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Profession – Les entreprises franciliennes de TP plaident pour un plan de continuité

2 novembre 2020
<span> Profession <span/> – Les entreprises franciliennes de TP  plaident pour un plan de continuité

Face à l’urgence de relancer la commande publique, la fédération régionale des travaux publics d’Ile-de-France alertent les pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, un plan de continuité. Explications.

Si le plan relance annoncé par le gouvernement est bien reçu, il ne répond cependant pas aux enjeux à court termes des entreprises franciliennes de TP, dans la mesure où ses effets ne se feront sentir qu’à partir du second semestre 2021. Une échéance lointaine au regard de la réalité actuelle de la filière. « Un tiers de nos entreprises éprouve déjà de fortes craintes pour la continuité de leur activité en début d’année prochaine », explique José Ramos, président de la FRTP Ile-de-France. « L’urgence est de mettre en œuvre un plan de continuité, qui passe notamment par la mobilisation des collectivités locales et des intercommunalités. Les projets sont là, les financements aussi. C’est essentiellement la désorganisation de la chaîne de décision qui freine la sortie des appels d’offres ». Les annonces du Président de la République le 28 octobre précisant les modalités du nouveau confinement sont bien accueillies. Plaidant pour un reconfinement « adapté », avec des mesures graduées et régulièrement évaluées, José Ramos, souligne que « dans les faits, nous constatons très peu de contamination sur le lieu de travail. L’Entreprise semble constituer une digue solide contre la propagation du virus. Les conditions sont donc réunies pour concilier la santé et économie. A l’heure de la dématérialisation et du télétravail, il est impératif de mettre en place les solutions techniques et organisationnelles permettant d’assurer la continuité des circuits de décisions et donc de l’activité économique sur nos territoires et pour nos entreprises ». De fait, le bon fonctionnement des circuits de décision de la filière pour que ordres de service, arrêtés de voirie, visites de chantier, règlements des entreprises puissent se faire à nouveau normalement est indispensable. La chaîne de la décision doit être en place. Au-delà de la baisse d’activité significative, les conditions de règlement tendent à s’allonger, avec des délais de règlement des factures pouvant atteindre 6 voire 9 mois. En outre, le nombre de règlements en souffrance ne se résorbe pas.

José Ramos, président de la FRTP Ile-de-France ; « Un tiers de nos entreprises éprouve déjà de fortes craintes pour la continuité de leur activité. Ce sont entre 20 et 30% de nos emplois directs qui sont menacés en Ile-de-France ! ».

Carnet de commandes

Jusqu’à présent, et malgré l’effondrement des appels d’offre à hauteur de – 30% au 16 octobre par rapport à la même période de 2019, la profession a maintenu l’emploi et ses efforts pour accueillir des jeunes. En cause, le ralentissement traditionnellement observé les années d’élection municipale, amplifiée par les effets de la Covid-19. Conséquence : un tiers des entreprises éprouve déjà de fortes craintes pour la continuité de leur activité. Ce sont entre 20 et 30% des emplois directs qui sont menacés en Ile-de-France, soit plus de 15 000 familles qui pourraient potentiellement être impactées. De fait, certains maîtres d’ouvrages publics n’ayant pas forcément budgété les conséquences de la crise sanitaire, ont bloqué les appels d’offres. « Les Grands chantiers ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Les chantiers du quotidien sont en panne », déplore José Ramos. « Depuis septembre, la situation est difficile pour certains. Le carnet de commandes de nos entreprises est inférieur à 3 mois d’activité ». Une situation d’autant plus critique qu’un nouveau cycle électoral (élections régionales et départementales), se profile en 2021. Si la région Ile-de-France a consommé l’intégralité du volet Transport inscrit à son contrat de plan Etat-Région, l’envolée des dépenses liées au versement du revenu de solidarité active (RSA), soit près de 12% en 2020, pénalisent de facto, la capacité d’investissement des départements en 2021. A titre indicatif, cela représente 15 millions d’euros pour le département de l’Essonne et 35 millions pour la Seine-Saint-Denis. Alors que début septembre le recul de l’activité était attendu a -15%, il s’inscrit désormais entre -18 à -20% à fin 2020. L’emploi, qui jusqu’ici en temps plein avait résisté au détriment d’une dégradation de l’intérim pourrait être impacté dès la fin de l’année.

Marchés publics

En comparaison avec d’autres régions, l’Ile-de-France reste privilégiée. Sur les 45 mds d’euros alloués à la relance du secteur dans notre pays, la région capitale va capter 1,2 Mds à l’horizon 2022. L’enveloppe affectée à la relance des territoires n’ayant pas encore été traitée, sa déclinaison régionale reste à préciser. Toute la problématique réside dans l’identification des travaux à réaliser au premier trimestre 2021. A ce titre, la promulgation de loi autorisant la remontée du seuil des appels d’offre des marchés publics à 100 000 euros, contre 40 000 € et 70 000 € en phase intermédiaire, constitue une avancée pour relancer l’activité à court terme, notamment au sein des équipes municipales reconduites. Pour la FRTP, la priorité doit être donnée aux travaux d’entretien, qui ont l’intérêt, à chiffre d’affaires comparable, de mobiliser 20 à 30% de personnel supplémentaire. Routes et voiries communales, réseaux humides et réseaux secs, fibre, ouvrage d’art,…. les besoins sont pressants. Les travaux pourraient être rapidement lancés, l’essentiel des chantiers s’inscrivant dans des accords-cadres. La bonification des investissements, au travers du FCTVA dynamiserait immédiatement l’activité dès les premiers mois de l’année prochaine.

Rappelons que les collectivités locales ont jusqu’au 31 mars prochain pour engager des travaux dans la mesure où l’opération aura été entérinée sur le budget de l’année 2020. Une aubaine pour les communes, sous réserve d’alléger « momentanément » les contraintes administratives et législative, que la FRTP entend sensibiliser et ainsi « sauver » les premiers mois de l’année. A moyen terme, il faudra accompagner le report modal vers les transports en commun en aménagement des parkings relais et préparer l’arrivée de nouvelles énergies en implantant les infrastructures pour les véhicules électriques, mais aussi ceux fonctionnant au gaz à l’hydrogène.

J-N.O

Photo : La Covid-19 a entraîné un retard dans l’exécution des chantiers, qu’il sera impossible à rattraper.