CECE
De gauche à droite, Niklas Nilroth et Riccardo Viaggi, président et secrétaire général du CECE.
Engagés dans les transitions numérique et énergétique et technique, les fabricants européens de matériels de chantier (CECE), doivent également s'adapter aux évolutions sociétales et réglementaires. Autant de mutations profondes et durables, évoquées lors du congrès annuel du CECE, qui conditionnement l'avenir d'une industrie déterminante en Europe

Quel avenir pour les constructeurs européens d'équipements de chantier ?

"Construire l’Europe de demain est notre mission commune", explique Gerassimos Thomas, directeur général de la fiscalité et de l’union douanière de la Commission européenne. "Vos machines contribuent littéralement à construire notre avenir ». Afin de pouvoir remplir leur mission, les industriels établis sur le "vieux continent" ont besoin d'un cadre réglementaire favorable, d'un marché ouvert à la libre circulation et de barrières efficaces contre les matériels non conformes ou de contrefaçon. Ils ont également besoin d'une protection efficace contre la concurrence déloyale. " #WeMake2Build, la devise du CECE confirme que les notions de machines sûres, efficaces, durables et innovantes sont des pièces fondamentales du puzzle pour façonner et construire l’Europe de demain », a répondu Niklas Nillroth, président du CECE. De fait, la numérisation, l’automatisation, les engins de construction fonctionnant avec des carburants synthétiques et les nouveaux concepts d’entraînement, qui sont appelés à se développer, détermineront la nouvelle réalité de la filière. Pour les industriels européens, cela implique également de monter en compétences en matière de ressources humaines. À ce titre, la capacité des industriels à recruter de nouvelles compétences à des niveaux plus élevés, capables d'évoluer dans un environnement de l’intelligence artificielle, des jumeaux numériques et des processus de production numérisés.

Règlementation

L’impact de la révision du règlementation européenne sur les machines constitue un autre motif de vigilance. En cause, les surcoûts économiques et les charges administratives qu’elle entraînerait pour les fabricants. Une large majorité d'entre eux, interrogés au cours du congrès a effectivement t confirmé craindre une augmentation des charges financières résultant de la révision de la règlementation européenne. Les autorités se veulent rassurantes : l'UE s'engage en faveur d'une réglementation qui stimule l'innovation et n'engendre pas de surcharge en matière de formalités administratives. Pour Svenja Hahn, membre du Parlement européen et rapporteur du groupe de travail Renew Europe, la pertinence du secteur des matériels est conditionnée par une réglementation qui stimule l’innovation, simplifie les formalités administratives et les charges disproportionnées. La discussion sur le règlement Machine est un exemple de la façon dont une sécurité accrue peut être induite par une surveillance renforcée du marché, plutôt que par une certification par une tierce partie". Pour le CECE, le projet de rapport du Parlement sur les machines, dévoilé le 20 octobre dernier, va dans la bonne direction. Parmi les avancées, certains des changements proposés par le rapporteur qui sont conformes à la position des industriels européens Il s'agit, en particulier, de la possibilité pour les fabricants d'utiliser également la procédure de contrôle interne de la production. Autre acquis, la clarification sur les spécifications techniques élaborées par la CE  qui ne devraient pas s'appliquer au cas où des normes harmonisées seraient élaborées à l'avenir, ainsi que l'approche flexible concernant la documentation technique. Cette dernière pourra être fournie sur papier ou sur un format numérique. Concernant les points à améliorer, le CECE plaide en faveur d'une modification de l'obligation de fournir des équipements d'essais et des procédures d'évaluation de la conformité lorsque plusieurs législations s'appliquent.

Ressources humaines

Créer le changement dans une industrie qui stagne depuis plus de 30 ans, est indispensable pour les membres du CECE. Le constat est d'autant plus sans appel que les besoins évoluent, que les structures même des entreprises sont appelées à changer et que l'évolution démographique n'est pas favorable. La question de la ressource humaine est donc centrale, dans un marché européen où la main-d’œuvre qualifiée manque. Dans ce contexte, la féminisation du secteur doit s'accélérer. Cette évolution attendue contribuera aussi à renforcer l'attractivité d'un secteur en déficit d'image. Aussi l'industrie 4.0, et les matériels connectés et à terme autonome, sont indispensables à la construction de l’Europe de demain.