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Travaux publics – La reprise de l’activité se fait sentir dans l’artisanat

20 février 2018
<span>Travaux publics</span> – La reprise de l’activité se fait sentir dans l’artisanat

L’artisanat des travaux publics et du paysage a terminé l’année passée sous le signe de la reprise. Il aborde 2018 avec un optimisme que vient tempérer des prix qui restent bas et des difficultés de trésorerie accentuées par un redémarrage qu’il espère voir se confirmer dans les mois à venir. Bilan et perspective avec Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et du paysage (Cnatp).

Françoise Despret, présidente de la CNATP : « La reprise est constatée. L’année s’est écoulée avec une remontée des commandes et des retours de devis positifs. Cela se confirme en ce début d’année, même s’il faut être très vigilant parce que les prix ont encore tendance à être faibles et que beaucoup d’entreprises ont encore pas mal de difficultés de trésorerie. »

Pour les artisans des travaux publics et du paysage, 2017 a été « compliquée mais meilleure que les années précédentes », explique Françoise Despret. Les professionnels ont constaté en effet « une remontée des prises de commandes et des retours de devis positifs. » La reprise de l’activité, qui s’est fait sentir en fin d’année, se poursuit. Au total, le chiffre d’affaires de la profession s’est inscrit « en légère croissance. »

Pour autant, la CNATP a encore des raisons de demeurer vigilante. Les prix ont « encore tendance à rester faibles » et beaucoup d’entreprises connaissent toujours des problèmes de trésorerie. Avec le redémarrage de l’activité, les chantiers sont plus nombreux : elles doivent acheter et régler à l’avance des matériaux dont les prix sont orientés à la hausse, mais aussi investir dans leur parc matériel, ce qui accentue « ce problème de manque de trésorerie ».

2018 avec entrain

Ces entreprises ont abordé 2018 avec un entrain justifié par le net « frémissement » de l’activité en janvier, avec « un remplissage des carnets de commandes qui est bien meilleur que les années précédentes ». Si la tendance se confirme dans les mois à venir, la CNATP table sur une nouvelle progression du chiffre d’affaires des artisans.

Bémol : la situation varie en fonction des régions mais aussi des clientèles, publiques ou privées. Certaines de ces régions, comme l’ouest, perçoivent clairement ce vent de reprise. D’autres attendent encore qu’il vienne les stimuler. L’investissement local semble répartir, mais les changements de responsabilités et d’affectation des budgets perturbent la donne.

Maintenir la fiscalité applicable à l’assainissement non collectif

Sujets de préoccupation de l’organisation professionnelle ? L’évolution de la fiscalité applicable à l’assainissement non collectif (ANC) et aux services à la personne, et les difficultés à recruter des jeunes pour faire face au redémarrage de l’activité.

Sur le premier point, les entreprises artisanales, qui sont nombreuses à travailler sur les chantiers d’assainissement, s’inquiètent d’une éventuelle suppression des aides à la restructuration des installations individuelles de traitement des effluents.

La perte de ces aides, qui permettent aux particuliers de lancer et de financer les travaux afférents, se traduirait par une diminution du nombre des chantiers, souligne Françoise Despret. Elle serait d’autant plus mal perçue que les artisans de la Cnatp ont crée à la fin de l’an dernier avec leurs homologues de l’IFAA (assainissement) et de la FNSA (assainissement non collectif) un groupement – « Les professionnels de l’ANC » – pour travailler ensemble sur ces projets en valorisant leur savoir faire et la qualité de leurs prestations.

Dans le même esprit, l’organisation professionnelle a développé des coopératives de services à la personne qui apportent une réponse à des  besoins réels. Pour soutenir leur activité, elle souhaite que le crédit d’impôt dont bénéficient désormais les retraités non imposables leur soit attribué immédiatement après les travaux.

Soutenir la formation des apprentis

La Cnatp, dont la représentativité a été reconnue par le ministère du Travail courant décembre pour les deux branches des travaux publics et du paysage, suit également de près les discussions qui s’engagent dans le cadre de la réforme de l’apprentissage et dont elle espère être l’un des interlocuteurs privilégiés.

Avec la reprise de l’activité, les entreprises, qui forment 80 % des apprentis de leurs deux secteurs, envisagent en effet de recruter. Or, elles en ont un peu moins formé pendant la crise, ce qui risque d’accentuer un problème d’embauche récurrent, lié notamment la faible attractivité de leurs métiers auprès de jeunes, souvent par méconnaissance leur réalité, souligne Françoise Despret. La présidente de la Cnatp attend notamment de la réforme à venir qu’elle permette de soutenir l’effort de formation des entreprises qu’elle représente.

J.D

Une maison témoin du savoir-faire artisanal dans l’Ain

A Hauteville, la Cnatp s’est impliquée dans le projet de la « Villa Renaissance », une maison individuelle à vocation thérapeutique et pédagogique labélisée Handibat. Cette maison a été spécialement aménagée en tenant compte des contraintes d’accessibilité et de déplacement rencontrées à l’intérieur et à l’extérieur par les personnes à mobilité réduite. Les artisans de la Cnatp ont participé aux travaux, mettant leur savoir-faire (matériaux, revêtements…) au service de cette maison témoin. Elle accueille aujourd’hui les professionnels, mais aussi leurs clients, qui veulent se former ou découvrir les techniques et les solutions mises en œuvre lors de la construction.