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Réseaux – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Une amélioration de l’activité qui n’est pas encore inscrite dans la durée »

5 décembre 2016
<span>Réseaux</span> – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Une amélioration de l’activité qui n’est pas encore inscrite dans la durée »

Après une baisse de 6 % puis 8 % en 2014 et 2015, 2016 devrait marquer une amélioration de la conjoncture pour les entreprises de pose de canalisations, avec un retrait compris entre -3 % et 0. Si le rebond de l’activité des travaux publics se poursuit l’an prochain, les canalisateurs envisagent de renouer avec la croissance.

Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : "Les appels à projets des agences de bassin continuent à se mettre en place et laisse espérer que du potentiel se libère."

Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Les appels à projets des agences de bassin continuent à se mettre en place et laisse espérer que du potentiel se libère. »

« L’année a été très compliqué dans sa visibilité, explique Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France. Nous avons connu un début de premier semestre difficile, avec peu de mises en chantier, de l’activité partielle encore, puis une accélération très importante, à la limite de la surchauffe, au troisième trimestre, qui se poursuit sur la fin de l’année. Si nous lissons l’activité sur l’année, nous avons quand même un atterrissage négatif, avec une prévision comprise entre -3 % et 0 au mieux en 2016, alors que l’activité des travaux publics serait plutôt positive. Dans la canalisation, nous avons encore du retard au démarrage. »

Prix au plancher

Toujours tiré vers le bas, les prix ont néanmoins et probablement atteint un plancher. Bien qu’ils soient « inférieurs au coût de revient réels » depuis quelques années, les entreprises se sont efforcées de maintenir leur activité, leurs savoir-faire et leurs effectifs avant de se résoudre « à licencier dans le dur », déplore Alain Grizaud, en espérant que les donneurs d’ordres prennent conscience de la nécessité d’une remontée des prix, indispensable s’ils veulent des réseaux pérennes. « La qualité low cost n’existe pas », insiste le chef de file des canalisateurs.

Les professionnels ont été également confrontés à « l’attentisme budgétaire » et au « décalage des mises en chantier », indique Alain Grizaud. « Avant, ajoute-t-il, nous avions un roulement d’appels d’offres qui permettait de faire le chevauchement entre la nouvelle ère budgétaire et les budgets passés ou glissants. Aujourd’hui, les décisions sont très longues prendre, les entreprises attendent et le jour où le projet sort, elles doivent le réaliser, sans que la question soit posée de savoir si le peuvent ou non. »

L’emploi préservé

C’est ainsi que s’explique la surchauffe du deuxième semestre : « L’activité qui aurait pu être lissée sur douze mois, mais il nous est demandé de la réaliser sur six mois, ce qui pose quelques problèmes. » A contrario, « c’est un bon point pour l’évolution des chiffres d’affaires, souligne Alain Grizaud avec ce bémol : « Il faudra voir si cette tendance se confirmera en 2017. » Car « l’amélioration » enregistrée cette année « n’est pas encore inscrite dans la durée. » Pour l’instant, le chef de file de Canalisateurs de France se refuse à parler de reprise. Encourageant tout de même, « les entreprises n’ont pas détruit d’emplois permanents. » Contrairement aux années précédentes, les effectifs sont restés stables. « Aujourd’hui, observe Alain Grizaud, les entreprises sont plutôt dans une dynamique d’embauche que de licenciement. » Une dynamique qui est liée « à une reprise de la confiance » et à la nécessité de conserver les compétences en renouvelant la pyramide des âges. « Nous ne sommes plus en dépression d’emploi net », insiste le représentant des canalisateurs.

Stabilité ou légère hausse d’activité en 2017

Comment se présente 2017 ? « A ce jour, nous n’avons pas trop de visibilité, confie Alain Grizaud avec cette nuance : Malgré tout, les appels à projets des agences de bassin continuent à se mettre en place et laisse espérer que du potentiel se libère. Mais quantifier et dire ce que sera 2017 aujourd’hui, on ne le sait pas. Si l’on suit la courbe des travaux publics en général, s’ils redémarrent avec l’urbanisation, la nécessité de créer des infrastructures globales, voiries, réseaux… on pourrait imaginer être dans une continuité avec peut-être, une légère amélioration, mais sous toute réserve. Si au lieu d’être entre – 3 % et 0 comme cette année, nous avons une possibilité d’être à 0 ou entre 0 et +1 %, ce sera pas mal. »

