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BTP Banque – Le point sur la santé financière des entreprises de construction

19 octobre 2020
<span>BTP Banque</span> – Le point sur la santé financière des entreprises de construction

L’établissement bancaire a étudié la santé financière des entreprises pour la période 2008-2019. Comment évolue leur création de valeur ? Quel est le poids de la main d’œuvre ? La rentabilité s’apprécie-t-elle ? Panorama sur la situation de la filière BTP.

Depuis plus de 10 ans, l’étude annuelle de BTP Banque analyse l’évolution du secteur du BTP en s’appuyant sur les bilans de ses clients. Réalisée avec un échantillon de près de 4000 entreprises clientes (de Gros-Œuvre, Second-Œuvre et Travaux Publics), elle permet d’appréhender l’évolution de la situation des entreprises du secteur de la construction dans le temps. Cette année, le rapport montre une nouvelle amélioration de leur rentabilité et un redressement de la trésorerie nette. Pour l’année 2019, l’étude est marquée par un nouveau redressement de la rentabilité des entreprises du secteur.

A l’actif du bilan

Des délais clients en nette diminution
Après une augmentation marquée sur 2015-2017, les délais clients moyens apparaissent en nette diminution depuis 2 ans avec une baisse marquée en 2019. Les niveaux de 2008 sont de retour avec des délais constatés de 83 jours dans le Gros-Œuvre, 88 jours dans le Second-Œuvre et 90 jours dans les Travaux Publics. A noter, la clientèle publique, les litiges sur situations de travaux, les décomptes généraux et définitif et les retenues de garanties non cautionnées contribuent toujours à l’alourdissement du poste clients des entreprises du BTP.

Redressement de la rentabilité
Depuis 2016, la rentabilité des entreprises du BTP (résultat net/chiffre d’affaires) se redresse d’année en année et retrouve sur 2019 son niveau de 2008 (situé alors à 2,5 % pour les Travaux Publics et 3,1 % pour le Gros-Œuvre). Elle atteint respectivement en 2019, 2,8 % pour le Gros-Œuvre, 2,9 % pour le Second Œuvre et 3,1 % pour les Travaux Publics. Ce rebond provient d’un redressement de l’excédent brut d’exploitation des entreprises, mais aussi de frais financiers modérés (taux faibles).

Recul de la part des entreprises en perte
Depuis 2015, la part des entreprises en perte recule chaque année tous secteurs confondus. Une rupture particulièrement significative par rapport à 2008 dans le secteur des Travaux Publics (8,8 % vs. 11,5 % en 2008) et du Second Œuvre (9 % vs. 12 % en 2008).

Au passif du bilan

La baisse de la valeur ajoutée se poursuit
La valeur ajoutée (VA) des entreprises du BTP reste en deçà du niveau observé en 2008. Les difficultés rencontrées sont notamment l’augmentation du prix des matières premières et une activité sous tension dans certaines régions qui favorise une concurrence vive entre les entreprises. L’affaiblissement de ce taux de VA est un indicateur d’alerte à suivre. Si elle devient insuffisante pour couvrir les frais de fonctionnement, l’entreprise aura des difficultés à atteindre son point mort et donc à générer des bénéfices. Dans cette hypothèse, les structures financières ne peuvent plus se renforcer.

Sylvie Loire-Fabre, présidente du Directoire de BTP Banque :  » L’amélioration de la productivité, une politique d’investissements prudente et le niveau bas des taux d’intérêts compensent la contraction de la valeur ajoutée, permettant à la rentabilité de revenir au niveau de 2008« .

 

Le poids de la main d’œuvre dans la VA diminue
Le coût des charges de personnel par rapport à la valeur ajoutée est en baisse en 2019. En effet, ces charges représentent environ 82 % de la valeur ajoutée pour les activités du Gros-Œuvre (vs. 84 % en 2018), 77 % pour les Travaux Publics (vs. 80 % en 2018). Ces niveaux restent cependant supérieurs à ceux de 2008. Avant la Covid-19, le contexte de marché (carnets de commandes plutôt longs, conjoncture favorable) pesait sur la masse salariale et sur la sous-traitance, entraînant des tensions pour recruter et/ou conserver les bons éléments. Aujourd’hui, même si la profession manque de recul, il est probable que la crise actuelle ait un effet significatif sur le marché de l’emploi. « Nous attendions des chiffres 2020 meilleurs que 2019 pour le bâtiment, mais la crise sanitaire et économique nous amène à revoir significativement nos prévisions. Il apparaît aujourd’hui plus que jamais indispensable de prévoir et d’anticiper les sources de financement du cycle d’exploitation (mobilisation du poste clients, cautions sur marchés, encours assurés chez les fournisseurs, …), et de renforcer la culture des fonds propres qui consiste à capitaliser régulièrement les résultats », commente Sylvie Loire-Fabre, présidente du Directoire de BTP Banque   « Et ce, d’autant plus dans le contexte actuel où la trésorerie est artificiellement soutenue par les différentes mesures mises en place au printemps (report de charges, chômage partiel, gel des prêts et des crédits baux, prêts garantis par l’Etat, …). »

J-N.O

Photo : Le rapport montre une nouvelle amélioration de leur rentabilité et un redressement de la trésorerie nette.