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François Durovray, président du Département de l’Essonne – « Le Département a la capacité d’accélérer pour soutenir l’activité »

30 novembre 2020
<span>François Durovray, président du Département de l’Essonne</span> – « Le Département a la capacité d’accélérer pour soutenir l’activité »

Si les chantiers engagés ont été stoppés à l’annonce du premier confinement, l’exécutif départemental s’est immédiatement mobilisé pour les réactiver dès que cela a été possible et pour réorienter certains investissements, qui, compte tenu de la crise sanitaire, avaient pris du retard.  Explications avec François Durovray, président du Département de l’Essonne.

« Nous avons vite compris que l’on ne pourrait pas consommer les crédits inscrits au budget 2020 vu les circonstances », explique François Durovray. « Le deuxième confinement nous a conforté dans nos convictions ». De fait, en dépit du contexte, l’investissement s’inscrira en baisse de seulement 20 millions d’euros cette année, le Département ayant engagé quelque 300 millions d’euros en 2020. A ce niveau, c’est même un millésime record en matière d’investissement pour l’Essonne.

François Derovray, Président du Département de l’Essonne : «Les entreprises de TP nous ayant exprimé leur capacité à accélérer début 2021, nous serons vigilants à la sortie des appels d’offres »

Marché à bons de commande

Autre motif de satisfaction, le Département a été en mesure de réaffecter des crédits sur des opérations immédiatement réalisables. Ainsi, une partie des crédits prévus pour le contournement des Ulis, qui constitue un projet de voirie d’envergure ne pouvant démarrer qu’en mars prochain, a été réorientée vers des petites opérations d’entretien routier, essentiellement pour la rénovation des couches de roulement du réseau départemental. Résultat ? Ce poste, initialement doté de 15 millions d’euros, aura disposé de 18 millions d’euros au fil des modifications budgétaires intervenues cette année. Des opérations qui, ne nécessitant pas de lourdes études, peuvent être lancés rapidement dans le cadre de marché à bons de commande. « Nous avons délibérément voulu privilégier les projets de vie quotidienne au détriment des grands projets structurants », confirme François Derovray. « Nos connexions avec les acteurs de la vie économique, dont les entreprises de TP du département nous ont permis d’être proactif et d’étudier, avec nos équipes, les mesures les plus appropriées à une situation sans précédent. En tant que maître d’ouvrage et avec une enveloppe budgétaire de 300 millions d’euros, le rôle de l’exécutif est déterminant sur un département comme l’Essonne ». A l’adresse des communes, les dispositifs d’aides aux communes ont été simplifiés, les autorisant également à substituer leurs budgets d’investissements d’une opération à l’autre, en fonction de ce qui était réalisable cette année. « Il est évident qu’il était plus simple que de rénover une crèche. Cela leur a permis d’accélérer leurs propres investissements, les communes étant d’autant plus contraintes en matière de finances que, comme les départements, elles ne sont pas dotées pour le FCTVA dans le Projet de Loi de Finances 2021 ». Les crédits pour l’entretien routier sont préservés. Une constante dans le domaine de la rénovation des chaussées départementales qui a permis, en l’espace de ces cinq dernières années, de ramener à 12 ans, la durée moyenne de remise à neuf les couches de roulement contre 15 précédemment.

Le Département à aidé les communes à accélérer leurs propres investissements. (Crédit : Alexis Harnichard).

Plan de relance

Afin de donner de la visibilité aux acteurs économiques, le Département a voté en septembre, un plan de relance à hauteur de 2 milliards d’euros sur la période 2021-2027, en faisant figurer, explicitement, les opérations à lancer pour les trois prochaines années (par exemple la création de huit nouveaux collèges dans le département).
Dans ce domaine aussi, les investissements sont orientés à la hausse (300 millions d’euros supplémentaires par rapport à la précédente période). De quoi donner des perspectives de travaux aux entreprises de TP dans un Département qui, chaque année, accueille 16 000 habitants et devra consacrer 1 milliard d’euros supplémentaires au financement du RSA. S’agissant des dépenses d’investissement, les choix sont assumés. « Nous investissons pour répondre à des besoins, qui sont immenses », ajoute François Durovray . « Quand nous augmentons les dépenses dans le secteur des TP, nous savons pertinemment que cela a un impact positif sur la création d’emploi ». A titre d’exemple,  le dispositif de la prime éco-logis qui a généré au total 69 millions d’euros de travaux dont 52 millions d’euros pour des entreprises essonniennes.
Au-delà de la vie économique et des conséquences sur le tissu des entreprises départementales et l’emploi, c’est l’impact sur la vie quotidienne que l’exécutif départemental veut éviter.

Quand nous augmentons les dépenses dans le secteur des TP, nous savons pertinemment que cela a un impact positif sur la création d’emploi

« Les Départements portent, dans leur ADN, l’enjeu de la cohésion sociale et territoriale. Très concrètement, c’est dans les moments de crise que l’on peut constater leur solidité et leur capacité à remplir leur mission alors que leurs recettes baissent et que leurs dépenses augmentent». Quant aux dépenses de fonctionnement, elles sont maîtrisées. Le contexte actuel est aussi propice réinterroger certaines pratiques. La crise sanitaire contribue, de fait, à accélérer la transition écologique et la transformation digitale. A ce titre, le déploiement de la fibre optique est avancé sur l’ensemble du territoire essonnien. Dans un département qui continue de subventionner la distribution de l’eau, les travaux portant sur l’assainissement et les canalisations, les investissements des syndicats des eaux sont soutenus.

J-N.O

Photo : Le Département, qui accueille chaque année 16 000 habitants supplémentaires, investit pour faire face à des besoins d’infrastructures. Ici, le tramway T12, reliant Evry à Courcouronnes.  (crédit Alexis Harnichard).