Malgré la crise sanitaire, la filiale du constructeur d’échafaudages a élargi son catalogue. Ses produits les plus récents ont aussi enregistré de belles références.

L’épidémie et ses conséquences n’empêchent pas les nouveautés. En cette période de crise, propice à la critique des systèmes établis, l’introduction d’un produit ou d’un service peut même susciter plus d’intérêt qu’en des temps plus cléments. Chez Layher France par exemple, l’année 2020 a été particulièrement riche en lancements. Certains de ses systèmes un peu plus anciens ont aussi connu leurs premiers chantiers de grande envergure.

Le spécialiste de l’échafaudage se trouve notamment engager depuis avril 2020 dans les travaux du nouveau Rollercoaster de Disneyland Paris. Il s’est vu pour la première fois demander une maquette complète sous BIM. Ses équipes se préparaient à cette éventualité depuis huit ans, mais elles ne recevaient pas de demandes. Dans cette configuration, la modélisation est directement réalisée avec le logiciel Revit, alors qu’en général les plans sont dessinés avec le logiciel Autocad, puis importer dans Revit. Une étude rendue en format BIM requiert plus de travail, mais elle évite les transferts entre différentes applications.

À la diète

Les montagnes russes de Disneyland donnent aussi l’occasion au Flexbeam de se tailler une carte de visite sur le marché français. Ce système de plate-forme suspendue reposant sur des poutrelles en aluminium avait été dévoilé durant le printemps 2019. Il n’avait pas encore été employé sur des grands projets dans l’Hexagone. C’est chose faite avec le parc d’attractions et la rénovation du lycée Henri IV à Paris.

Le remplacement de l’acier par de l’aluminium réduit la taille et le poids de la structure. « Le gabarit de l’installation est presque divisé par deux par rapport à un système classique, indique Éric Limasset, président de Layher France. C’est un avantage quand il s’agit de garantir les gabarits de circulation des voies routières, ferroviaires ou fluviales. » L’équipement est également manuportable.

L’industriel poursuit d’ailleurs son régime minceur. Il a lancé cet été la gamme Uni-safe, un dispositif de garde-corps également allégé. « La diminution du temps de montage est comprise entre 17 et 20 %, souligne Éric Limasset. Lors du transport, l’espace occupé est réduit de 50 %. La logistique est plus facile, notamment pour les artisans et leur camionnette. » Le président rapporte de très bons retours des organismes de prévention. Il prévoit une tournée de présentation de tout le territoire quand la situation sanitaire sera revenu à la normal.

Des webinaires populaires

Au chapitre des services, la filiale a également ajouté quelques couleurs à sa palette. Durant le premier confinement, elle a organisé une série de webinaires gratuits autour des échafaudages. Les cinquante sessions ont réuni quelque 3 000 participants. « Le public était éclectique, remarque Éric Limasset. En majorité des acteurs de la filière tels que des organismes de formation ou de prévention. Ils étaient à la recherche d’informations. » Fort de cette expérience, Layher Formation va inclure le procédé dans ses méthodes d’apprentissage. « Nous travaillons sur ce sujet. Peut-être deux sessions à distance : une première de révision avant la mise en pratique en présentiel. Puis une seconde de vérification, un mois plus tard. »

La clé des airs

Toujours dans le domaine du service, la société propose depuis septembre des relevés par drone. La genèse de cette nouvelle activité n’a pas été sans quelques formalités administratives. Les pouvoirs publics veillent à la sûreté du ciel. Layher France a dû obtenir une licence d’exploitation, un document nécessaire pour demander des autorisations de survol. Et son directeur technique a passé son diplôme de pilote.

Aujourd’hui, l’entreprise possède un pilote et deux drones. Les relevés sont réalisés au moyen d’un procédé de photogrammétrie. Son incertitude est de plus ou moins 0,5 cm, bien suffisant pour un échafaudage. « Nous avons déjà utilisé cette technologie pour pas mal d’études. Nous gagnons ainsi beaucoup de temps », note le président. Il aimerait à terme compter sur une équipe de trois pilotes, mais le diplôme de pilotage reste une épreuve exigeante.

Ce panel de nouveautés devrait aider Layher France à étendre son champ d’action, tout particulièrement dans le bâtiment et le génie civil. Eric Limasset voit la construction comme le moteur de 2021, alors que les autres secteurs, l’industrie, l’aéronautique ou l’événementiel, tournent au ralenti. « Nous restons optimistes. Il y a du travail, mais il faut pouvoir travailler. Le BTP a bien repris. Les mesures en faveur des rénovations des bâtiments et des usines apporteront de l’activité. »

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