L'entreprise spécialisée dans la détection des piétons a annoncé le 30 mai la sortie du Blaxtair Origin, une déclinaison du Blaxter qui emploie un nouvel algorithme de reconnaissance d'image.

Depuis son apparition en 2009, le Blaxtair symbolise l’avant-garde des systèmes contre les collisions entre les hommes et les engins de chantier. Mais son règne se termine. La société Arcure, sa créatrice, a dévoilé le 30 mai le Blaxtair Origin, à côté duquel la précédente mouture ressemble un brouillon. « C’est le fruit de quatre ans de recherche et de développement, observe Franck Gayraud, directeur général de l’entreprise. Notre entrée en bourse en 2019 avait notamment pour but de financer ce projet. Nous avons réuni dans ce dispositif toutes les demandes de nos clients. »

Nourrir le cerveau

Signe de ce renouvellement, le Blaxtair Origin ne partage aucun composant avec la dernière version, la troisième, du Blaxtair. Les deux modèles s’appuient sur une intelligence artificielle entraînée à reconnaître les images de piétons transmises par une caméra, mais le logiciel d’Origin a recours à des algorithmes dits de « réseaux de neurones » pour apprendre, alors que le Blaxtair utilise des techniques plus simples. « Nous réfléchissons aux réseaux de neurones depuis longtemps. Par le passé, les résultats n’étaient pas satisfaisants. Toutefois deux facteurs ont contribué au progrès de cette méthode, explique Franck Gayraud. Après douze ans d’existence, nos bases de données ont atteint une taille suffisante pour pouvoir entraîner ce type d’algorithmes. Par ailleurs, il existe désormais des cartes électroniques de calcul conçues spécialement pour les réseaux de neurones à des prix compatibles avec nos objectifs de coûts. Nous obtenons aujourd’hui les mêmes performances en matière de sécurité que le Blaxtair – 100 % de piétons détectés en zone de détection et une fausse alarme par shift au maximum – mais avec des caractéristiques améliorés. »

À l'avant

Les effets du changement sont perceptibles au premier regard. Si la tête du Blaxtair 3 comprend deux optiques, celle du Blaxtair Origin n’en possède plus qu’une. Son volume est ainsi divisé par quatre par rapport à son prédécesseur. Celui du calculateur qui analyse les flux vidéo par trois. L’angle de détection passe de 90 à 120°. La portée maximale de détection de 7 à 12 m. Là où le Blaxtair 3 percevait uniquement les obstacles dans une zone de 0 à 1,2 m du véhicule, le nouveau venu repère les compagnons même à ce périmètres. Il distingue aussi mieux les personnes dans des postures inhabituelles, accroupies par exemple ou partiellement cachés. Avec ces évolutions, l’appareil est en mesure de déceler des humains même placé l’avant de l’engin. En revanche, le Blaxtair Origin ne détecte pas encore les obstacles. « Nous continuerons donc la commercialisation du Blaxtair 3. Certains de nos clients sont attachés à cette fonction », indique le directeur général.

L'autonomie dans l'objectif

Autre changement, le produit est connecté de série par le biais du réseau 4G. La plate-forme web associé fournit différentes informations en fonction de l’abonnement choisi : SAV à distance, statistiques de détection, localisation par GPS, images des alarmes. « Nous respectons la RGPD. Les visages des personnes sont floutés dans les images collectées », précise Franck Gayraud. Le canal de communication donne aussi la possibilité de mettre à jour à distance l’outil. Divers ajouts de fonctionnalité sont déjà prévus : le ralentissement automatique de la machine dans certaines zones grâce à la détection de QR Code devrait arriver d’ici le début 2023, le repérage de véhicules légers est aussi annoncé. « À plus long terme, cette plate-forme a également été pensée en vue de servir aux capteurs des véhicules industriels autonomes, note le directeur général. Le Blaxtair est compatible avec cet usage. Nous avons des discussions avec des constructeurs à ce sujet. » Blastair Origin est disponible en précommande. Sa production devrait débuter courant juin.

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