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Réseaux – Des puces pour suivre les canalisations en béton ?

18 juillet 2016
<span>Réseaux</span> – Des puces pour suivre les canalisations en béton ?

Avec l’appui des industriels du béton, le Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton (Cerib) a réalisé une étude sur la possibilité de suivre les réseaux d’assainissement sur la durée de leur cycle de vie en incorporant des puces RFID dans les canalisations en béton. Faisabilité technique, contenu ou conditions d’accès à la base de données par les acteurs concernés, le projet recouvre de nombreux enjeux.

Sophie Jacob, responsable du pôle TP du Cerib : « De plus en plus, les collectivités locales ont besoin de faire de la gestion patrimoniale de leurs réseaux d’assainissement”.

Sophie Jacob, responsable du pôle TP du Cerib :  » De plus en plus, les collectivités locales ont besoin de faire de la gestion patrimoniale de leurs réseaux d’assainissement. »

Conduit par le pôle TP du Cerib et par un comité de pilotage industriel qui réunit les sociétés Cimentub, Stradal et Bétons Libaud, cette étude est partie d’un constat, explique Sophie Jacob, responsable du pôle TP : « De plus en plus, les collectivités locales ont besoin de faire de la gestion patrimoniale de leurs réseaux d’assainissement. Elles sont face à une difficulté qui est de connaitre ou de tracer les produits, leurs caractéristiques, de savoir comment ils ont été posés ou quelles interventions ont été réalisées sur les réseaux. »

Pucer les conduites en béton

L’industrie du béton s’est penchée sur la possibilité d’incorporer des puces RFID dans les canalisations et les éléments en béton (regards…) pour répondre aux besoins de ces collectivités ou des propriétaires de réseaux et plus largement, à ceux des multiples acteurs qui interviennent dans un projet d’assainissement. Les préfabricants qui fournissent les conduites. Les transporteurs qui les acheminent de l’usine au chantier. Les entreprises qui les posent, celles qui les contrôle préalablement à la réception du chantier (étanchéité, compactage des tranchées) et en bout de chaine, celles qui les recyclent ou gèrent leur fin de vie. Chacun de ces professionnels est susceptible de tirer profit des informations collectées. Les préfabricants, pour gérer leurs stocks par exemple ; ou les poseurs, pour décider de la technique de mise en oeuvre ou de la nature des remblais de tranchées.

Suivre le cycle de vie des réseaux

Certaines collectivités ont déjà pucé leurs réseaux pour les positionner dans l’espace, indique Sophie Jacob. Plus ambitieux, « le projet du Cerib vise à suivre les canalisations sur la durée du cycle de vie des produits d’assainissement », précise Thibaut Le Doeuff, ingénieur du Pôle TP. Le centre de recherche a recensé les besoins des acteurs concernés avant d’analyser la faisabilité d’un suivi des réseaux d’assainissement par l’intermédiaire de puces et ses contraintes techniques : l’interopérabilité et la pérennité des composants électroniques en milieu souterrain sur le long terme en particulier, la durée de vie d’un réseau pouvant atteindre 100 ans. En ligne de mire : la conception d’un système RFID adapté aux produits en béton.

 Etablir des critères d’accès aux données

Le projet recouvre de nombreux enjeux. La prise en compte, par exemple, des problématiques liées au développement de la maquette numérique. Sur le fond, il reste encore hiérarchiser les besoins des acteurs de la chaîne. Ceux-ci peuvent varier en fonction de leur champ d’activité mais aussi à l’intérieur d’une même profession. Les attentes des professionnels ne sont pas forcément les mêmes en terme de partage d’informations, souligne la responsable du pôle TP. Il reste à définir aussi le contenu de la base de données, la propriété de celles-ci et les conditions de leur transfert ou de leur diffusion, à établir encore des critères d’accès aux informations ou de divulgation des données en fonction de la typologie des utilisateurs. Un producteur d’éléments en béton n’a pas forcément envie de dévoiler ses formulations. « Qui lit quoi et comment ? », telle est la question à résoudre, résume Sophie Jacob.

Vers une expérimentation de terrain

L’objectif est de faire converger les visions des industriels du béton et de leurs partenaires vers un tronc commun de données partagées, préalable à la mise au point d’une infrastructure de collecte à même de satisfaire leurs besoins. Le pôle TP du Cerib a élaboré un cahier des charges ouvert pour éclairer les différentes facettes du projet, un rapport de synthèse a été diffusé aux fabricants de produits en béton pour nourrir leur réflexion. Le centre de recherche espère les accompagner dans cette démarche et les aider à trouver une solution correspondant à leurs attentes. Par la suite, il pourrait se rapprocher des concepteurs et intégrateurs de solutions RFID pour étudier avec eux la faisabilité d’une intégration pérenne des puces dans les canalisations et les éléments de raccordement. A terme, une expérimentation en grandeur réelle pourra être envisagée. Peut être avec une des collectivités qui ont déjà utilisées des puces pour localiser leurs réseaux.

J.D