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Coronavirus – La CNATP exige que le gouvernement prenne ses responsabilités

20 mars 2020
<span>Coronavirus</span> – La CNATP exige que le gouvernement prenne ses responsabilités

À l’image des autres fédérations du secteur, la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP) n’apprécie guère le flou de l’Exécutif quant au statut du BTP durant cette période de confinement. Le syndicat a demandé le 20 mars à ses membres d’envoyer des messages au ministère du Travail et au ministère de l’Intérieur afin d’obtenir des garanties.

(Photo ci-dessus : la CNATP requière l’assurance d’un chômage partiel pour les entreprises qui choisissent de suspendre leurs travaux. CDF)

Depuis le 16 mars et l’annonce par Emmanuel Macron de la restriction de tous les déplacements, la construction ne sait pas plus quoi penser. Le discours présidentiel paraissait signifier le maintien de l’activité quand le télétravail n’était pas possible. Cependant, le lendemain matin, les chefs d’entreprises affiliées à la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP) ont pris la pleine mesure de la situation. Mener à bien un chantier dans ces conditions s’avère presque impossible, même avec la meilleure volonté du monde. « Les fournisseurs de matériaux sont fermés, certains salariés refusent de travailler, les particuliers remettent les commandes à plus tard et les déchetteries ne fonctionnent pas », énumère David Lemaire, secrétaire générale de la CNATP.

Consignes sanitaires

Néanmoins, contrairement à la Fédération nationale des travaux publics, le syndicat n’a pas appelé à l’arrêt de toutes les opérations. « Plusieurs de nos adhérents veulent continuer. Nous leur avons toutefois rappelé que la sécurité de leurs employés relevait de leur responsabilité. Au vu du contexte, beaucoup d’entreprises se sont donc arrêtées. » Dans le domaine des TP ou du paysage, la promiscuité des individus semblent inévitables. Le labeur nécessite régulièrement plusieurs paires de bras dans un périmètre réduit. Par ailleurs, les véhicules et les outils sont bien souvent partagés.

Pour l’association professionnelle, le risque est trop grand. Si les chantiers ne doivent pas s’interrompre, le gouvernement doit définir des consignes sanitaires spécifiques pour ces lieux. « Par ailleurs, dans la mesure où le chef d’entreprise respecte ces consignes sanitaires, Il faudrait qu’il reçoive l’assurance que sa responsabilité n’est pas engagée », ajoute le secrétaire général.

Refus du chômage partiel

En outre, les sociétés qui le souhaitent s’arrêter devraient pouvoir bénéficier des mesures d’activités partielles promises par les pouvoirs publics. Or, elles n’ont toujours pas certitudes à ce sujet. Pis, le 17 mars, le ministère de l’Intérieur s’est fendu d’une circulaire au préfet indiquant que le travail en extérieur n’avait pas lieu de cesser. Le 19 mars, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, invitée par la chaîne de télévision LCI, s’est dit scandalisée que la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) « ait écrit à tous les artisans d’Auvergne-Rhône-Alpes en disant : “ Arrêtez tous les chantiers. ».

Cette doctrine du « BTP au turbin » s’est confirmé dans les faits  : « certains de nos adhérents se sont vu refuser leur demande de chômage partiel », indique David Lemaire. La Chambre a donc recommandé le 20 mars à ses membres d’envoyer des messages au ministère du Travail et au ministère de l’Intérieur afin d’exiger l’acceptation des demandes d’activités partiels et une garantie juridique pour ceux qui poursuivent leurs opérations.

Quelques heures plus tôt ce même 20 mars, toujours sur le plateau de LCI, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, avait justement réagi à ces deux problèmes. Il a promis le chômage partiel pour les entreprises de construction ainsi que la définition avant 48 heures des fameuses règles sanitaires. Affaires à suivre.

M. D.