Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Marchés - Recyclage – Des « fines » de bétons recyclés dans les liants hydrauliques ou dans les ciments

Recyclage – Des « fines » de bétons recyclés dans les liants hydrauliques ou dans les ciments

20 septembre 2016
<span>Recyclage</span> – Des « fines » de bétons recyclés dans les liants hydrauliques ou dans les ciments

Avec l’appui de Planète Recyclage, la plateforme de recyclage des déchets de démolition de l’entreprise Charier, l’Université de la Rochelle s’est penchée, dans le cadre du projet de recherche Recyment, sur la possibilité de valoriser les « fines » issues du concassage de bétons de démolition dans les liants hydrauliques utilisés en sous-couches routières ou en traitement de sol et en ajout dans les ciments.

Valéry Ferber, directeur Environnement & Innovation de Charier : L’idée d’incorporer des fines de bétons concassés dans des liants routiers destinés au traitement des sols permettra d’avoir un cadre un peu moins rigide et un peu moins exigeant tout en donnant une bonne valeur au produit final. »

Valéry Ferber, directeur Environnement & Innovation de Charier :  » L’idée d’incorporer des fines de bétons concassés dans des liants routiers destinés au traitement des sols permettra d’avoir un cadre un peu moins rigide et un peu moins exigeant tout en donnant une bonne valeur au produit final. »

Soutenu financièrement par l’Ademe et piloté par le Laboratoire des sciences de l’Ingénieur pour l’environnement (LaSIE) de l’Université de La Rochelle avec l’appui de la plateforme de recyclage de la société Charier (construction routière, génie civil, déconstruction…), le projet Recyment vise à valoriser les bétons de démolition en utilisant les « fines » ou les poussières obtenues après concassage comme liant hydraulique ou en ajout dans les ciments. « En exploitant le potentiel réactif de ces fines, il devient possible de les utiliser comme liant hydraulique routier ou directement en substitution partielle du ciment dans les bétons », confirme Valéry Ferber, directeur Environnement et Innovation de Charier. Aiguillonnés par la réglementation et par la nécessité d’utiliser au mieux les ressources naturelles en granulats, les entreprises de travaux publics se sont attachées, ces dernières années, à produire et à réutiliser les déchets de déconstruction. L’an passé, la loi sur la transition énergétique a accentué cette tendance en imposant des objectifs de taux de recyclage de plus en plus ambitieux aux maîtres d’ouvrage.

Recyclage en sous-couches routières…

Différentes expérimentations ont été menées dans le cadre du projet Recyment. A La Rochelle, la plateforme Planète Recyclage a réalisé des planches d’essai pour comparer différentes formules de graves recyclées avec des graves naturelles dioritiques ou calcaires et simuler leur comportement dans des sous-couches routières. Les résultats obtenus en laboratoire et in situ sont prometteurs. La portance des graves recyclées est sensiblement améliorée, compte tenu de l’activité du ciment résiduel dans le béton concassé. L’entreprise y voit la possibilité d’ouvrir une nouvelle filière de valorisation des déchets de démolition encore souvent expédiés à la décharge en utilisant les fines de concassage comme liant hydraulique. En les substituant à une partie du clinker qui entre dans la composition des liants classiques, comme le ciment Portland, elle y voit également la possibilité de réduire la consommation des matériaux cimentaires naturels mais aussi la production de gaz à effet de serre des cimenteries (1 tonne de CO2 environ par tonne de ciment).

… Et en traitement de sols

Planète Recyclage a également conduit avec l’Université de La Rochelle « une recherche sur la valorisation de certaines fractions du béton concassé – plutôt les fines mais aussi la partie sableuse – qui, une fois broyées, ont été testées comme substitut d’une partie du liant routier pour faire du traitement de sol », ajoute Valéry Ferber. Cette recherche a permis de démontrer qu’il était possible « de formuler du liant routier contenant 50 % de sable broyé et de fines de béton concassé et 50 % de clinker, et que ce liant avait les mêmes performances qu’un liant routier classique en traitement de sol. » A terme, c’est la possibilité de valoriser ces bétons dans une application plus noble que celle qui consiste à en faire des graves concassés pour les sous-couches routières. C’est la possibilité égalemlent de redonner au granulat tertiaire valorisé dans un liant routier une valeur qui est au moins équivalente à celle qu’il avait dans le béton, alors que celle-ci tend à s’amoindrir quand il est réutilisé comme caillou de seconde main en grave de sous-couche. Le projet Recybéton étudie lui aussi la possibilité d’utiliser les fines de béton concassé dans les ciments, rappelle le directeur Environnement et Innovation. Qui commente : « C’est assez difficile dans les ciments pour béton qui sont soumis à un suivi de qualité et de régularité très élevé. L’idée de les incorporer dans des liants routiers destinés au traitement des sols permettra d’avoir un cadre un peu moins rigide et un peu moins exigeant tout en donnant une bonne valeur au produit final. Car le suivi qualité et la normalisation des liants routiers sont beaucoup moins contraignants. »

Recyment à terme

img_4529Le projet Recyment arrive à son terne courant septembre. Premier enseignement : « A condition de les élaborer avec de bons processus de concassage et de bien trier les matériaux en amont », les performances des graves recyclées augmentent avec le temps, elles sont beaucoup plus fortes que celle des graves naturelles. « Sans aller jusqu’à dire que l’on mettra moins d’enrobé », il s’agit d’inciter les maître d’ouvrage à ne plus considérer les graves de béton concassés comme des matériaux de seconde zone. « Lorsqu’ils sont élaborés correctement, ces matériaux peuvent avoir, au moins, les mêmes performances que les graves naturelles », souligne Valéry Ferber. A l’avenir, il espère que les donneurs d’ordre les accepteront non pas seulement comme en variante, mais comme « solutions de base avec leurs spécifications propres, granulométrie, sulfates… » Un guide régional de valorisation des graves de béton est en cours d’élaboration avec le cluster Novabuild pour aider les maîtres d’ouvrageà préciser ces spécifications dans leurs cahiers des charges (CCTP) et les entreprises à garantir le comportement de leurs matériaux sur les chantiers. Deuxième enseignement : à terme, il sera possible de valoriser la fraction la plus fine des graves concassées (celle-ci peut représenter 40 à 50 % des tonnages) en liant routier dans un mélange contenant moitié de ciment clinker et moitié de fines de béton concassé. Cela donnera « plus de valeur au béton concassé » et le rendra plus compétitif face au granulat naturel.

J.D