Le principe est de pouvoir arrêter à tout moment les travaux dès lors que les conditions de sécurité ne sont plus assurées. L’évaluation de ses prestataires in situ, sur un chantier éphémère mais bien réel, afin d’évaluer leur gestion du projet est porteuse de progrès. Après deux tests, une opération de grande ampleur permettra de noter les équipes sur différents critères, dans la perspective d’un projet de 400 millions d’euros sur cinq ans. Si les marchés Enedis sont traditionnellement orientés vers des obligations de résultat, la sécurité n’est pas négociable. Une initiative bienvenue pour les entreprises qui sont ainsi interrogées par une tierce partie sur leur pratique dans le domaine de la sécurité et de l’efficacité et qui peuvent ainsi identifier les domaines dans lesquels elles peuvent progresser.

Logistique


Bannissement du diesel dans les Zones à Faibles Émissions, difficulté de circulation et d’accès, stationnement problématique, la logistique se complexifie. Chez Essonne TP, les transports des matériels sont internalisés. « Nous investissons dans des équipements qui sécurisent nos chantiers et réduisent la pénibilité des travaux, rapporte Arthur Ramos, directeur d’exploitation chez Essonne TP. Pour prévenir les vols, nous sommes contraints de programmer les expéditions de matériels tôt le matin, donc de nuit durant une partie de l’année ce qui constitue un risque supplémentaire. Après avoir beaucoup eu recours aux ampliroll, nous privilégiions désormais les porteurs avec grue auxiliaire. » De quoi limiter l’impact des travaux et contribuer à leur acceptabilité. À ce titre, le choix du matériel sélectionné est déterminant. Il conditionne la productivité sur le chantier et participe de la réduction des nuisances perçues.

JCB - Des solutions expertes


Avec 350 références, la gamme JCB couvre les besoins des chantiers urbains avec des machines spécialisées ou polyvalentes. Tous répondent aux contraintes particulières de ces travaux en matière d’émissions, de sécurité, de compacité, de maniabilité et l’agilité. Sur le segment des pelles sur pneus Midi, le développement de l’Hydradig illustre la capacité d’innovation de JCB, avec une machine 4 en 1. « L’Hydradig, qui a été conçue comme un porte-outil multifonction est la solution la plus polyvalente du chantier, assure Philippe Girard, directeur général de JCB France. L’absence du bloc-moteur dans la tourelle libère la visibilité sur l’arrière de la machine tout en favorisant la compacité de la superstructure. » Une conception qui sécurise l’opérateur comme l’environnement de la machine. Motoriste à part entière depuis 2005, JCB accompagne la transition énergétique avec un bouquet de solutions. Côté thermique, l’évolution des normes régissant les émissions a permis de diviser par deux les émissions de CO2. Les moteurs Phase V sont compatibles avec le diesel « propre » HVO, l’industriel développant la combustion à l’hydrogène pour le segment supérieur. Pour les gammes compactes, l’électrification est la priorité, avec une règle simple : garantir une autonomie suffisante couvrant une journée de travail et de pouvoir recharger en une nuit.

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