Au cœur des enjeux de la transition énergétique et de la transformation industrielle, les fabricants de biens d'équipement produisant en France, fédérés par Evolis, plaident pour un environnement favorable aux investissements et à l'innovation dans un marché européen mieux protégé.

Réenchanter l'industrie mécanique française

L'enjeu est d'importance : il s'agit de la souverainté nationale et de dynamise économique. Le nouveau périmètre de l'organisation professionnelle lui confère une influence à la hauteur de ces enjeux. Avec 600 entreprises adhérentes, dont 90 % de TPE/PME ; 82 000 emplois directs en France, un chiffre d'affaires de 18 milliards d'euros et un taux d'export de 65 % , Evolis entend redorer l'image de son secteur d'activité. Ses atouts ? Sa modernité et sa capacité à relever les défis de la décarbonation et de la digitalisation. « Nous voulons être une nouvelle organisation professionnelle et pas seulement la fusion de trois syndicats, explique Jean-Claude Fayat, président d'Evolis. L’organisation professionnelle souhaite avant tout réhabiliter une industrie française en mouvement, capable de se projeter pour les jeunes générations. Plus globalement, Evolis entend intégrer et inspirer l’ensemble des membres de l’entreprise et non pas seulement leur direction".

Industrie en mouvement

Il s’agit pour Evolis de contribuer à ce que les fabricants de biens d’équipements et solutions industrielles soient perçus comme des acteurs clés dans la transition sociale, environnementale et sociétale. L’organisation professionnelle entend relever les défis de l'attractivité, de la compétitivité et de l''industrie 4.0. Cela signifie également pour l'organisation professionnelle de contribuer à faire changer l’image de son secteur, en montrant qu’il peut contribuer à la compétitivité de l’industrie française à travers la modernisation, la digitalisation et la décarbonation de l’outil de production dans les principales filières industrielles. Pour Jean-Claude Fayat, " devons nous moderniser, réhabiliter notre secteur et la réponse est technologique". L’industrie est une réponse aux enjeux environnementaux, bien avant la réglementation imposée et les crises énergétiques et climatiques actuelles. Remanufacturing (combinaison de matériaux neufs et d’origine qui transforme les équipements usagés en équipements comme neufs), gestion des eaux, numérisation des machines, impression 3D, fabrication additive, circuits courts, économie de la ressource… les initiatives sont nombreuses pour décarboner les process de fabrication, les machines et l’ensemble des équipements produits.. Pour réhabiliter l’industrie, il faut investir et soutenir le développement d’innovations durables et digitales ». Une réhabilitation qui doit aussi permettre de pallier les difficultés de recrutement, la Dares (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) prévoyant 53 265 postes vacants dans le secteur de l’industrie, au 3e trimestre 2022. Le constat est sans appel : le secteur doit gagner en attractivité en capitalisant sur sa capacité à tisser du lien social et sa contribution à l'émancipation sociale. Comme le souligne le président d'Evolis, « maillon indispensable de la chaîne de valeur de l’industrie hexagonale peut être vecteur d’ascension sociale. L’industrie, c’est le passé, le présent, mais aussi le futur ».

Perspectives

Les fournisseurs de biens d'équipement ont été un acteur clé en 2020 de l’entrée en vigueur de la subvention « industrie du futur dans le cadre du plan France Relance. « Nous avons été écoutés par le gouvernement, les guichets ont été ouverts et ont été dépensés extrêmement vite, rappelle Olivier Dario, délégué général d'Evolis. ». 360 millions de crédits budgétaires ont été consommés en deux mois alors que l’enveloppe était prévue pour deux ans, puis 175 millions en cinq jours alors que l’enveloppe était prévue pour deux mois. Nous voyons la capacité d’innovation de nos adhérents, ils essaient de trouver des solutions, mais ces dernières vont devoir être aidée par l’État. Cet investissement productif est un combat qu’Evolis va porter pour qu’il puisse y avoir des aides. Les problèmes ne manquent, mais nos adhérents les affrontent avec résilience et les carnets de commandes sont pleins ». 

Demande soutenue, disponibilité de liquidités au sein des entrerpises et soutien public à l'investissement ont dynamisé le marché en début d'exercice. De fait, la conjoncture est restée favorable au cours du premier semestre 2022. Si les chefs d’entreprise des secteurs clients de l’organisation professionnelle, interrogés en avril 2022, se montraient moins optimistes qu’en 2021 sur les perspectives d’évolution de l’investissement, l’industrie automobile ainsi que la fabrication d’autres matériels de transport prévoient une augmentation de leurs dépenses d’investissement, suite à une année 2021 encore impactée par les effets de la crise sanitaire. Les difficultés de l'offre oersistent. La croissance devrait être de l’ordre de 5 à 8 % du chiffre d’affaires pour l’ensemble des secteurs, avec une hausse des ventes à l’export de près de 10 %. Mais attention, en euros constants, hors effet prix, la croissance s'avère nettement moins forte. Quant à l'exercice 2033, une évolution entre +5 et +9 % pour l’ensemble des secteurs Evolis est attendue, avec une prévision de +7 % sur le marché domestique et entre +8 % et +9 % pour l’export. « Dans un contexte de réindustrialisation, il n’y a pas d’industrie performante sans un secteur des équipements et des machines de production qui soit fort et qui innove, souligne Olivier Dario. L’industrie a besoin d’une politique européenne de protection et non de contraintes ».

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