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Profession – Renouer avec les fondamentaux du métier

30 mars 2015
BERTRAND CARRET PRÉSIDENT DES LOUEURS AU SEIN DU DLR « Notre profession arrive à un point où l’on se doit de réagir ».

BERTRAND CARRET PRÉSIDENT DES LOUEURS AU SEIN DU DLR
« Notre profession arrive à un point où l’on se doit de réagir ».

Depuis 2008, les ratios de la profession ne cessent de se dégrader pour atteindre un niveau inquiétant. Une situation que dénonce Bertrand Carret, président des Loueurs au sein du DLR, qui invite ses confrères à se conformer aux conditions générales de location.

Pour Bertrand Carret, président du groupe Location du DLR à l’image des pressions que subissent les fournisseurs de la grande distribution, « les loueurs sont victimes de la pression sur les prix qu’exercent les grands comptes du BTP », dans le cadre d’un rapport de force déséquilibré, résultant de la concentration du secteur client. Plus globalement, cela traduit les difficultés de l’ensemble de la filière Construction et déstabilise toute la profession.

Taux de rotation du parc, retour sur investissement, durée de location, niveaux de prix… Tous les indicateurs des loueurs sont orientés à la baisse. Une situation imputable à une baisse globale de la demande mais aussi à une offre excédentaire, une déflation tarifaire continue et une incapacité des acteurs de la location à tenir leurs prix alors que leurs coûts s’apprécient. « Nous achetons les matériels plus cher et nous les louons moins cher », résume Bertrand Carret. Face à cet effet ciseau, les premiers dépôts de société de location sont constatés.

FRUGALITÉ

Devant cette situation, Bertrand Carret invite ses confrères à mieux s’organiser entre eux, en recourant davantage à la sous-location. Avantage ? Maîtriser les achats en limitant la taille des parcs qui seraient ainsi plus en adéquation avec la demande. Une pratique courante dans la location de voiture qui permet de tenir les prix et d’optimiser les taux de rotation du parc. Autre piste de progrès, une surveillance plus rigoureuse du retour sur investissement (Return On Investment). Véritable juge de paix pour le loueur, le ROI est le rapport du chiffre d’affaires divisé par la valeur du parc à neuf. « Dans les années 2000, la profession affichaient des ROI de 50 %, certaines étant passées depuis en dessous de 40 % », déplore Bertrand Carret. En cause, des parcs trop importants donc sous exploités mais aussi des prix bas et des volumes de location moindre.

Autre solution, arrêter d’investir, voire « dé-flotter », c’està- dire réduire son parc, ce qui, dans les deux cas, hypothèquent l’avenir. Le risque est de se retrouver face à des besoins de renouvellement considérables dans le premier cas, le danger étant de ne pas être en situation de profiter du redémarrage de l’activité dans de second cas. De fait, la meilleure alternative serait de mettre fin à la baisse des prix, et faute de pouvoir le faire, de respecter les conditions de location au sens strict. « Il faut résister aux gestes commerciaux nos justifiés, comme la non facturation des bris de machines, des transports, des jours de location ou même des assurances, insiste Bertrand Carret. Il faut également pouvoir valoriser les investissements réalisés pour se conformer aux réglementations sur la gestion des déchets et la collectes de polluants ». Une difficulté de plus quand certains grands groupes vont jusqu’à dénoncer le paiement de l’éco-pastille, pourtant obligatoire, dans le cadre de contrats cadre.

RISQUES DIVERSIFIÉS

Dans une approche traditionnelle du métier, et face aux nouvelles formes de concurrence émanent des acteurs de l’Internet, des réseaux de distribution et des constructeurs, les loueurs doivent capitaliser sur leur professionnalisme. Spécialistes ou généralistes, ils peuvent également chercher à diversifier leurs clients sur leur marché domestique comme l’étranger. Des relais de croissance accessibles dans un métier qui, à l’échelle hexagonale et européenne, n’est qu’au début de sa consolidation.

Jean-Noël Onfield

 

LES CHIFFRES LOCATION

3,6 milliards d’euros (CA)

– 5 % (variation / 2013)

– 11 % investissements soit

19 % du CA de la profession

+ 9 % valeur de parc

-2 % age moyen