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Chantiers – Buesa aux petits soins pour une passerelle cyclable

6 juillet 2020
<span>Chantiers</span> – Buesa aux petits soins pour une passerelle cyclable

Au sud de Montpellier, entre Lattes et de Villeneuve-lès-Maguelone, les vélos peuvent rouler depuis quelques jours sur une nouvelle passerelle. La société Buesa, à qui la Métropole avait confié le chantier, a dû composer avec deux contraintes : une zone Natura 2000 et le coronavirus.

(Photo ci-dessus : Livrée déjà montée, la nouvelle passerelle cyclage du Pont-Vert a été posée le 4 juin. MONTPELLIER MEDITERRANNEE METROPOLE – CHRISTOPHER RUIZ)

À Montpellier, comme dans les autres villes de l’Hexagone, l’épidémie de coronavirus favorise le recours à la bicyclette. « Nous avons constaté une augmentation d’un tiers de la fréquentation des axes existants », estime Stéphane Py, chef du Service conduite des opérations interurbaines de Montpellier Méditerranée Métropole.

Et les nouveaux cyclistes ont de la veine. Depuis fin juin, ils peuvent emprunter une passerelle toute neuve qui enjambe la Mosson, une rivière de la région, près du rond-point du Pont-Vert. Ils seront alors à la frontière entre les communes de Lattes et de Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de l’agglomération.

Un trou dans le parcours

Pour autant, cet ouvrage ne doit rien au virus. Il est le fruit d’un schéma directeur des mobilités actives, adopté par la Métropole en décembre 2018. Ce plan fixe un objectif de 9 % de part modale pour le vélo en 2024. Elle oscille entre 3 et 4 % aujourd’hui. Pour se faire, les pouvoirs publics cherchent à améliorer la continuité des aménagements cyclables.

Or, au niveau de l’accès nord au rond-point du Pont-Vert, la continuité était interrompue. Pour franchir la Mosson, les cyclistes devaient quitter la piste, prendre le pont routier de la RD 986, puis récupérer la piste suivante, vers Montpellier au nord, Villeneuve-lès-Maguelone à l’ouest ou Palavas-les-Flots au sud-est.

Les cyclistes roulaient sur un trottoir minuscule.

Le tronçon existant entre Villeneuve et Palavas appartient d’ailleurs à l’Eurovelo 8, la route de cyclotourisme qui relie la ville espagnole de Cadix à la cité turque d’Izmir. « Sur le pont, les cyclistes roulaient alors sur un trottoir minuscule, précise Stéphane Py. Nous avons répondu l’appel à projet national “ Fonds mobilités actives – Continuités cyclables ”. En 2019, trois de nos dossiers ont été retenues, dont cet ouvrage. L’État, par le biais de la Dreal Occitanie, a donc apporté 50 000 euros au budget des travaux. » Le montant total de l’opération s’élève à 300 000 euros TTC, dont 70 000 euros pour les fondations et 25 000 euros pour la passerelle.

Finir avant les nids

Le chantier, mené par la société Buesa, a débuté en février 2020. Le site se trouve dans la zone Natura 2 000 des étangs palavasiens. L’entreprise a donc dû slalomer entre les territoires de nidification et prendre garde à ne pas rejeter trop de matières dans la rivière. « Nous avons l’habitude des travaux près des rivières, remarque Raphaël Kremer, ingénieur travaux génie civil de Buesa. Nous avons mis en place les enrochements avant la réalisation du coulis. Ainsi, ils protégeaient le cours d’eau. »

En outre, les écoulements étaient filtrés avec des toiles de coco et les toupies nettoyées dans un bac. Le calendrier était aussi déterminé par la faune : « Les travaux devaient se terminer avant la période de nidification des oiseaux, explique Olivier Merliaud, directeur général adjoint mobilités et environnement de la Métropole. Avec l’interruption due au covid-19, nous avons obtenu une dérogation de quinze jours. »

Poids plume

Autre caractéristique importante, le sol des rives, composées d’alluvions, était peu porteur. Les concepteurs ont donc pris le parti d’alléger le plus possible la passerelle en vue de limiter l’ampleur des fondations. « Un faible poids réduisait le nombre de pieux nécessaires pour la supporter », résume Olivier Merliaud. L’ouvrage, fabriqué en usine par Métalu, présente une structure en aluminium avec des poutres à treillis de type Warren. Il pèse 1,8 t pour 20,4 m de longueur et 2 m de large. Le tablier est revêtu d’une résine antidérapante afin d’éviter les glissades.

Un faible poids réduisait le nombre de pieux nécessaires.

Quant aux pieux, ils sont tout de même sept par culée, de type III (pieu foré, tubé, et scellé au coulis de ciment avec d’un système d’injection). Ils mesurent 23,5 m pour un diamètre de 170 mm. Tout au long des travaux, entre quatre et cinq compagnons étaient présents en permanence. Au total, une trentaine de personnes ont œuvré sur le site.

Stop covid

Avec le confinement, le chantier a été arrêté le 17 mars. L’interruption a duré un mois et demi, le temps de définir les mesures sanitaires nécessaires à la protection des travailleurs. « Notre entreprise avait déjà redémarré fin mars, avec un chantier urgent de voirie dans les Pyrénées-Orientales. Nous avons alors pu tester nos méthodes », indique Raphaël Kremer. Les actions mises en place étaient conformes avec le guide de l’OPPBTP* : des équipements de protection, un point d’eau, le suivi du matériel par le chef de chantier et le nettoyage quotidien de la base vie.

Enfin, la passerelle, déjà montée, est partie de Nantes le 2 juin au soir en convoi exceptionnel. Elle a été installée le 4 juin, à l’aide d’une grue de 60 t. « Les géomètres étaient présents pour vérifier que les tiges de l’ouvrage rentraient bien dans les culées. Tout s’est bien passé », ajoute l’ingénieur travaux. Le projet s’est conclu avec le rétablissement des pistes cyclables sur une distance de 130 m au sud et de 20 m au nord.

M. D.

* : Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics.