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Réseaux – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Une amélioration de l’activité des entreprises »

9 octobre 2017
<span>Réseaux</span> – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Une amélioration de l’activité des entreprises »

L’activité des entreprises de pose de canalisation a sensiblement augmenté au cours des six premiers mois de l’année. Canalisateurs de France table sur une progression de 5 à 6 % sur l’exercice en cours. Une « amélioration » de la situation qui peut déboucher « sur une reprise durable » à condition de relever ou de sacraliser la tarification de l’eau, explique Alain Grizaud, son président.

Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « L’autonomie des services de l’eau est liée au relèvement ou la sacralisation de la tarification de l’eau pour leur donner les moyens de financer le maintien, l’amélioration ou le renouvellement des infrastructures. »

Un premier semestre en repli l’an passé, puis un second dont la progression a permis de compenser ce repli pour terminer l’exercice en équilibre et stabiliser l’activité un peu en deçà de la tendance générale enregistrée dans les travaux publics : les entreprises de pose de canalisations ont réalisé une année 2016 « en demi-teinte », rappelle Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France.

Le redémarrage s’est poursuivi au premier semestre. Une croissance à deux chiffres par rapport aux six premiers mois de l’an dernier mais qui ne se concrétisera pas sur l’ensemble de l’exercice.

« Au premier semestre, les entreprises ont recueilli les fruits des appels à projets qui ont été lancés par les agences de l’Eau fin 2016. Les premiers chantiers se sont ouverts en début d’année et continuent de s’ouvrir dans certains bassins d’activité. C’est un bol d’oxygène qui remplit le trou d’air que nous constations ces dernières années au premier semestre », se réjouit Alain Grizaud.

Les carnets de commandes témoignent de cette amélioration : ils sont passés de 3,8 à 4,7 mois d’une année sur l’autre. « Mais attention, ce sont des chiffres macroéconomique à pondérer selon les régions et la taille des entreprises, avertit le représentant des canalisateurs. Les TPE mono-secteur ou mono-territoire sont encore impactées par la situation économique de leur bassin. Il y a des disparités importantes selon les lieux. »

La région parisienne est en état de grâce. Le Grand Paris, « un aspirateur d’activité qui doit peser entre 1 et 1,5 % du PIB produit par les travaux publics en France », joue un rôle de levier.

« La tendance générale est une inflexion de la courbe vers la haut », résume le président de Canalisateurs de France, qui table sur une augmentation de l’activité de 5 à 6 % cette année. Alain Grizaud confirme « une amélioration » de la situation des entreprises mais il ne parlera de reprise que lorsqu’il y aura « une constante à cette amélioration », à savoir des financements pérennes pour les investissements nécessaires au renouvellement des réseaux de canalisations d’adduction d’eau et d’assainissement.

Relever ou sacraliser la tarification de l’eau

L’enveloppe de plus de 400 millions d’euros que le ministère des Finances se prépare à ponctionner auprès des agences de l’Eau ne va pas dans ce sens, explique le chef de file de Canalisateurs de France. Elle est même contradictoire avec les annonces faites en septembre par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, de s’attaquer aux réseaux fuyards.

« Oui, nous avons touché le fond, souligne Alain Grizaud. Oui, nous avons plus de visibilité sur les carnets de commandes. Oui, il y a une inflexion positive de l’activité, mais il faut la stabiliser en maintenant et même en augmentant les enveloppes financières pour lutter contre les fuites ou les pollutions et pour sortir d’un taux de renouvellement qui n’a pas évolué – 0,46 ou 0,53 selon les réseaux. »

Le porte-parole des canalisateurs suggère, par exemple, que l’enveloppe qui avait été allouée à la remise en état des stations d’épuration soit réattribuée aux services de l’eau et de l’assainissement.

Sur le fond, Alain Grizaud estime qu’il faut en finir avec « la fiscalisation du service de l’eau » ou avec l’affectation de leurs ressources à d’autres objets que le leur, laquelle est susceptible d’enlever aux collectivités locales les moyens d’entretenir leur patrimoine et de faire obstacle à un redémarrage durable de l’activité des entreprises de pose de canalisation.

Pour l’essentiel, ajoute-t-il, le financement des travaux repose sur la subvention des Agences de l’Eau, puisque les fonds européens ne sont pas sollicités. « L’autonomie des services de l’eau est liée au relèvement ou la sacralisation de la tarification de l’eau pour leur donner les moyens de financer le maintien, l’amélioration ou le renouvellement des infrastructures », assure le président de canalisateurs de France.

Dernier motif d’insatisfaction des professionnels du secteur : le non-respect des prescriptions de la loi Grenelle II et de ses arrêtés par certaines collectivités locales et par certains services de l’eau. Le descriptif détaillé des réseaux n’est pas encore terminé (70 % environ) ni l’inscription des données à la base Sispea, éclaire Alain Grizaud. Or l’un et l’autre peuvent offrir « un socle » à partir duquel il sera possible de définir les besoins globaux en infrastructure, de hiérarchiser les priorités et de programmer les travaux.

J.D