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Équipements – Quand le modèle numérique sort de sa boite

3 décembre 2018
<span>Équipements</span> – Quand le modèle numérique sort de sa boite

Qu’elles relèvent de la représentation géométrique ou du BIM, les maquettes informatiques tendent à devenir le carrefour de tous les flux de données de la construction. Le phénomène se renforce à mesure que chaque entreprise s’efforce d’étendre les applications de ses produits. Retour sur un an de rachats, de sorties et de partenariats qui ont contribué à cette dynamique.

Le 13 novembre dernier, l’éditeur de logiciel Bentley Systems annonçait le rachat de la jeune entreprise canadienne AIworx. Cette dernière est spécialisée dans l’apprentissage automatique appliqué à données générées par des capteurs. Son acquéreur voudrait intégrer ces algorithmes à sa plate-forme web iTwin destinée à la gestion d’infrastructures. Cette dernière met en pratique le concept anglo-saxon de digital twin : toutes les informations relatives à un objet matériel sont stockées en temps réel dans un double en images de synthèse.

Cet évènement illustre bien les mouvements en cours dans le monde des outils numériques pour la construction. Si dans la pratique le jumeau informatique est encore balbutiant, il n’en reste pas moins que cette théorie dicte les avancées du secteur. Dans cette optique, la maquette numérique devient le centre de toutes les attentions. Elle doit devenir le support de connaissances universelles du BTP. Toutefois, la réalisation de cet objectif nécessite la création de plusieurs passerelles entre la réalité et sa représentation électronique.

La fin des barrières

Bref, le modèle doit sortir de son silo. Et les acteurs concernés œuvrent à ce décloisonnement. Ainsi, depuis quelques années, les transferts de données entre le terrain et la maquette numérique gagnent en simplicité. Les derniers scanners tridimensionnels (3D) génèrent des fichiers standardisés compatibles avec la plupart des applications destinées aux traitements de leurs relevés.

Un échelon au-dessus, les logiciels de topographie communiquent en mieux en mieux avec leurs équivalents du BIM. La société Geomedia a par exemple lancé 2018 la 17e version de Covadis, son outil de modélisation pour les travaux publics. Celle-ci revendique une capacité d’échange totale avec le programme Revit du groupe Autodesk. Les produits de son concurrent Bentley Systems affichent la même caractéristique.

Automatiser les nuages

Par ailleurs, la nouvelle mouture de Covadis présente une plus grande facilité dans la gestion des nuages de point. Elle automatise certains dessins et de visualiser des coupes dynamiques de l’échantillon. Cette préoccupation est commune à toute la filière. La question de l’interopérabilité étant résolue, les entreprises cherchent maintenant à réduire au maximum le temps de conversion du nuage de points en un assemblage d’objets 3D exploitable.

Chacun s’efforce donc de concevoir rapidement des systèmes efficaces de reconnaissance des formes. En la matière, l’actualité de l’année écoulée a été plutôt riche. Le constructeur d’instruments de topographie Topcon Positioning a racheté en mars l’entreprise anglaise Clearedge 3D. Celle-ci a entre autres développé Edgewise, un logiciel reconnu dans ce domaine. Trimble compte parmi ses utilisateurs. Durant l’été, le fabricant de scanners 3D Faro lançait sa plate-forme As-Built. Cette suite de programmes informatiques automatise en partie la délimitation d’éléments structurels dans la masse des pixels.

Extension des fonctions

En parallèle, les mêmes protagonistes élargissent le spectre des interactions possibles entre la maquette et les captations du réel. L’acquisition de Clearedge 3D dote également Topcon Positioning de l’application Verity. Celle-ci compare le relevé d’un scanner avec la représentation numérique et signale les erreurs de construction. Faro a mis sur le marché en mars dernier un équivalent BuidIT Construction.

D’autres pistes plus prospectives sont aussi explorées. On l’a vu, Bentley réfléchit à inclure de la prédiction dans sa maquette par le biais de l’apprentissage automatique. Indispensable à la naissance d’une ville numérisée, la définition de procédés d’échanges entre la modélisation informatique de l’ouvrage et les systèmes d’information géographique occupe aussi les esprits. A cette fin, Autodesk a noué un partenariat fin 2017 avec l’Environmental Systems Research Institute (Esri), l’un des développeurs important de cette branche.

M. D.

Retrouvez notre dossier « La topographie dans les nuages de points » dans le numéro de novembre de Chantiers de France.