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Géotechnique – Géotec prend en main ses mesures

28 juillet 2020
<span>Géotechnique</span> – Géotec prend en main ses mesures

Depuis fin 2017, le bureau d’études géotechnique Géotec travaille à la conception de sa propre infrastructure d’échange d’informations, de l’acquisition de la mesure jusqu’à son archivage. Ce réseau est opérationnel depuis le début de l’année.

(Photo ci-dessus : un Geologger V3, le nouveau système d’acquisition imaginé par Géotec, installé sur une foreuse. GEOTEC)

En 2020, rares sont les bureaux d’études à se lancer dans une activité matérielle. La dynamique est plutôt à se débarrasser des outils pour ne garder que les cerveaux. Mais parfois la sous-traitance ralentit beaucoup les cerveaux. Le bureau d’études géotechniques Géotec a par exemple jugé que les délais de maintenance pour ses systèmes d’acquisition entravaient la bonne marche de ses projets.

Ces dispositifs, placés sur un appareil pressiométrique ou une foreuse, enregistrent les signaux envoyés par les capteurs et les convertissent en chiffre. « Ces données, c’est la matière première de Géotec. Les ingénieurs les utilisent pour rédiger leur dossier », souligne Clément Latour, ingénieur d’études pour l’électronique embarqué de la société. Ce dernier a rejoint le bureau d’études en septembre 2016 avec comme objectif de concevoir une centrale d’acquisition en interne.

La fin du papier

Clément Latour passe environ un an chez le prestataire des centrales déjà installées, afin de pouvoir assurer leur maintenance. Fin 2017 débutent les réflexions autour du nouvel outil de Géotec, baptisé le Geologger V3. « Nous souhaitions améliorer et fiabiliser le transfert de l’information, explique-t-il. Le projet initial consistait en un boîtier d’acquisition qui transférait les données à une tablette grand public. Mais au fur et à mesure des réunions, nous avons envisagé de dématérialiser toutes nos opérations documentaires. »

La plate-forme web de Géotec, où les ingénieurs renseignent leurs cahiers des charges et consultent les résultats collectés. GEOTEC

La chaîne de communication imaginée est la suivante : l’ingénieur renseigne les caractéristiques de l’opération de forage sur une plate-forme web. Le sondeur les récupère sur sa tablette, par le biais du réseau de téléphonie mobile. Il effectue sa tâche. Le Geologger V3 enregistre les résultats et les transmet à la tablette. Celle-ci les transfère à la plate-forme au moyen du réseau. L’ingénieur peut les récupérer sans attendre. « Les informations ne changent pas. Ce sont les supports et les vecteurs de transport qui changent. Nous gagnons ainsi en efficacité », analyse Clément Latour.

Electronique et numérique

Cette infrastructure a nécessité un important travail de développement pour Géotec, appuyé par quelques prestataires : conception de l’électronique et du logiciel interne du Geologger V3, pour le matériel. Du côté numérique, création d’une application tablette pour Android et d’une application web pour le partage des informations entre les bureaux et le chantier.

Les premiers tests sur le terrain ont lieu de début 2019 avec dix appareils. Après la correction de divers bugs et la mise à jour des applications, Geotec amorce une phase de production en décembre dernier.

Le Geologger V3 prend la forme d’un boîtier de polycarbonate étanche de 200 × 120 × 50 mm qui se fixe au pupitre ou à l’arrière de la foreuse. Il est raccordé au bus CAN de la machine, le câble par lequel transite les signaux des capteurs. Six paramètres enregistrés : profondeur, vitesse instantanée d’avancement, pression de l’outil, pression d’injection, pression du couple de rotation, pression de retenue. L’outil peut aussi se connecter sur un pressiomètre.

Protocoles ouverts

Le sondeur peut voir ces mesures avec une tablette sous Android, connecté au système par Wi-Fi. « Nous cherchions un débit important, une portée suffisante et un protocole commun à toutes les tablettes », explique l’ingénieur. Si le Wi-Fi ne fonctionne pas, une connexion par câble ou Bluetooth est aussi possible. « Sur les tablettes Samsung, la connexion par Wi-Fi désactive le transfert de données par le réseau de téléphonie mobile. Il n’y a donc plus de synchronisation avec les serveurs pendant cette période. Une connexion par Bluetooth résout ce problème. »

Le Gelogger V3 communique par Wi-Fi avec une tablette sous Android. GEOTEC

La centrale d’acquisition capte aussi le réseau mobile. Elle peut envoyer un SMS en cas de problème. Les mises à jour de son logiciel interne s’opèrent aussi par ce canal, ce qui évite de rapatrier tous les appareils à l’atelier. Elle possède enfin un GPS.

Le temps de s’habituer

Aujourd’hui, 23 Geologgers V3 sont déployés et 35 sont en cours de fabrication. Géotec souhaite équiper l’ensemble de ses machines d’ici la fin de l’année. Le bureau d’études compte déjà plus de 1 000 chantiers enregistrés dans sa base de données. « Nous enregistrons même quand ce n’est pas demandé, afin que les sondeurs s’habituent à cette méthode », indique Clément Latour.

Les réactions de ces derniers varient selon l’âge. Les plus jeunes acceptent bien ces nouveaux équipements. Les plus de quarante ans, moins familiers de ces technologies, freinent un peu quand le système ne réagit pas comme ils l’attendaient. « Une personne est chargée de répondre à leurs questions et de les aider dans cette évolution, précise l’ingénieur. Par ailleurs, nous déployons les Geologgers progressivement, afin de pouvoir bien accompagner chaque sondeur dans sa prise en main de l’outil. » Geotec étudie déjà la prochaine étape, le passage à des appareils pressiométriques automatiques.

M. D.

Retrouvez le dossier complet consacré aux données de forage dans le hors-série fondations spéciales 2020 de Chantiers de France.