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Sécurité – Aides visuelles et de détection d’obstacles embarquées

17 juin 2016
<span>Sécurité</span> –  Aides visuelles et de détection d’obstacles embarquées

Eviter toute collision entre les engins et les salariés ou les obstacles qui peuvent se trouver sur leurs trajectoires. C’est aujourd’hui une priorité pour les entreprises de travaux publics. Les constructeurs d’engins s’efforcent d’améliorer le champ de visibilité des conducteurs. Pour éclairer les derniers angles morts, ils commencent à proposer des systèmes d’aide visuelle et de détection d’objets, le plus souvent en option. Les équipementiers auxquels ils font appel se partagent le marché de la deuxième monte.

Tableau de bord PROXIPIPour ce directeur matériel d’une grande entreprise de terrassement, la question du champ de visibilité des conducteurs d’engins et derrière, celle de la sécurité des salariés qui s’activent alentour, est une préoccupation réelle. Dans son domaine, l’arrivée des systèmes de guidage 3D a réduit sensiblement le nombre des hommes à pied. Dans d’autre filière en revanche, la construction de route ou la pose de canalisation par exemple, ils sont encore assez nombreux à risquer d’être heurté par une machine. Souvent mortels, les accidents sont encore trop nombreux.

Ce directeur matériel privilégie l’acquisition d’engins équipés de caméras de recul, un des rares équipements que les constructeurs proposent en série. Ceux qu’ils proposent en option ne correspondent pas forcément à ses attentes. En attendant qu’ils commercialisent des machines munies de systèmes d’aide visuelle ou de détection – les grandes entreprises sont prêtes, selon lui, à payer le surcoût afférent et les plus petites suivront quand elles en auront perçu les avantages –, ils se tournent vers les équipementiers spécialisés.

A leur décharge, il admet que les fabricants ont dû concentrer leurs ressources à la mise au point de moteurs aux nouvelles normes d’émission ces dernières années. A l’avenir, il leur suggère de focaliser leurs moyens sur la visibilité au poste de conduite, sans oublier l’accessibilité à la cabine et celles des points d’entretien. L’entreprise y gagnerait les moyens et le temps qu’elle accorde aux équipementiers et aux problèmes d’intégration de leurs systèmes sur les machines.

A travers les presque accidents ou les accidents auxquels elles sont confrontées sur les chantiers, les entreprises de travaux publics sont toutes sensibilisées à la question de la visibilité au poste de conduite des engins, confirme Catherine Jarosz, chargée de mission à la FNTP. Grandes ou petites, elles se mobilisent pour réduire le taux de fréquence et la gravité des accidents, sachant que le premier est lié en général à l’accessibilité (chute de cabine…) et la seconde à la visibilité. L’enjeu concerne tout particulièrement les aires de travaux urbaines, souligne la chargée de mission. En effet, les ouvriers y sont plus souvent au contact des machines et par conséquent, davantage exposés au risque d’accident que sur les chantiers linéaires.

Améliorer la visibilité directe

D07A3087b7BLaxtairPour prévenir ce risque, les entreprises s’efforcent de mettre des machines aux normes à la disposition des opérateurs. Bémol : « Pour une grande partie du matériel de travaux publics (…), par conception, la visibilité n’est pas suffisante. Il faut systématiquement des systèmes de détection ou des dispositifs techniques pour pallier ce manque de visibilité », regrette Catherine Jarosz. Certains d’entre eux peuvent équiper les engins en série (caméra de recul…), mais la plupart sont proposés en option, et l’offre est loin de couvrir tous les besoins. En matière de visibilité, certaines familles de machines posent même des problèmes de conformité à la norme (Iso 5006) et à la directive « Machines » (CE 2006/42).

C’était largement le cas, par exemple, des mini-dumpers, signale la représentante de la FNTP. Même vide, la benne avant de ces petits transporteurs occulte le champ de vision du conducteur. Bonne nouvelle, les constructeurs ont entrepris de remédier au problème (caméra à l’avant, limiteur de charge…). D’une manière générale, ils se sont focalisés davantage sur la robustesse et la performance de leurs engins que sur leur sécurité et celle des opérateurs, analyse la chargée de mission.

Pour la FNTP, ils devraient envisager de concevoir des machines capables d’assurer une visibilité directe autour du poste de conduite. Sensibles aux attentes des utilisateurs, certains d’entre eux se sont engagés dans cette voie. Ils ont repensé entièrement l’architecture de leurs engins – châssis, carrosseries, implantation des équipements…- pour ouvrir le champ de vision périphérique de l’opérateur. Rien n’empêche les autres de leur emboîter le pas et de revoir le concept de leurs engins, admet Catherine Jarosz. Dans l’immédiat selon elle, ils devraient commencer à commercialiser des machines équipées en première monte.

En attendant que les industriels franchissent le pas, les équipementiers se partagent un marché de la seconde monte et une demande qui émane, outre des constructeurs et de leurs concessionnaires, des entreprises de travaux, de production ou de recyclage de matériaux ou encore, des loueurs d’engins. Ils proposent des systèmes d’aide visuel et des systèmes de détection des risques de collision avec des piétons ou des obstacles qui exploitent six technologies distinctes.

J.D

Définitions

Systèmes d’aide visuelle : ils fournissent au conducteur des informations visuelles sur la zone surveillée sans avertissement. Celui détecte les risques en consultant un écran de contrôle.

Dispositifs détection : ils détectent automatiquement les risques de collision avec les piétons et/ou les obstacles. En fonction de la technologie utilisée, ces dispositifs alertent le conducteur et/ou la personne se trouvant dans le périmètre de l’engin au moyen d’une alarme sonore et/ou visuelle.

(Source : INRS)

Six dispositifs de détection

DSCN1479SavexDans une brochure thématique*, l’INRS distingue et analyse les  systèmes d’aide visuelle de type caméra-écran et cinq technologies (principes, mode de détection, limites…) qui peuvent contribuer à la prévention des collisions engins-piétons-obstacles : les ultrasons, les marqueurs radioélectriques, l’analyse d’images, le radar et le scrutateur laser. Focus.

 

  • Caméra-écran : une ou plusieurs caméras embarquées sur l’engin couvrent les angles morts et restituent une image de la zone couverte en temps réel.
  • Ultrasons : cette technique exploite la réflexion des ondes sur les obstacles situés dans le périmètre de la machine. La réception d’un écho correspondant à la présence de personnes et d’objets alentour de la machine déclenche une alarme sonore et/ou visuelle côté conducteur et côté piéton.
  • Marqueurs radioélectriques : un signal radio émis par une ou plusieurs balises placées sur un engin est réémis par un marqueur (badge, étiquette, montre) porté par le piéton. Une alarme se déclenche lorsque celui se trouve dans la zone d’émission.
  • Analyse d’images numériques : le contenu des images filmées est interprété par des algorithmes pour préciser la présence ou l’absence de personnes sur la scène transmise sur un écran vidéo en cabine et déclencher l’alerte.
  • Radar : la technologie exploite la réflexion des ondes électromagnétiques sur les obstacles rencontrés sur leur parcours pour activer une. alarme en cabine.
  • Scrutateur laser : la technique exploite la réflexion d’un faisceau laser infrarouge sur les obstacles. Le balayage de l’espace plan d’un secteur circulaire permet de le positionner dans le plan et d’alerter le conducteur et le piéton.

*« Prévenir les collisions engins-piétons. La place des dispositifs de détection et d’aide visuelle ». INRS, 2015.