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Carrières – Fraises hydrauliques : des abattages plus sélectifs

7 novembre 2016
<span>Carrières</span> – Fraises hydrauliques : des abattages plus sélectifs
Patrick Brugier, responsable marché francophone de Rockwheel (Rokla) : « La fraise est plus lente que l’explosif, l’investissement est significatif, mais il faut prendre en compte les économies générées indirectement sur le tri, le traitement et le transport des matériaux. Pour les gros volumes, son prix est proche de celui du marteau hydraulique. »

Patrick Brugier, responsable marché francophone de Rockwheel (Rokla)

Complémentaire du godet, du brise-roche et de la dent de déroctage, la fraise hydraulique ou tête de coupe convient à l’abattage de roches ni trop dures ni trop abrasives en volumes limités. Elle permet aussi de sélectionner des zones d’extraction, souligne Christian Laurent, directeur commercial de Sandvik.

Montée sur pelle, la fraise hydraulique est encore utilisée assez rarement dans les carrières françaises, observe Philippe Hoerner, expert produit pelles hydrauliques sur chenilles (50-100 t) de Liebherr. L’outil permet de produire des roches de qualité avec des rendements assez faibles et un pourcentage de fines assez élevé. Le représentant de Liebherr y voit aussi « une solution en complément des techniques de minage en galerie souterraine. » Thomas Templier, directeur commercial de Tecman, y voit également un concurrent du BRH en travaux souterrain mais aussi en milieu urbain. Pour Patrick Chambault, président de Witeck, « la fraise est une alternative pertinente en carrière, dans diverses circonstances ou lorsque la notion de production n’est pas majeure. »

Patrick Chambault, président de Witeck : « Erkat propose une gamme de roues de tranchage ayant des aptitudes à la découpe des roches. La montée en puissance des fraises permet également des usages pour lesquels la production est recherchée. »

Patrick Chambault, président de Witeck

Les méthodes d’extraction par explosif ou percussion sont de plus en plus souvent proscrites en zone urbaines, mais parfois aussi dans quelques « régions « sensible » », rappelle-t-il. La fraise permet à l’exploitant de s’affranchir de leurs inconvénients (vibrations…). Celui-ci peut l’utiliser aussi comme un outil de découverte avant extraction ou de retaillage, de mise en forme et de purge, précise le dirigeant, exemples à l’appui. En région parisienne, Saint Gobain s’est équipé ainsi de machines distribuées par Witeck (Erkat) sur ses carrières de Vaujours, de Cormeilles-en-Parisis et de Baillet en France pour exploiter du gypse en souterrain. En Haute-Garonne encore, la carrière souterraine de marbre de Saint-Béat purge les voûtes des galeries à la fraise après extraction à l’explosif.

 

img_4766Pour le représentant de Sandvik, l’outil doit être monté sur des pelles suffisamment lourdes (35/65 t) et puissantes (150-200 kV) et les débits hydrauliques être en adéquation entre l’accessoire et le porteur. La consommation de pics est proportionnelle à la dureté de la roche, le choix de la tête et du type de pics sont déterminants. Assez lourd, l’investissement dépend de la présence ou non d’un système de chargement. Avec quelques dizaines d’unités commercialisées chaque année, le marché de la fraise hydraulique est encore assez limité en France, fait écho Patrick Brugier, responsable marché francophone de Rockwheel. La société commercialise une gamme d’outils conçus à partir d’une technologie Ian Webster, « l’inventeur de la fraise hydraulique » il y a vingt-cinq ans. Alimentées par un moteur Poclain Hydraulics, munies de deux flexibles et d’une valve de surpression, ces machines sont destinées à l’abattage direct et secondaire de roches tendres ou dures, homogènes et hétérogènes (pierres de sable, granit…) entre 10 et 110 MPa, indique Patrick Brugier. Les deux modèles les plus courants (G45/55) se montent sur des porteurs de 45 à 55 t ; le dernier-né et le plus lourd (G125), sur des pelles de 80 à 120 t.

erkat-erc3000-gypse-erkatPour convaincre les carriers de les faire entrer dans leur parc, le constructeur met en avant différents arguments. A commencer par la sélectivité et la précision à l’extraction. La machine peut travailler sur un mètre de large et plusieurs mètres de profondeur en galerie par exemple. L’investissement est « significatif » et le rendement de la fraise peut paraître faible mais l’exploitant s’y retrouve indirectement au niveau du tri, du traitement (concassage, lavage) et du transport du matériau. « Pour les gros volumes, le prix de la fraise est proche de celui du marteau », assure Patrick Brugier, en regrettant : « Le plus difficile est de pousser les gens à faire évoluer leurs méthodes de travail. » Sur un « marché en devenir », Rockwheel compte sur une législation moins favorable à l’explosif et sur les autres avantages de ses machines : limitation des nuisances (bruit, vibrations basse fréquence…) et moindre usure des porteurs (grâce à l’onde concentrique émise par la fraise) en particulier.

J.D