Le constructeur finlandais répondre aux besoins distincts du recyclage des déchets de construction et de démolition, et la production de granulats. DR
Le constructeur finlandais répondre aux besoins distincts du recyclage des déchets de construction et de démolition, et la production de granulats.
Le constructeur finlandais dévoile deux nouvelles solutions sur chenilles destinées à répondre à des besoins distincts : le recyclage des déchets de construction et de démolition avec la LT400RS, et la production de granulats avec la LT200HPX. 

Metso élargit son portefeuille d’installations mobiles de concassage Lokotrack avec deux nouveaux modèles conçus pour des applications spécifiques. Présentées le 3 septembre 2026, les Lokotrack LT400RS et LT200HPX ciblent respectivement les marchés du recyclage et de la production de granulats. Cette évolution intervient dans un contexte où l’augmentation des opérations de renouvellement urbain et d’infrastructures contribue à accroître les volumes de déchets issus de la construction et de la démolition. Béton, enrobés bitumineux et matériaux de démolition mixtes présentent des contraintes de traitement sensiblement différentes de celles rencontrées dans les carrières : présence possible d’armatures métalliques, de bois ou d’autres indésirables, hétérogénéité des matériaux et variabilité de leur qualité.

Une unité dédiée aux applications de recyclage difficiles

Avec un poids d’environ 70 tonnes, la Lokotrack LT400RS est une unité mobile de concassage à percussion à motorisation diesel-électrique, intégrée à la gamme Lokotrack EC Range. L’objectif est clairement orienté vers les applications de recyclage exigeantes, notamment le traitement des déchets de construction et de démolition. L’architecture de la machine combine concassage, criblage et séparation des indésirables dans une unité conçue pour être déplacée rapidement d’un chantier à l’autre. Au cœur du dispositif figure le nouveau concasseur à percussion Nordberg NP1213MR, doté d’une puissance de 250 kW. Il peut être configuré avec deux écrans de choc et utilise des battoirs renforcés destinés aux applications de recyclage. Le groupe électrogène affiche une puissance nominale de 430 kW. L’organisation de la ligne de traitement vise également à améliorer la qualité des produits finis. La LT400RS reçoit un crible à deux étages de 6,4 m², associé à un séparateur aéraulique et à un électroaimant réglable. Cette combinaison doit permettre d'éliminer plus efficacement les éléments indésirables et de produire des fractions calibrées adaptées aux exigences du recyclage des matériaux minéraux.

Une architecture pensée pour réduire les coûts d'exploitation

L'un des principaux axes de développement de la LT400RS réside dans sa transmission diesel-électrique. Selon Metso, cette architecture permet de réduire la consommation de carburant, les émissions de CO₂ et les nuisances sonores par rapport à des configurations conventionnelles. La machine peut par ailleurs être raccordée à une alimentation électrique externe lorsque les infrastructures du site le permettent. Cette possibilité ouvre la voie à une réduction supplémentaire de la consommation de carburant et des émissions lors des opérations stationnaires ou semi-stationnaires. La conception mécanique cherche également à limiter les interruptions liées au traitement des matériaux complexes. Les convoyeurs larges, les dégagements importants autour des zones de transfert et l'accès facilité aux équipements de nettoyage doivent contribuer à maintenir un flux de matériaux régulier. La mobilité reste un autre élément déterminant pour les entreprises de recyclage intervenant sur plusieurs chantiers. Les convoyeurs latéraux rabattables sont intégrés à la machine et les dimensions de transport ont été réduites. Le module de criblage peut, lorsque la configuration logistique l'impose, être transporté séparément. Metso met également en avant la sécurité des opérations de maintenance. Un système mécanique breveté empêche l'accès au concasseur tant que le rotor n'est pas à l'arrêt, notamment lors des opérations de remplacement des pièces d'usure. La LT400RS bénéficie enfin du nouveau système d'automatisation ICX, qui adopte un écran de commande de plus grande taille et intègre notamment des fonctions de diagnostic ainsi que des recettes de production destinées à faciliter le réglage de la machine. 

Concassage et criblage intégrés pour la production de granulats

Avec la Lokotrack LT200HPX, Metso cible une problématique différente : produire efficacement des granulats à partir de matériaux rocheux, avec une installation mobile combinant concassage et criblage. Cette unité sur chenilles intègre un concasseur à cône Nordberg HP200e, destiné au concassage des roches dures et à la production de granulats présentant une bonne qualité de forme et de granulométrie. Le constructeur met notamment en avant les liners sans backing, conçus pour simplifier et accélérer les opérations de remplacement des blindages. Plusieurs configurations de chambre de concassage sont proposées afin d'adapter la machine aux caractéristiques du matériau et aux objectifs de production. La LT200HPX se distingue surtout par son architecture de criblage intégrée. L'utilisateur peut choisir entre un précrible à deux étages, un crible produit à deux étages de 5,6 m², ou combiner les deux équipements. Cette modularité permet d'adapter la configuration de l'installation à l'application : séparation des fines avant le concassage, amélioration de la qualité des produits finis ou combinaison des deux fonctions au sein d'une même unité mobile.

Efficacité énergétique et maintenance

Le concasseur à cône est entraîné directement, une architecture qui, selon Metso, contribue à améliorer l'efficacité énergétique de l'ensemble. La conception mécanique privilégie par ailleurs un flux de matériaux sans rupture grâce à des convoyeurs larges et à une structure dimensionnée pour les applications à fort débit. Les fonctions de rabattement et d'abaissement automatisées facilitent le transport de la machine ainsi que certaines opérations de maintenance. De larges plateformes de service complètent l'équipement afin de faciliter l'accès aux différents composants lors des inspections et interventions. 

Automatisation et exploitation fondée sur les données

Au-delà des différences entre les deux machines, Metso leur applique une même logique d'intégration numérique. Les LT400RS et LT200HPX sont compatibles avec les services numériques du constructeur, notamment Production Performance et les fonctions de maintenance prédictive basées sur l'intelligence artificielle. L'objectif est de dépasser la simple surveillance de l'équipement pour agir directement sur la disponibilité et la performance de l'installation : suivi de la production, optimisation du fonctionnement et anticipation des opérations de maintenance. Pour les exploitants de carrières et les recycleurs, cet aspect devient particulièrement important alors que le coût global à la tonne dépend autant de la capacité nominale du concasseur que de son taux de disponibilité, de sa consommation énergétique et de la fréquence des interventions.

En résumé

Avec ces deux nouveaux modèles, Metso ne cherche donc pas simplement à augmenter le nombre de références de son catalogue Lokotrack. Le constructeur affine son offre autour de deux segments présentant des contraintes opérationnelles différentes. La LT400RS mise sur une combinaison de concassage à percussion, criblage et séparation des indésirables, avec une motorisation diesel-électrique adaptée aux exigences du recyclage et la possibilité de fonctionner sur réseau électrique externe. La LT200HPX privilégie quant à elle la polyvalence d'une installation de production de granulats compacte, combinant concasseur à cône, précriblage et criblage final selon les besoins du chantier. Dans les deux cas, la stratégie repose sur les mêmes leviers : réduction du coût à la tonne, amélioration de la disponibilité, simplification de la maintenance, mobilité et optimisation énergétique. Une orientation qui reflète l'évolution du marché des équipements mobiles, où la performance du concasseur ne se mesure plus uniquement à sa capacité de production, mais de plus en plus à l'efficacité globale de l'installation sur l'ensemble de son cycle d'exploitation. 

Jean-Noël Onfield