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Infrastructures – Le tunnelier Gaïa creuse vers Meudon

25 octobre 2018
<span>Infrastructures</span> – Le tunnelier Gaïa creuse vers Meudon

Installé sur sa plate-forme de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, le tunnelier Gaïa a été baptisé le 24 octobre. Cet engin, construit par Bessac, participe à la construction d’une galerie d’évacuation pour un tunnel ferroviaire du RER C.

Malgré une bouteille de champagne récalcitrante, la jeune Gaïa a été baptisée le 24 octobre à Chaville, dans les Hauts-de-Seine. Ce tunnelier à pression de terre, d’un diamètre de 4,4 m, patientait alors sur sa plate-forme, à quelques mètres du tunnel ferroviaire qui relie la commune à sa voisine Meudon.

Dès le lendemain, la machine, fabriquée et exploitée par la société Bessac, a débuté le creusement d’une galerie d’évacuation parallèle à la structure existante. « À la suite de l’accident du tunnel du mont Blanc en 1999, les pouvoirs publics ont identifié 31 ouvrages souterrains ferroviaires qui présentaient des risques, explique Anne-Emmanuelle Ouvrard, sous-directrice de la sécurité et de la régulation ferroviaires à la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer. Des opérations ont été menées pour améliorer la sécurité de chacun d’entre eux. Le chantier de Meudon vient conclure cette démarche. »

Derniers aménagements

Depuis 2002, SNCF Réseaux a déjà procédé à plusieurs aménagements dans ce tunnel, long de 3 363 m. Le gestionnaire a notamment construit des voies piétonnes et installé des balisages. « Environ 500 000 usagers du RER C empruntent ce tronçon tous les jours, précise Stéphane Chapiron, directeur de la modernisation et du développement de la direction générale Île-de-France de l’établissement public. Les travaux amorcés cette année constituent l’aboutissement de nos études. Ils devraient se terminer durant l’été 2020. » Au total, l’État aura investi près de 60 millions d’euros dans cet ouvrage.

Cet ultime coup de pioche consiste à bâtir trois issues de secours, chacune espacée de 800 à 1 000 m. La première se trouvera à 700 m de l’entrée du côté de Meudon. Elle ouvrira sur un couloir de 51 m, perpendiculaire aux voies. Celui-ci débouchera à un puits de 42 m qui conduira à la surface. Les deux autres sorties seront reliées par des rameaux de 30 m de long à la galerie d’évacuation excavée par Gaïa. Cette dernière mesurera 1 680 m de long pour un diamètre intérieur de 3,5 m. Le bureau d’études Ingérop et sa filiale Geos assure la maîtrise d’œuvre pour l’ensemble de ces ouvrages. Quant au marché du tunnelier de Chaville, le maître d’ouvrage l’a confié à Bessac, Chantiers Modernes Construction et Soletanche Bachy. Le premier nommé assure la fonction de mandataire.

Limiter l’emprise

Le groupement a entamé les travaux préparatoires en février dernier. Entre autres contraintes, ses membres ont dû composer avec un tissu urbain particulièrement dense autour du site. Finalement, le chantier occupe seulement 1 370 m², « alors que ses caractéristiques sont proches des opérations du Grand Paris, souligne Bernard Théron, président de Bessac, constructeur du tunnelier et responsable du creusement de la galerie. Ces projets plus discrets n’en demeurent pas moins importants pour nous. L’étranger nous les envie. »

Pour l’occasion, l’entreprise a décidé de mettre en valeur sa chaîne de fabrication hexagonale. Gaïa est ainsi le premier tunnelier certifié « Origine France garantie ». Ce label atteste que les opérations de transformation du produit sont effectuées dans le pays et qu’entre 50 et 100 % de son prix de revient unitaire résultent d’activités françaises. L’engin sort en effet de l’usine de Saint-Jory, près de Toulouse. Cette reconnaissance arrive quelques semaines après une vague d’articles consacrés aux déboires du concurrent bourguignon NFM Technologies. Le contexte inspire une petite pique à Bernard Théron : « J’ai lu un peu partout que c’était le dernier constructeur de tunnelier français. Il y a pourtant dix ans que son principal actionnaire est chinois. Cette certification vient rappeler nos efforts pour maintenir notre activité industrielle en France. »

M. D.