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Terrassement – Réduire la consommation du parc

27 mars 2015

Forezienne d’Entreprises, filiale du groupe Eiffage, exploite un parc conséquent de matériels de terrassement et de minage qui tend à se diversifier vers les matériels de déconstruction et de décontamination. Tous les achats sont passés au crible de la performance énergétique des machines, l’enjeu étant entre autre de baisser le poste carburant.

« Dans le cadre de l’activité principale de la société qui reste le terrassement, nous sommes appelés par notre maison mère à intervenir partout en France », expose Alain Bertoni, directeur Matériel de Forézienne d’Entreprises. Outre les métiers de la démolition et du traitement de l’amiante, l’entreprise intervient dans le minage à façon en sous-traitance de l’industrie extractive.

La gestion du parc obéit à quelques principes fondamentaux tels que la possession en propre du parc que l’exploitant suit en interne. Les interventions d’entretien, de réparation comme de maintenance routinière, sont gérées par le service Matériel qui tient à conserver ces compétences. Par ailleurs les chauffeurs sont attitrés à une machine donnée et responsabilisés sur l’entretien et la bonne tenue de leur outil de travail. Dans ces conditions, la durée de vie de chaque machine est allongée pour tous les matériels.

Le parc, ainsi suivi au plus près, est fiable et disponible pour les exploitants.  » La mentalité capitalistique reste forte au sein de la Forézienne d’Entreprises », résume Alain Bertoni. « Les arbitrages de renouvellement sont débattus à partir des prévisions horaires et des prix de revient prédéfinis ». Se considérant comme une fonction support au service des exploitants, il veille en particulier à offrir le meilleur taux de disponibilité possible moyennant des interventions de maintenance préventive et des immobilisations programmées.

PRESSION ÉCONOMIQUE

Les matériels de production sont remplacés au cas par cas, à partir de 10 000 heures travaillées avec, pour certain, une possibilité de reconditionnement. Exemple : une niveleuse cumulant plus de 12 000 heures pourra faire l’objet d’un remanufacturing, tout comme un tombereau rigide. Comme le relève Alain Bertoni, l’équation économique est devenue plus complexe avec une augmentation significative du prix des nouveaux modèles, sous l’effet notamment des nouvelles motorisations, alors que le prix des travaux continue de baisser sous l’effet d’une concurrence féroce. Le prix de revient de chaque matériel revêt donc une importance stratégique pour le Directeur de Matériel qui cherche à optimiser chaque euro investi. « Dès que c’est possible, nous donnons priorité à un reconditionnement plutôt qu’à un achat d’un matériel neuf », confirme Alain Bertoni. Cela d’autant plus qu’à la faveur d’un chantier exceptionnel (la LGV Bretagne Pays de la Loire), réalisé par le groupe Eiffage, le parc a été profondément renouvelé.

L’ensemble de la flotte est suivi en interne par les équipes dont le coût d’intervention est inférieur à celui des concessionnaires ou des prestataires spécialisés. « Nous nous efforçons d’afficher les coûts horaires les plus bas possible afin d’avoir le taux d’occupation maximal et de conserver ainsi cette compétence en interne », révèle Alain Bertoni, qui ajoute : « En maintenant des coûts d’exploitations bas nous apportant un avantage concurrentiel aux exploitants ». Une valeur ajoutée qui s’étend à l’ensemble des sociétés de terrassement du groupe (Roland, Tinel et Fougerolle Ballot), désormais fédérées au sein du nouveau pôle de spécialité du groupe (T2D). Parallèlement, le gestionnaire opère une veille active sur l’évolution technologique et les innovations que proposent les industriels. Les principales nouveautés entrant dans le spectre d’activité de la société sont donc évaluées et testées en situation afin d’en valider le potentiel.

A chaque fois, la direction Matériel se projette dans sa capacité à en suivre l’entretien.

Parmi les autres critères de choix, la technique intrinsèque reste déterminante tant elle conditionne la performance de la machine. « Un modèle fiable mais qui n’a pas de rendement n’a pas de place dans notre parc, illustre Alain Bertoni. « Pour exemple, le choix de nos tombereaux articulés est fait sur des critères de motricité et de franchissement dans des conditions difficiles chez nous ». Volvo fournit donc les tombereaux articulés, Caterpillar les rigides, les pelles hydrauliques provenant principalement de chez Liebherr et Caterpillar qui est également référencé pour les niveleuses et les bouteurs.

Autre critère de choix, la capacité des marques sélectionnées à apporter un service uniforme sur l’ensemble du territoire au travers de leur réseau. Un phénomène que les difficultés économiques et la baisse de volumes de travaux ont accentué récemment alors que le terrassier est justement appelé à travailler plus fréquemment loin de ses bases. « Cela pénalise les constructeurs Japonais qui, bien que nous ayant livré trois pelles hydrauliques sur chenilles de 20 t, ont une disparité de service qui fait que ces machines ne peuvent être envoyées partout en France », admet Alain Bertoni. Pour les activités de minage, Sandvik et Atlas Copco sont référencés dans un parc à dominante de la marque suédoise. Pour être efficace et maîtriser ses coûts, l’exploitant est obligé de sélectionner dans les deux marques les matériels les plus appropriés en fonction de l’application visée.

