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Equipements – Montée en puissance des fraises hydrauliques

24 avril 2017
<span>Equipements</span> – Montée en puissance des fraises hydrauliques

Bruit, poussière, vibrations basse fréquence, précision de travail : ces contraintes récurrentes pèsent de plus en plus sur le choix des méthodes et des outils de déconstruction. Dans ce contexte, la fraise hydraulique se présente comme un outil plus silencieux et plus précis que le BRH. Tour d’horizon.

aq3-terrassemntBruit, poussière, vibrations basse fréquence, précision de travail : ces contraintes « récurrentes » pèsent de plus en plus sur le choix des méthodes et des outils que les entreprises utilisent pour réaliser les « déconstructions chirurgicales » que leur commandent les donneurs d’ordres, remarque Patrick Brugier, responsable du marché francophone de Rockwheel. Dans ce contexte, la fraise hydraulique pourrait être demain aux déconstructeurs ce que le bistouri est aux chirurgiens depuis belle lurette : un outil plus silencieux et plus précis que le BRH. Les maîtres d’ouvrage se mettent au diapason des nouvelles attentes sociétales et environnementales, observe Patrick Brugier.

Leurs prédécesseurs se contentaient souvent de faire tomber les ouvrages ou les édifices puis d’en évacuer les déblais. Aujourd’hui, les donneurs d’ordres y réfléchissent à deux fois, conservent ou réutilisent tout ou partie de la structure et s’ils décident de faire table rase, ce n’est plus en mettant la construction en pièce mais en la démantelant pièce par pièce et en réutilisant celles qui peuvent l’être.

Atlas Copco CC 3300 U CombiCutter and HB 3000 hydraulic breakerLe marteau brise roche rejoindra-t-il un jour la boule au rayon des accessoires ? Si la France s’inspirait de la réglementation luxembourgeoise, ce pourrait bien être le cas, se projette le représentant de Rockwheel. L’usage du BRH se justifie sur « les démolitions pures et dures », nuance-t-il. Mais pour « les démolitions fines », la fraise à l’avantage de la précision. Selon lui, elle fait merveille pour réaliser des saignées, reprofiler un ouvrage ou raboter une surface. Par ailleurs, l’outil travaille dans toutes les positions. Un avantage supplémentaire lorsqu’il est monté sur une pelle équipée d’un tiltrotateur.

Complémentaire du brise-roche

Fabricant italien de godets concasseurs, MB France a élargi son offre avec une gamme de trois fraises hydrauliques (MBR). « En milieu urbain, les fraises hydrauliques sont de plus en plus souvent utilisées en substitution des marteaux brise roche pour réduire le bruit et les vibrations », assure Zakaria Jbairi, directeur régional sud. Celles du fabricant italien se montent sur des pelles de 6 à 25 tonnes. Utilisées en démolition douce de dalles ou de parois mitoyennes, elles sont équipées de deux tambours actionnés chacun par un moteur et d’un « multi booster » pour en gérer la pression de manière différenciée.

Importateur de fraises (Antraquip), de marteaux (Furukawa), d’outils de démolition (Intergrabs) et de godets concasseurs (VPN), Eurofor a vu les préoccupations environnementales monter en puissance et les entreprises en tenir compte sous l’aiguillon des donneurs d’ordres, observe Jérôme Dupiol, technico-commercial. Les contraintes qui leur sont imposées en matière de bruit, de poussière et vibrations n’ont pas été à l’avantage du BRH, malgré les efforts des constructeurs pour en réduire le niveau sonore et les vibrations.

Sur les chantiers urbains, la fraise hydraulique gagne du terrain, confirme Jérôme Dupiol. La machine génère moins de bruit et de vibrations, elle est également plus précise. Par ailleurs, les fraisats peuvent être réutilisés in situ ou sur d’autres chantiers, ce qui limite les transports de déblais ou de matériaux d’apport et par conséquent, les émissions et les gênes corollaires. Bémol, la fraise est nettement moins productive que le BRH. Pour le porte-parole d’Eurofor, les deux outils sont plus complémentaires que concurrents. Moins efficace qu’un BRH et mettant le porteur à rude épreuve, la fraise offre, pour le directeur commercial de Tecman, une alternative plus discrète sur les chantiers les plus sensibles.

Pour Atlas Copco aussi, elle doit être considérée davantage comme « un complément » au BRH que comme une alternative. Précise et rapide, elle offre un coût d’exploitation intéressant. Réserves, son champ d’action se limite aux démolitions de structures assez tendres, à reconfigurer ou à conserver en partie ; et ses rendements sont plus faibles que ceux du brise-roche avec des matériaux durs.

montabert-dsc02530Les représentants de Montabert sont sur une longueur d’onde voisine. « La fraise arrête de fonctionner là où le marteau commence à travailler », imagent-ils. Pour eux, la machine est davantage en concurrence avec le godet. Seule la pince peut offrir, à les suivre, un substitut au BRH.

Le directeur des ventes France de Rammer est sur une position médiane. Le marteau a certes mis une sourdine (module de frappe dissocié du corps de l’outil) mais il peut poser problème sur les chantiers longs. Et s’il est parfois indispensable, en démolition de dalle par exemple, il est envisageable, selon lui, de lui préférer une fraise sur les aires de travaux les plus sensibles.

J.D