Environ 70 % des industriels interrogés par Evolis estiment que la concurrence extra-européenne augmente. CDF
Environ 70 % des industriels interrogés par Evolis estiment que la concurrence extra-européenne augmente.
Evolis a publié mi-mars la seconde édition de son Observatoire de la concurrence extra-européenne. L’organisation professionnelle pointe une situation préoccupante.

Si le poids croissant des industriels asiatiques en Europe est souvent évoqué, rares sont les données existantes sur le sujet. Pour tenter de chiffrer ce phénomène, Evolis a monté un Observatoire de la concurrence extra-européenne. L’organisation professionnelle, qui représente les fabricants français de machines, d’équipements et de solutions industrielles, a présenté le 19 mars la seconde édition de cette étude.

Selon les résultats de l’enquête, près de 70 % des industriels interrogés constatent une augmentation de la concurrence extra-européenne, 41 % parlent même d’une forte augmentation. Quand il s’agit d’associer une nationalité à ces nouveaux compétiteurs, la Chine est le pays le plus cité, avec 76 % des répondants. Dans le cadre d’appels d’offres, environ 90 % des entreprises déclarent être confrontées à des offres chinoises de 20 à 50 % moins chères. Pour les industriels français, cette différence résulte de soutiens publics importants, de normes sociales et environnementales moins exigeantes et de dispositifs de financement particulièrement compétitifs.

Montée en gamme

Pour accompagner ce sondage, Evolis s’est penché sur l’évolution des flux commerciaux dans les secteurs de ses adhérents*. En 2001, les produits chinois représentaient 0,96 % des importations françaises. Ils ont dépassé les 10 % l’année passée, notamment dans le domaine des matériels de BTP. Cette montée en puissance affecte les acteurs hexagonaux. Pour les équipements d’entrée de gamme, plus de 80 % des entreprises interrogées estiment avoir perdu des contrats au profit de sociétés extra-européennes. L’organisation remarque en outre que cette concurrence s’étend désormais aux matériels de moyenne et haut de gamme.

Une Europe trop ouverte 

Cette mutation s’opère alors même que les États-Unis ont adopté l’année passée plusieurs nouvelles mesures protectionnistes. Environ 40 % des sondés jugent que ce changement réglementaire les pénalise. « L’Europe est aujourd’hui la seule grande puissance industrielle dont le marché reste aussi largement ouvert, alors même que ses entreprises doivent faire face à des concurrents soutenus par des politiques industrielles très offensives, alerte Fabien Vincentz, président d’Evolis, dans le communiqué de presse diffusé à cette occasion. Si nous voulons préserver une industrie forte, innovante et créatrice d’emplois, nous devons garantir des conditions de concurrence réellement équitables. » Plus de la moitié des entreprises interrogées considèrent notamment que les réglementations et les normes européennes sont inéquitables ou les désavantagent face aux importations extra-européennes.

* : Les équipements pour le BTP, les matériels de manutention et d’intralogistique, les équipements fluidiques et les machines pour la production industrielle