CONSOMMATION RÉDUITE

La maîtrise du poste carburant étant plus que jamais impérative, l’entreprise a franchi le pas en mettant en service une pelle Cat 336 E Hybride sur le chantier BPL. Une machine de production affectée, dans le cadre de terrassements de masse, au chargement de tombereaux articulés Volvo A 35. Outre l’acceptabilité du concept par l’opérateur et son engagement permanent sur le chantier, la machine s’est avérée conforme aux niveaux de production attendus par l’exploitant. « La baisse de la consommation a également été vérifiée », atteste Alain Bertoni qui mentionne une différence de 25 % à 30 % par rapport à un modèle équivalent traditionnel sur les 1 200 premières heures travaillées. A présent en opération sur un chantier de démolition, elle présente la même efficacité sur un chantier d’abattage avec la même économie de carburant. Conséquence ? Dans le cadre de la politique globale du groupe Eiffage, la filiale va poursuivre son implication dans cette voie initiée avec l’acquisition du bouteur à transmission électrique (Cat D7E) affichant des économies appréciables en carburant et une fiabilité totale. « Il fait le travail d’un D7 avec la même consommation qu’un D6 » se félicite Alain Bertoni, qui rappelle qu’à chaque fois, la décision est collégiale, la Direction Matérielle associant la Direction Travaux au choix. « Nous ne nous interdisons rien mais nous n’irons pas vers une solution technologique dont nous ne saurions pas assurer l’auto-maintenance ou qui nous paraîtrait trop complexe », tranche Alain Bertoni. Pour preuve, le terrassier a été parmi les premiers à investir dans la technologie hybride en faisant l’acquisition d’un modèle Cat 336 E Hybride. « Un choix réfléchi après avoir consulté d’autres fournisseurs comme Hitachi ou Komatsu dont la solution d’hybride électrique ne correspondait pas à notre cahier des charges et qui ne possédait pas de modèle équivalant dans cette classe de tonnage », justifie Alain Bertoni. Avec une approche d’hybridation hydraulique et un concept relativement simple, le constructeur américain offrait toutes les sécurités avec un prix de revient constant sur les 10 000 premières heures de travail. La différence de tonnage (21 t chez les fournisseurs japonais contre 36 t) a également plaidé en faveur de Caterpillar. Un test est aujourd’hui en cours sur un matériel plus petit (pelle 21 t) avec Hitachi et Komatsu. Sur ce matériel l’hybridation est électrique et le Service Matériel étudie les deux Technologies en présence.

RENOUVÈLEMENT CIBLÉ

Considérant l’ampleur des investissements consentis depuis 2012, ayant permis de rajeunir significativement la flotte, et au regard des perspectives d’activités à court terme, les achats de matériels de terrassement resteront limités cette année. Seul, le renouvellement de pelles hydrauliques approchant ou dépassant les 12 000 à 13 000 heures est programmé. Souhaitant accélérer sa diversification dans les métiers de la déconstruction, l’exploitant à budgétisé des achats d’équipements (pinces, grappins, broyeurs à béton…), permettant de travailler avec l’outil le plus approprié quelle que soit la configuration du chantier. L’achat d’une pelle de démolition, dans la catégorie des 50 t équipée d’une flèche de 23 m, est également acté. De même, une machine de forage (fond de trou ou hors trou) s’ajoutera au parc, le choix du fournisseur étant conditionné par la technique mise en oeuvre que le client doit encore déterminer. Les grands équilibres ne sont donc pas modifiés, pas plus que le financement, La Forézienne d’Entreprises restant sur des financements courts, tout en gardant la propriété des matériels.

Jean-Noël Onfield

 

LES CHIFFRES

PARC VIVANT EN FRANCE

155 matériels de production dont

50 pelles hydrauliques sur chenilles de 21 à 85 t

5 pelles de démolition avec flèche de 15 à 40 m

40 tombereaux articulés de 25 à 40 t

6 tombereaux rigides de 35 t

 

“Dans la conjoncture actuelle, le service Matériel doit, plus que jamais, offrir aux exploitants le parc le plus opérationnel possible au meilleur coût d’exploitation”.

Alain Bertoni – Directeur matériel de forézienne d’entreprises

TÉMOIN ALAIN BERTONI DIRECTEUR MATÉRIEL DE FORÉZIENNE D’ENTREPRISES

“Dans la conjoncture actuelle, le service Matériel doit, plus que jamais, offrir aux exploitants le parc le plus opérationnel possible au meilleur coût d’exploitation”.