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Travaux publics – Virage stratégique pour Midali Frères

23 octobre 2017
<span>Travaux publics</span> – Virage stratégique pour Midali Frères

Le numéro un du BTP isérois fête ses 80 ans dans un environnement en mutation. La loi Notre fait évoluer les conditions d’accès aux marchés publics d’adduction d’eau et d’assainissement. Une évolution qui conduit Midali Frères à se tourner davantage vers les marchés privés pour assurer sa pérennité.

Nicolas Midali, P-DG de la société Midali Frères : « Avec la loi Notre, nous devons changer de typologie de clients et aller davantage vers les marchés privés. »

Installée à Theys, entre Grenoble et Chambéry, le siège du numéro un du BTP isérois surplombe la vallée du Grésivaudan depuis sa création en 1937. Quatre-vingt ans plus tard, Midali Frères réalise 15 millions de chiffre d’affaires (mars 2016-mars 2017) avec 120 salariés. « Un chiffre en progression », souligne Nicolas Midali, son P-DG, qui se prépare à une nouvelle progression pour l’exercice en cours, à 16 millions d’euros.

Depuis quelques années, la société s’est vue confier des chantiers d’hydro-électricité qui incluent des lots de terrassement, de maçonnerie, de génie civil et de conduite forcée. Cette année encore, trois contrats se sont ajoutés à son portefeuille à Bozel, en Savoie, à La Combe-de-Lancey et à Villard-Bonnot, en Isère.

Spécialités de cette entreprise « multi-métiers » ? Les réseaux humides, adduction et assainissement (38 % du C.A), les réseaux secs, gaz et électricité (11 %), le terrassement (9 %), la maçonnerie et le génie civil (4 %), le bâtiment clés en main (4 %), le recyclage des matériaux (2 %) et l’affermage de réseaux d’eau (2 %).

Pour faire face à un carnet de commandes bien garni et notamment, à ses chantiers de conduite forcée, la société a investi 1,4 millions dans son parc matériel lors de son dernier exercice (500 à 800 000 euros en temps normal) : pelles mécaniques de 40 t, camions… et même une centrale à béton destinée à l’aire de travaux de Bozel.

Pour Nicolas Midali, la force de l’entreprise réside dans la diversité de ses compétences. Celle-ci lui donne la possibilité de proposer des « solutions clés en main dans les travaux publics. » Les clients sont assurés de traiter avec un interlocuteur unique, dans le climat relationnel spécifique aux structures familiales. A cet égard, ses valeurs tiennent en trois mots : « Ancrage local, fiabilité et convictions. »

Crainte de perdre des marchés publics

L’entrée en vigueur de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République), qui transfère progressivement les compétences des communes aux communautés de communes et aux métropoles dans le domaine de l’adduction d’eau et de l’assainissement, a conduit Midali Frères à faire évoluer sa stratégie de développement pour assurer sa pérennité et « maintenir les effectifs. »

Avant ces transferts de compétences, la société comptait 90 localités dans sa clientèle potentielle, explique Nicolas Midali. Aujourd’hui, elle compte deux interlocuteurs seulement, Grenoble et la communauté de communes du Grésivaudan. Miadli Frères, qui réalise 90 % de son chiffre d’affaires en Isère, craint de perdre certains marchés d’adduction et d’assainissement. Si elle envisage de travailler plus largement dans les départements voisins, en se tournant vers les syndicats d’eau potable de Savoie et de Haute Savoie, elle prévoit aussi de s’y implanter à travers l’acquisition de structures familiales dont l’activité serait complémentaire aux siennes, à commencer par les réseaux humides, mais sans exclure ses autres spécialités.

Objectif affiché par le P-DG à l’occasion de la célébration du quatre-vingtième anniversaire de la société fin septembre : « Dépasser la vallée et se positionner « hors-Isère » en développant l’expertise clé en main avec une offre de marchés « 4 en 1 » : terrassement-conduites d’eau-réseaux électriques-bâtiment et génie civil. »

Se tourner vers les marchés privés

L’entreprise doit faire évoluer sa typologie de clients – les marchés publics représentent 70 % de son chiffre d’affaires – et se tourner davantage vers les marchés privés, ajoute le dirigeant.

Dans cette optique, l’entreprise s’efforce de développer une clientèle dans l’industrie, dans la construction et la maintenance technique des bâtiments clés en mains (bureaux, ateliers) notamment, en proposant « un package complet ». Dans ce domaine, elle travaille déjà avec ST Microelectronics, Soitec, CHCR (hydro-électricité) ou Caterpillar à Grenoble. Dans le cadre d’un groupement, elle s’est vue attribué les lots de terrassement, de génie civil et de maintenance d’une nouvelle ligne de montage du constructeur d’engins de chantier.

Dans le génie civil, Midali Frères estime pouvoir continuer se développer sur les marchés départementaux d’entretien d’ouvrages d’art (ponts, murs de soutènement…), des travaux récurrents et diversifiés.

Outre son activité dans l’installation de conduites forcées, la société table également sur la croissance sa filiale, TVM 38 (pour Traitement et Valorisation des Matériaux), laquelle transforme chaque année quelque 400 000 tonnes de déblais de chantier collectés auprès des entreprises de construction et des collectivités locales dans son centre de Lancey.

J.D