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Sécurité – Détection d’obstacles : comment les équipementiers coopèrent avec les constructeurs

1 juillet 2016
<span>Sécurité</span> – Détection d’obstacles : comment les équipementiers coopèrent avec les constructeurs

Les systèmes d’aide visuelle et de détection d’obstacles sont encore rarement proposés en série. Comment les équipementiers les intègrent-ils sur les machines en deuxième monte ? Leurs bureaux d’études techniques coopèrent avec ceux des fabricants ou ils s’appuient sur un réseau d’installateurs spécialisés.

HaladjianHaladjian commercialise ses systèmes auprès des entreprises de travaux publics ou des concessionnaires de grandes marques de matériels. Ce revendeur s’appuie sur un réseau d’intégrateurs spécialisés dans les courants faible (12-24 volts). La question de l’intégration des aides à la manœuvre se pose tout particulièrement lorsque l’équipementier doit équiper des flottes d’engins. Pour Eurovia, son bureau d’études techniques s’est rapproché de l’entreprise pour déterminer la typologie des machines en parc, choisir une solution et l’intégrer au mieux, rapporte Julien Piot. La conception des engins diffère selon la marque, le modèle ou l’année, les problématiques d’installation sont plus ou moins complexes. Exemple : un moniteur trouvera facilement sa place sur le tableau de bord des machines les plus récentes mais plus difficilement sur celui des plus anciennes. En tout état de cause, un cahier de charges particulier devra être établi.

GS toupie 3Groeneveld cible les entreprises de travaux publics, les producteurs de matériaux, les loueurs de matériels et les distributeurs des constructeurs d’engins – Liebherr, Komatsu, Volvo, Bergerat Monnoyeur ou Hitachi figurent parmi ses références – en deuxième monte. Ces derniers hésitent à équiper leurs machines en série pour ne pas en augmenter le prix de vente, même si les préoccupations de sécurité poussent les utilisateurs à sécuriser leurs engins. « La demande est encore marginale par rapport au volume de vente des machines, mais elle augmente sous la pression des entreprises », confirme Eric Fernandez, directeur général France. La société salarie une trentaine de techniciens et peut compter sur une dizaine de sous-traitants pour monter ses systèmes chez ses clients. Sur une machine dépourvue d’équipements, ils prendront la ou les machines des photos, recueilleront les données constructeurs, étudieront les possibilités de placement du système, calculeront les angles de détection en hauteur et en largeur, les différents champs de couverture puis feront une proposition qui sera acceptée ou non, détaille Martine Demester, responsable commerciale de la région Nord.

img_IM0064415-SickSick s’adresse aux constructeurs d’engins et aux entreprises de travaux publics. Les premiers achètent des capteurs qui s’appuient sur différentes technologies (ultrasons, radar, RFID…) ou des systèmes complets qu’ils se chargent de monter, à moins qu’ils ne confient l’opération à un intégrateur spécialisé, indique Bruno Lisena, responsable activité transport et automatisme du bâtiment. Sick travaille avec les industriels en première monte pour des installations en série ou en option et avec entreprise de TP en deuxième monte. Le département R&D de l’entreprise peut participer à la rédaction du cahier des charges, faire des recommandations techniques et préconiser de solutions. Un réel courant d’échange s’instaure entre l’équipementier et le fabricant.

Savex-ArcureIl n’y a aucune obligation réglementaire pour le propriétaire d’une machine de s’équiper d’une aide à la conduite. Un simple talkie-walkie peut suffire, rappelle Sandra Deloustal, chargée d’affaires de PST, qui commercialise elle aussi son système anticollision Savex auprès des entreprises de travaux publics ou de recyclage et des constructeurs d’engins. Le marché est dans l’expectative, mais la volonté des grands groupes de limiter des accidents de travail assez nombreux et souvent mortels pousse les équipementiers à investir dans la R&D, le marquage CE ou dans la certification, observe Sandra Deloustal. Pour l’instant, les constructeurs se contentent souvent de monter un radar de recul sur leurs engins et une radio dans leurs camions, poursuit-elle. La majorité des machines vendues ne sont pas équipées de systèmes d’aide visuelle ou de détection d’obstacles. Malgré l’absence de réglementation et le surcoût d’équipement afférent, ils commencent à s’y intéresser. L’an passé, Montabert a embarqué ainsi le système Savex sur ses machines de forage. Les bureaux d’études de l’équipementier et du fabricant ont travaillé en commun à son intégration sur les foreuses en première monte. Aujourd’hui, TPS discute aussi avec de grands loueurs nationaux et régionaux. La société s’appuie sur le réseau d’intégrateurs qu’elle a constitué en France et à l’étranger. Un audit et une étude de l’installation sont un préalable indispensable. Il débute par une visite du chantier pour y vérifier la présence de zones éventuelles de perturbation électromagnétiques (ligne haute tension, matériel émetteurs d’ondes…), préciser les attentes de l’utilisateur ou définir le paramétrage du système : zone de protection par rapport aux méthodes de travail, à la taille et à la vitesse des engins…

