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Exosquelette – Partir sur de bonnes bases avec l’INRS

16 novembre 2020
<span>Exosquelette</span> – Partir sur de bonnes bases avec l’INRS

Les assistants physiques font une percée dans le monde de la construction. Pour les entreprises qui s’interrogeraient quant à l’intérêt de ces équipements, la documentation éditée par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) constitut une introduction judicieuse.

(Photo ci-dessus : l’Exopusch, l’exosquelette conçu par Colas et RB3D. COLAS)

Après une décennie de réglages, les exosquelettes devraient avoir leur chance dans les prochaines années. Le nombre de modèles ne cesse de croître. Le poids et l’ergonomie s’améliorent. Voilà des équipements qui semblent prêts à dépasser le stade du gadget qui fait innovant. Et comme à chaque fois qu’une nouvelle technologie déboule dans nos jambes, nous ne savons trop comment réagir

Le plus simple consisterait à l’accueillir avec des exclamations ravies. Ou alors à la repousser avec des grognements contre la modernité. « Trop simple, me direz-vous. Réfléchissons-y ». Avant de se lancer dans une démarche d’analyse, la lecture des travaux de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) peuvent s’avérer utile. L’organisme suit la question depuis 2012. Sa documentation décrit non seulement avec précision leurs avantages et leurs inconvénients des exosquelettes, mais aussi des méthodes afin de déterminer si leur usage est pertinent.

Rester à l’écoute

En premier lieu, les études de l’Institut constatent bien une rédaction des efforts musculaires chez les porteurs d’un dispositif d’assistance physique, qu’il possède un moteur ou pas. Toutefois, elles rappellent que le port d’un équipement n’est jamais anodin, d’autant plus quand celui-ci modifie les habitudes gestuelles du porteur. Il n’est pas exclu que ces changements provoquent de nouvelles douleurs. L’écoute et l’observation de l’utilsateur sont indispensables.

Mais avant même d’en arriver à l’épreuve du terrain, il conviendra d’être au clair sur les raisons de cet achat. « Est-ce que dans la situation étudiée, il y a besoin d’une assistance physique ? Il faut d’abord prendre toutes les mesures de prévention possibles avant d’avoir recours à un exosquelette », rappelle Jean-Jacques Atain Kouadio, expert d’assistance au sein du Laboratoire ergonomie et psychologie appliquées à la prévention, une unité du Département homme au travail de l’INRS. Il s’agira donc de décortiquer la tâche douloureuse, d’établir un cahier des charges des problèmes, de vérifier que l’apport de moyens humains ou mécaniques ne peut rien résoudre et enfin de se demander s’il existe un exosquelette qui pourrait aider le travailleur

Le retour de l’homme

Point crucial de tout ce processus, la concertation avec les compagnons. Une technologie imposée sans concertation ne sera pas acceptée. « C’est le premier dispositif d’assistance physique attaché à l’opérateur, ajoute Jean-Jacques Atain Kouadio. Il y faut aller progressivement jusqu’à la situation de travail, accompagner, tester, réfléchir à la manière d’organiser les équipes. Une entreprise doit prendre en compte que ce projet prend du temps. Il requiert aussi l’implication de toute la hiérarchie. »

C’est peut-être là le principal intérêt des assistants physiques. Si une société évalue avec soin les avantages d’un équipement de ce type, elle devra prendre en compte la gestuel des compagnons, leur chorégraphie quotidienne sur le chantier. « Pour déterminer si un exosquelette peut être utile, une entreprise doit déjà être en mesure de comprendre ce qu’implique l’usage de ce type de technologie pour ses collaborateurs. L’exosquelette replace l’homme au centre de la santé-sécurité », observe l’expert. Ainsi, les protocoles établis par l’INRS pourraient se révéler instructifs pour toutes les entreprises, même celles qui n’ont pas besoin d’exosquelettes.

M. D.