Encourageant là aussi, les actions de sensibilisation menée par canalisateurs de France sur la nécessité de renouveler les réseaux « commence à apporter un peu d’activité, ce qui se retrouve dans les appels à projets. » La ministre de l’Ecologie elle-même n’y a pas été insensible, se réjouit son président. Aujourd’hui, les agences de l’Eau doivent « améliorer les taux de rendement des réseaux et limiter les pertes en ligne. » Les entreprises de canalisation abordent donc 2017 « avec sérénité et foi en l’avenir. » La problématique de l’eau est devenu un enjeu national : « On se rend compte que les infrastructures vieillissent et se fragilisent, qu’il est nécessaire de les renouveler. » La question du financement reste une pierre d’achoppement.

Impliquer l’usager dans le financement des réseaux

Motif de satisfaction néanmoins : « Le tabou du financement commence petit à petit à tomber. » Le président de Canalisateurs de France insiste sur la nécessité de réserver les ressources des agences de l’Eau à l’eau et d’éviter de réorienter une partie de celles-ci pour financer les causes environnementales ou abonder le budget de l’Etat. De la même manière, il regrette que certaines collectivités locale dont la capacité d’autofinancement s’améliore parce qu’elles ont amortis ou sont en passent d’amortir leur premiers équipements en profitent pour réduire la tarification du service de l’eau à l’usager au lieu de les réinvestir dans les infrastructures de réseaux.

Pour Canalisateurs de France, l’usager doit participer davantage au financement de leur renouvellement. C’est pourquoi l’organisation professionnelle défend « l’idée de réserver ou sanctuariser une partie de la tarification de la facturation de l’eau à leur profit. » Face à « des besoins de rénovation grandissants », Il s’agit mettre de rompre avec « les politiques d’attentisme » ou d’action dans l’urgence et de « mettre en place une programmation à long terme. »

Inquiétude sur le financement des Semop

Derniers sujets de préoccupation des canalisateurs : l’impact de la loi Notre et les marchés à procédures adaptées. Dans la mesure où les prises de compétences ne seront probablement pas toutes réalisées avant 2020, il est encore très difficile d’apprécier les conséquences de la première, indique Alain Grizaud : « Pour l’instant, il y a autant de retours positifs que négatifs. » Le représentant des canalisateurs exprime une double inquiétude. La première renvoie aux « retards de décision » liés à la mise en place des nouvelles structures ; la seconde, au financement des SEMOP (sociétés d’économies mixte à opération unique). Celles-ci ouvriront leur capital au secteur privé même si elles resteront présidées par les élus. Alain Grizaud craint que les investissements n’aillent aux opérateurs et que les marchés disparaissent du domaine public.

Pour ce qui est marchés à procédures adaptées, le président de Canalisateurs de France relève deux effets pervers : la propension des donneurs d’ordres à renégocier les offres en permanence, l’ouverture et l’exposition des variantes à la concurrence au détriment de la protection intellectuelle de celles-ci.

J.D

Chiffres clés 2015

– 8 % de chiffre d’affaires, dont :

-8,4 % pour les réseaux d’eau et d’assainissement

-7,9 % pour les canalisations de gaz et fluides divers.

– 10 % en Normandie, dans le Centre, en Auvergne Rhône-Alpes, dans le Grand-Est et en Île-de-France

– 5 % de postes (34 000 salariés)

– 10 % pour les employés, techniciens et agents de maîtrise

 

Une nouvelle formation de gazier

GRDF, GRT Gaz et Canalisateurs de France ont signé une convention avec l’Education nationale pour créer un nouveau cursus de formation initiale dans le secteur du gaz, un secteur dans lequel 2 000 postes seront à pourvoir d’ici à 2018. Cette formation en alternance de deux ans permettra d’obtenir un titre de niveau IV, équivalent à un bac professionnel. A la rentrée 2017-2018, cette offre sera complétée par l’ouverture d’un « Bac pro technicien réseau gaz ». La signature de cet accord complète le dispositif lancé il y a un peu plus d’un an par les acteurs du secteur avec le lancement d’une première formation de « technicien réseau gaz » dans neuf centres de formation d’apprentis.