Fin 2020, Husqvarna Construction Products rendait public le rachat de Blastrac, un important constructeur d’outils de préparation de surface. Olivier Touzé, directeur général Husqvarna Construction Products France, revient sur le processus d’intégration de cette nouvelle marque dans l’Hexagone.

Husqvarna ne réduit pas Blastrac à ses ponceuses

Quand il s’agit d’appliquer une stratégie, Husqvarna Construction Products ne se perd pas en chemin. Le groupe suédois veut devenir un acteur incontournable dans la transformation du béton. Une politique d’acquisition vient servir cette ambition, sans tergiversations. En 2017, il rachetait HTC Floor Grinding Solution, une marque de machines pour le ponçage des sols, à HTC Group AB. En 2018, il devenait propriétaire des activités compactages et béton d’Atlas Copco. En 2019, il ajoutait à son catalogue les truelles mécaniques de Wacker Neuson. Et en novembre 2020, il annonçait la prise de contrôle de Blastrac, un des fabricants majeurs d’outils pour la préparation de surface.

Après un tel repas, l’industriel avait sans doute besoin de digérer. Silence l’année dernière, si ce n’est un communiqué qui signalait l’intégration de Blastrac au groupe depuis le 1er novembre. L’industriel scandinave compte tirer parti de la renommée de son acquisition. Les outils issus du portefeuille de Blastrac porteront la mention Blastrac Technology en plus de la marque Husqvarna. Pour le moment, le groupe conserve dans sa gamme toutes ses machines de préparation de surface, quelle que soit leur origine, mais les doublons devraient progressivement disparaître de son offre.

Phase d'apprentissage

Dans l’Hexagone, les conséquences de ce rapprochement ne sont pas négligeables. Blastrac France était la principale filiale du constructeur avec 10 millions d’euros de chiffres d’affaires. Pour Olivier Touzé, directeur général d’Husqvarna Construction Products France, les enjeux dépassent le cadre d’un élargissement de catalogue. « Nous avons complètement intégré les équipes de Blastrac France dans notre entreprise. Nous avons énormément à apprendre de leur savoir-faire. Le responsable de la filiale est par exemple devenu notre directeur pour la préparation de surface. » Les effectifs d’Husqvarna Construction Products France s’élèvent aujourd’hui à 85 personnes. La structure a obtenu un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros en 2021. Avec cette nouvelle organisation, elle vise entre 45 et 50 millions d’euros en 2022.

L’ancien siège de Blastrac France à Poitiers accueillera des formations et pourra assurer des réparations sur l’ensemble des produits du groupe. Ce site vient appuyer les deux centres déjà détenus par Husqvarna France, l’un installé à Blois, l’autre à Bezon dans le Val-d’Oise. Ils sont secondés par dix partenaires agréés, répartis sur l’ensemble du territoire. Ce maillage s’avère crucial. Il soutient les ambitions de l’industriel en matière de service. Ses contrats de maintenance proposent diverses options en vue d’éviter une interruption de chantier en cas de panne.

Satisfaction client

Car les entreprises deviennent de plus en plus exigeantes quant à la disponibilité de leurs matériels. Certains pourraient craindre qu’Husqvarna profite de sa forte part de marché pour négliger ses utilisateurs. Olivier Touzé promet au contraire une attention renforcée. « Pour améliorer la satisfaction de nos clients, nous avons mis en place un plan d’action en vue d’améliorer la qualité de nos services. Un autre objectif sera de gagner des parts de marché dans le secteur des outils. »

En parallèle de cette prise en main, le directeur général et ses équipes travailleront à l’introduction de ses premiers produits à batterie, deux découpeuses et une foreuse. Elles ont été présentées à l’occasion du salon Artibat en octobre dernier. Les premières livraisons sont prévues pour ce début d’année.

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