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Travaux publics – Quelles prévisions d’activité en 2018

22 novembre 2017
<span>Travaux publics</span> – Quelles prévisions d’activité en 2018

La reprise en volume observée en 2017 va-t-elle perdurer l’année prochaine ? Quels seront les principaux moteurs de l’activité en 2018 ? La profession renoue-elle avec un cycle de croissance durable ? Eléments de réponse.

Un redémarrage plus lent qu’espéré mais des signaux qui passent au vert en 2017 et une amplification de la hausse de l’activité en 2018. Tel est le résumé de situation fait par Bruno Cavagné, président de la FNTP. Pour la première fois depuis 10 ans, les entrepreneurs des Travaux Publics abordent l’avenir avec optimisme.

Après une augmentation du chiffre d’affaires de 2,5% cette année, la croissance devrait atteindre 4% en 2018, sous réserve que la profession relève deux défis qui se posent à elle : la pérennisation de la croissance et son corolaire de la création nette d’emploi.

Indicateurs au vert

Prise de commande bien orientée (+7,6% sur les neuf premiers mois 2017), optimisme retrouvé des chefs d’entreprises confiants dans les perspectives d’activité à court terme, progression des appels d’offre Marchés Publics (+3,2% sur les neuf premiers mois 2017), l’année en cours marque une transition, même si les facturations des entreprises traduisent une stabilité.

Explications : la réorganisation des intercommunalité, qui a induit des reports de chantiers en début d’année, conjuguée aux difficultés des zones rurales qui n’ont pas renoué avec la reprise de l’activité.

Donneurs d’ordre en marche

Après cette année de transition, 2018 se présente d’autant plus favorablement pour la profession que tous les maîtres d’ouvrage devraient augmenter leurs commandes aux entreprises de TP.

C’est particulièrement vrai pour les collectivités, au premier rang desquelles figure le bloc communal, premier client de la profession, qui, arrivent à mi-mandat, c’est-à-dire dans la phase du cycle d’investissement favorable à l’investissement, en ayant reconstitué leur marge de manœuvre tout en bénéficiant d’un maintien des dotations. En conséquence, leur investissement dans les TP, hors Grand Paris, devrait progresser de 3%.

Coté grands opérateurs, l’impulsion est donnée par le Grand Paris, même si quelques facteurs d’incertitudes pointent : quels seront le niveau précis du budget de la Société du Grand Paris en 2018 ? Le cadencement des projets sera-t-il effectif ? Quid de décalages ?

Malgré cela, il est acquis que la contribution de ce projet hors norme s’apprécie d’environ 500 millions d’euros en 2018. Même tendance haussière pour les sociétés d’autoroutes, le secteur de la fibre, quand les investissements des grands opérateurs de l’énergie devraient se stabiliser.

Résultat : la FNTP anticipe une hausse des investissements de la part des grands acteurs de 7% en 2018. Quant à la demande privée, sous l’effet de la reprise du Bâtiment et au regard des mises en chantier actuelles dont devraient bénéficier les TP, l’investissement devrait progresser de 3% en 2018.

Globalement, les prévisions pour l’ensemble du marché des Travaux Publics tablent sur une croissance de 4% en valeur. Cela correspond à une hausse de 3% en euros constants, avec une hypothèse d’inflation de 1% en 2018.

Financements alternatifs

Même si les financements de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) progresseraient à 2,5 Mds d’euros (contre 2,2 Mds d’euros en 2017), les contrats de plan Etat-Région 2015-2020, traduisent un taux d’engagement inférieur à la génération précédente.

A fin 2017, on peut estimer le taux d’engagement de l’Etat dans les CPER à 23,4%, le taux d’exécution national des crédits de paiements de l’Etat dans ces mêmes contrats n’excédant pas 5% (4,2% à fin 2016). Cela pose la question du financement qui reste problématique et qui explique que la FNTP propose de nouvelles ressources. Parmi celles-ci, l’établissement d’un plan de financement qui intégrerait la contrainte de la consolidation budgétaire et de la dette maastrichienne.

Pour le financement de l’entretien et les infrastructures  du quotidien, les solutions sont nombreuses : TICPE, péage urbain, Eurovignette, taxe poids lourds,….le choix est vaste. Pour financer de nouveaux grands projets d’investissement, la FNTP propose de déconsolider la dette contractée à ces chantiers répondant à des objectifs européens (Lyon-Turin, Canal Seine Nord, GPSO,…), mais aussi à ceux en lien avec la transition énergétique et au plan très haut débit.

J-N.O

Photo : En 2018, plus d’un point de croissance (1,2 points) sera à créditer à la montée en puissance des travaux liés au Grand Paris Express.

Chiffres clés 2018 :

Estimation budgétaires

Maître d’ouvrage                         Poids                  Prévisions*               Prévisions**

Collectivités locales                   40,4%                  +2,9%                         +2,9%

Dont Communes et EPCI         30,9%                 +3,5%                          +3,5%

Départements                             7,6%                    +1%                             +1%

Régions                                        1,9%                     0%                               0%

Etat                                               3,2%                    +9%                            +9%

Grands opérateurs                    20,9%                 +7%                           +3,5%

Secteur privé                               35,5%                +3%                            +3%

TOTAL                                       +100%                +4% (en vol.)             +2,8% (en vol.)

+3% (en val.)              +1,8% (en val.)

*Grand Paris Express inclus ;

**Grand Paris Express exclus.