L'évolution de la conjoncture reste positive pour les distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels pour la construction et la manutention. Résultat ? Tous affichent une croissance au troisième trimestre, en dépit de dynamique plus ou moins marquée selon les secteurs. Explications.

Tous les métiers DLR dans le vert

+10,5 % pour la distribution, +3,6% % pour la location et +0,2 % pour la manutention. Les variations de chiffre d’affaires figurant dans le baromètre conjoncturel réalisé par la cabine Asterès pour le compte de la fédération professionnelle DLR, confirme le rebond du secteur. Amorcé au deuxième trimestre, celui-ci s'est amplifié au cours des mois de juillet, août et septembre, à l'exception de la manutention qui stagne. Les indices sont d'autant plus encourageants que les difficultés d'approvisionnement se sont multipliées. Comme le mentionne Nicolas Bouzou, président fondateur d'Astéres," ces chiffres soulignent la capacité du secteur à repartir sous de bons auspices. Les résultats par rapport au deuxième trimestre 2021 sont encore meilleurs : la distribution prend plus de 24 points, la location près de 5 et la manutention près de 3. Ces scores sont en ligne avec la conjoncture : la production industrielle, agricole et le commerce sont bien repartis. Et pourtant, en économie les bonnes nouvelles ne durent jamais longtemps : les difficultés d’approvisionnement gâchent la fête. Les tensions sur les approvisionnements provoquent un risque de ralentissement de l’activité. L’ensemble de l’économie est sous pression, si bien que selon un sondage effectué par la Banque centrale européenne, plus de 30 % des entreprises du Vieux Continent s’attendent à ce que les contraintes d’approvisionnement durent encore un an ou plus".

Certaines appuient sur le goulot d’étranglement en essayant de constituer des stocks à tout prix. C’est ce que les économistes appellent un « dilemme du prisonnier ». Sur le plan collectif, les chefs d’entreprise auraient tout intérêt à se montrer coopératifs et à laisser à l’offre le temps de s’adapter à la demande. Toutefois, sur le plan individuel, chacun à intérêt à tirer la couverture à soi, avec à la clé le risque d’aggraver les problèmes pour tous. De tels phénomènes pourraient coûter un demi point de croissance à l’économie mondiale selon la banque Barclays. Du côté de DLR, les entreprises ne dérogent pas à la règle et craignent un ralentissement de l’activité à cause de l’extension des délais de livraison. De telles craintes se vérifient dans les anticipations d’activité pour le quatrième trimestre, moins bonnes qu’au trimestre dernier surtout pour les distributeurs et les spécialistes de la manutention. Leur modèle d’affaires repose sur la promesse faite aux clients de profiter des machines les plus récentes. À l’inverse, dans la location, les entreprises peuvent fonctionner pendant un temps sur le parc existant. Que faire alors ? Parier sur l’occasion le temps que les chaînes de valeur se rétablissent, sans surestimer les besoins. En attendant que les capacités mondiales de production s’alignent sur la demande, les entreprises n’ont pas d’autre choix que de miser sur la seconde main. En tout état de cause, elles ne doivent pas surestimer leurs besoins par crainte des pénuries : toute surproduction à long terme aboutirait à un effondrement des prix.

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