Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Matériels - Coffrages – Une peau pour bétonner sans huile

Coffrages – Une peau pour bétonner sans huile

27 février 2017
<span>Coffrages</span> – Une peau pour bétonner sans huile

Novaflor commercialise une peau à base de matières plastiques recyclées et de poudre de marbre. Ce matériau composite peut remplacer le contreplaqué en habillage de banche horizontale ou être utilisé comme peau coffrante. Elle permet aussi de coffrer sans huiler les banches. Premiers chantiers : le coulage des dalles de couvertures de deux stations de métro sur les lignes 12 à Aubervilliers et 14 à Saint-Ouen.

l14-de-coffre-saint-ouenEn activité depuis une vingtaine d’années, cette société basée dans l’Oise, près de Beauvais, exportait jusqu’à récemment l’essentiel de sa production au Moyen-Orient. La capacité de son usine de Calais (500 k/h) lui permettait d’approvisionner les grands chantiers de bâtiment ou de génie civil qui la sollicitaient. En rachetant les 100 000 m2 de l’ancienne usine Général Electric Plastics en 2010, l’entreprise a décuplé ses capacités de production (5 t/h) pour aborder le marché européen, rappelle Fawaz Kazma, son P-DG. Elle s’est intéressée au marché hexagonal il y a deux ans. En 2016, la signature de deux contrats de fourniture avec deux filiales de Vinci sur les nouvelles stations de métro des lignes 12 à Aubervilliers (Campenon Bernard) et 14 à Saint-Ouen (Chantiers Modernes) lui ont permis de marquer un pas décisif. Les 68 gares du Grand Paris sont aujourd’hui dans sa ligne de mire.

 Une alternative au contreplaqué

Le groupe de BTP a sans doute été sensible aux arguments avec lesquels l’industriel de l’Oise commercialise sa peau coffrante (Cofranov) sur les chantiers. Mélange de poudres de plastiques recyclés et de marbre, le matériau est recyclable : Novaflor vend ses modules au mètre carré et reprend les plaques au prix du kilo en fin de chantier. L’entreprise de génie civil en profite pour améliorer son bilan carbone. Fabriquées sur mesure en différentes épaisseurs (3/10 mm) et dimensions (2 m sur 1 en standard), ses peaux peuvent se substituer au contreplaqué bakélisé en habillage de banches horizontales et même verticales (précision, le module d’élasticité est équivalent à celui du bois) ou servir de peau coffrante. Imputrescibles et insensibles à l’eau, elles peuvent assurer une vingtaine de coulages, contre une dizaine pour le contreplaqué, avec un rendu comparable, et sans risque de gonfler sous l’effet de l’humidité ni de s’abimer. Le génieciviliste peut attendre sans problème 6 ou 7 mois avant de décoffrer une dalle de couverture avant le terrassement d’un ouvrage souterrain en taupe.

Une peau matriçable

Inutile de la clouer : la plaque se pose en appui sur l’outil coffrant. Inutile de l’huiler non plus : le matériau n’accroche pas au béton. Les plaques ont permis de couler la dalle de la station Saint-Ouen (70 m sur 22) sur un béton de propreté, avant d’être décoffrées sans problème ou quasi. A la différence du contreplaqué, elles ne restent pas attachées au plafond et il n’est pas nécessaire de les dégager au pied de biche, souligne le dirigeant. Les plaques tombent avec le béton de propreté. L’objectif est de pouvoir les réutiliser, insiste Fawaz Kazma. Sur la ligne douze à Aubervilliers, elles seront texturées ou matricées pour enjoliver la sous-face de la dalle et certains parements. Aspect bois, lignes, ondes… tous les motifs sont envisageables. Au mètre carré à épaisseur égale, la peau composite est plus coûteuse qu’un contreplaqué, admet le D-DG. Mais l’entreprise s’en servira deux fois plus et Novaflor lui reprendra ses plaques en fin de chantier.

J.D