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Location – Jean-Luc Beaubelique, président de BLS : « Les conditions économiques de la pratique de la location ne sont plus remplies »

4 novembre 2016
<span>Location</span> – Jean-Luc Beaubelique, président de BLS : « Les conditions économiques de la pratique de la location ne sont plus remplies »

Face à ce constat, comment adapter la structure ? Comment trouver des relais de croissance ? Comment regagner en compétitivité ? Eléments de réponse avec Jean-Luc Beaubelique, président de BLS.

Jean-Luc Beaubelique, président de BLS  : "Nous devons renouer avec une rentabilité cohérente."

Jean-Luc Beaubelique, président de BLS : « Nous devons renouer avec une rentabilité cohérente. »

Premier acteur régional dans le Limousin, BLS exploite 17 agences réparties sur 7 départements. Un maillage serré d’un territoire majoritairement rural qui permet au loueur d’exploiter au mieux le potentiel régional. Le bilan que dresse le dirigeant est sans appel : en l’espace de 3 ans, son marché accessible traditionnel s’est contracté de 20%, le loueur contenant la baisse à 15% « seulement », au prix d’efforts drastiques. La recomposition des régions administratives ouvrant les portes de l’Aquitaine, plus porteuse grâce à la métropole bordelaise, lui permet de réviser l’exercice 2016 à la hausse. « Nous tablons sur un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, contre 14 millions en 2015, grâce à l’extension de notre périmètre d’intervention », révèle Jean-Luc Beaubelique, « dans le Limousin, les conditions économiques de la pratique de la location ne sont plus remplies ».

Rationalisation

Déjà, les effectifs ont été adaptés, avec le non remplacement de personnes partant à la retraite et le gel des embauches. Le poste Transport a été profondément réorganisé. « Nous avons décidé d’externaliser cette prestation à hauteur de la moitié de nos besoins, en privilégiant les agences les plus actives, et de conserver en interne l’activité sur nos plus petites agences », explique Jean-Luc Beaubelique, « dans ce cas, c’est principalement un chauffeur-mécanicien qui assume le service ». L’impact est d’autant plus fort que la tendance est à des durées de location plus courte (de l’ordre de 2 à 3 jours en moyenne, contre une semaine auparavant), avec pour conséquence, une multiplication des transferts.

Conversion

L’un des leviers les efficaces reste l’action sur le parc. Comment en optimiser la gestion ? En réorganisant l’exploitation, agence par agence, ligne de produits par ligne de produits. La stratégie adoptée consiste à « déflotter » les matériels les plus anciens et/ou ceux qui affichent les plus bas taux de rotation. C’est le cas de chargeurs compacts, des moto-basculeurs de forte capacité (de 6 à 10 t) et du petit outillage électroportatif, dont les revenus locatifs sont en baisse. A contrario, proposer une gamme de pelles compactes toujours plus longue fait sens, en particulier en y intégrant des modèles « zéro déport » et en étoffant l’offre aux deux extrémités de la gamme (moins de 1 t et plus de 6 t). Autres gammes porteuses :

  • le compactage lourd (V5), dont l’offre est désormais centralisée à l’échelle régionale,
  • les groupes électrogènes de forte puissance (600 kVA), dont la location s’apparente à une prestation de service, avec le calcul de la puissance nécessaire, les moyens à mettre en œuvre, l’installation sur site, la maintenance et l’enlèvement.

Toutes font donc l’objet d’investissements raisonnés, l’offre étant souvent surcapacitaire. « Compte tenu de la taille du marché, il y a trop d’acteurs », estime Jean-Luc Beaubelique, « le marché continue de dysfonctionner ».

Expansion

A la faveur de la création de la Nouvelle Aquitaine, le loueur accède à trois nouvelles villes à fort potentiel. Le centre de gravité de BLS s’en trouve modifié. Auparavant orientée vers la région Rhône-Alpes, l’entreprise regarde désormais en direction du sud-ouest. «L’avenir de BLS est dans l’agglomération bordelaise », tranche Jean-Luc Beaubelique, « de nouveaux majors et  grands comptes régionaux sont à capter localement  ». Dans une moindre mesure, c’est la même chose à La Rochelle et à Angoulême. Pour s’y développer, le loueur entend opérer par croissance externe, « plus rapide et plus saine » que la location organique. « Nous avons acquis un réel savoir-faire dans les acquisitions », souligne Jean-Luc Beaubelique, « des projets doivent aboutir dès 2017 nous permettant d’approcher les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires ». De fait, les marges de manœuvre existent.

J-N.O