loadview_AF-zoom_orlacoOrlaco travaille elle aussi avec les responsables de chantier de ses clients, assure Jeremy Louineau, responsable clients industrie et TP d’Allwan. La société les aide à élaborer et à affiner un cahier des charges en fonction de leurs besoins et de leurs moyens puis elle livre les équipements en kit avec les éléments de câblage et un manuel de montage.

BrigadeEn ce moment, le système Backeye est testé sur des pelles de mine Liebherr, sur des camions de chantier Acmar ou encore, sur des pelles sur chenilles et sur pneus de l’entreprise routière Colas, indique Philippe Charton, gérant de Brigade Electronique France. Autant d’opportunités d’équiper une partie du parc de ces constructeurs ou de la flotte de cette entreprise en post-équipement, voire en première monte en option par la suite, pour cet équipementier qui compte Vinci, Eiffage ou Bergerat Monnoyeur parmi ses partenaires. Brigade se rapproche du bureau d’études de ses clients potentiels pour tenir compte de leurs exigences techniques et méthodologiques, une collaboration qui porte sur le choix du système et les spécifications de montage. Le plus difficile est de trouver le meilleur compromis entre les attentes des ingénieurs et l’économie du projet. Entre sa validation, sa réalisation et les essais, le processus d’intégration peut être relativement long. Il n’est pas forcément plus simple en post-équipement, observe Philippe Charton. Les machines ont pris de l’âge, elles n’offrent pas toujours les supports adéquats, et l’électronique embarquée a vieilli elle aussi. C’est pourquoi Brigade Electronique France conçoit des systèmes qui se caractérisent par leur polyvalence, souligne Philippe Charton.

Blaxtair_r_detoure_g_refletLe système Blaxtair est installé en usine chez plusieurs constructeurs – Manitou, Liebherr, Caterpillar/Bergerat-Monnoyeur… – qui le proposent en option. Arcure discute actuellement dans un pays étranger avec différents fabricants qui réfléchissent à l’installer en série. Le dispositif – une caméra, un calculateur et la connectique – est assez facile à intégrer sur un engin, explique Jean-Gabriel Pointeau, directeur commercial. Il suffit de préciser la position la plus favorable à la prise de vues sur la machine, de définir un périmètre de protection et de fournir l’équipement ad hoc. Chez l’un de ses partenaires, l’équipementier a mis en place une configuration de zone standard en fonction des différents types de machines. Directement avec ses propres techniciens et un partenaire agréé (Ascorel) ou indirectement par le biais des constructeurs, Arcure équipe également des concessionnaires de grandes marques (Volvo, Liebherr…), des loueurs d’engins, des entreprises de travaux publics (Colas, Vinci, Bouygues…) ou des producteurs de matériaux (Lafarge, Cemex, Vicat…)

CAT 972K (2)Dans l’industrie, les utilisateurs finaux ont fait pression sur les constructeurs pour qu’il équipe les engins de manutention en première monte de systèmes d’aide à la conduite, observe Gille Vaquin, président de Proxipi. Les constructeurs se sont rapprochés alors des équipementiers. Ceux-ci ont partagé leur savoir-faire avec eux pour les aider à intégrer ces systèmes sur leurs machines. Conscients d’engager leur image de marque et leur crédibilité, les industriels voulaient obtenir des garanties que leurs partenaires leur ont fournis : certifications européennes, compatibilité électromagnétique… Selon le patron de Proxipi, les constructeurs d’engins de travaux publics sont en train de prendre le même chemin. Aujourd’hui, ils étudient l’offre des équipementiers, sélectionnent des produits puis les intègre sur leurs engins avec le concours des équipementiers avant de les proposer à leurs clients. De la deuxième monte à l’équipement en série, il y a un pas qu’ils franchiront tôt ou tard. Une chose est sûre, le système doit être en adéquation avec les tâches assignées à la machine et un diagnostic réalisé au préalable pour apprécier les conditions de son utilisation -travail en marche arrière fréquent, présence ou non de piétons… – avant de choisir le système le plus approprié. « Une solution ne couvre pas tous les problèmes, souligne Gilles Vaquin, en remarquant : la machine idéale embarquerait toutes les technologies. »

J.D