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Matériaux – Présidentielle : sept propositions de la filière béton pour soutenir l’activité

6 mars 2017
<span>Matériaux</span> – Présidentielle : sept propositions de la filière béton pour soutenir l’activité

Association récemment créée par cinq organisations professionnelles représentative des producteurs de matériaux*, « La filière béton » formule sept propositions à l’attention des candidats à la Présidentielle. Objectif : soutenir l’activité de cette branche d’activité en tenant compte des nouvelles attentes sociétales en matière d’environnement ou de cadre de vie.

Raoul de Parisot, président de « La filière béton ».

Raoul de Parisot, président de « La filière béton ».

Plutôt qu’un « plaidoyer pro domo », les producteurs de granulats, de ciment et de béton disent avoir voulu partir des besoins des Français pour définir leurs propositions et préciser les réponses qu’ils pouvaient leur apporter, explique Raoul de Parisot, président de la filière béton et chef de file du Sfic. Pour l’association, ces besoins sont au nombre de trois : se loger, posséder un emploi et respecter l’environnement.

Trois enjeux sociétaux

Pour les professionnels, qui insistent sur la nécessité de construire 500 000 logements par an, ils sous-tendent trois grands enjeux : optimiser l’espace urbain et la qualité de vie, renforcer les liens entre métropoles et territoires, revaloriser le savoir-faire français en matière construction.

Trois enjeux qui entrent en résonnance si l’on considère que les grandes agglomérations consomment une bonne part des matériaux qui sont produits en zones rurales par les carrières, les cimenteries, les usines à béton ou de préfabrication d’éléments en béton. Des unités pourvoyeuses d’emplois locaux « non délocalisables. »

Depuis que Louis Vicat a posé les principes de l’hydraulicité en 1817, la filière est devenue un acteur économique majeur, souligne Raoul de Parisot. Selon une étude européenne citée par ce dernier, un euro investi dans la filière en génère 2,8 dans l’ensemble de l’économie et un emploi direct débouche sur la création indirecte de trois postes.

Favoriser une approche collaborative des ouvrages

Pour tenter de répondre à ces enjeux sociétaux, la filière béton formule sept propositions à l’attention des candidats à la Présidentielle et plus largement, des pouvoirs publics et des donneurs d’ordres.

S’agissant du premier d’entre eux, Alain Plantier, vice-président de l’association et président du SNBPE, qui met l’accent la croissance de la population enregistrée en milieu urbain au cours des trente dernières années (+ 23 %, plus de 9 millions d’habitants), insiste sur la nécessité « de lutter contre l’étalement urbain, de faire rimer densité urbaine et qualité de vie » et de favoriser « une densification intelligente » en fédérant les acteurs concernés par l’acte de construire autour « d’une approche collaborative » et « d’un projet commun. »

De ces objectifs découlent quatre suggestions.  Un, libérer des réserves foncières en limitant la hausse des coûts et lancer un programme d’évaluation des réserves souterraines qui pourraient être mobilisées pour les transports ou les réseaux urbains.

Deux, favoriser la conception d’ouvrages évolutifs, modulables et durables susceptibles de s’adapter à « la mixité des usages. »

Trois, favoriser, également, le développement d’espaces ou d’ouvrages végétalisées mais aussi une gestion plus efficace des eaux de pluie et des réseaux.

Quatre, protéger les personnes et les biens en s’assurant de la résistance et de la stabilité des structures au feu. L’association propose d’ouvrir la réflexion sur les normes appliquées à certaines structures combustibles (bois, brique) et d’instaurer un moratoire en attendant d’élaborer de nouveaux outils de simulation des incendies.

Introduire le critère de recyclabilité dans les appels d’offres

Les deux derniers enjeux orientent les trois autres propositions de l’association. Philippe Gruat, son deuxième vice-président et président de la FIB, rappelle que 75 % de la croissance s’est concentrée dans les quinze plus grandes métropoles entre 2000 et 2010.

La tendance est partie pour durer et la concurrence s’exacerbera encore entre les grandes aires urbaines, tandis que les zones rurales risquent de se fragiliser davantage. La filière béton entend accompagner cette croissance en privilégiant les circuits courts et par conséquent, le développement économique local. Un développement auquel les carrières, les usines à béton et les centres de recyclage de déchets peuvent contribuer grâce à leur maillage territorial.

L’association suggère donc d’introduire un critère de recyclabilité des matériaux et d’élargir les clauses d’insertion existante aux emplois locaux dans les appels d’offres publics, de mettre en œuvre « le principe d’allotissement, clé d’accès à la commande publique pour les PME. »

La filière béton suggère également de favoriser la complémentarité entre les zones rurales productrices de matières premières et les zones urbaines qui les consomment en modernisant ou en adaptant les infrastructures de communication et celles de production agricole.

Dernière proposition : valoriser les expertises et les savoir-faire de la construction en les diffusant dans le système éducatif (« des collèges aux écoles d’ingénieurs », insiste Raoul de Parisot) pour améliorer « l’employabilité » des étudiants, mais aussi auprès des ingénieurs territoriaux qui rédigent les cahiers des charges dans les collectivités.

*SFIC, Unicem, FIB, UNPG, SNBPE.

J.D

Crédit photo : Chryso

Trois enjeux, sept propositions

. Conjuguer « optimisation de l’espace urbain » et « qualité de vie » 

  • Libérer des espaces qui permettent une densification intelligente ;
  • Favoriser la conception des ouvrages évolutifs, modulables et durables ;
  • Favoriser le développement de la nature en ville ;
  • Protéger les personnes et les biens ;

. Renforcer les liens entre les métropoles et les territoires 

  • Introduire dans la commande publique un critère d’économie circulaire ;
  • Favoriser la complémentarité rural-urbain ;

. Revaloriser l’excellence française en matière de construction ;

  • Valoriser les expertises et les savoirs de la filière construction.

 

 Chiffres clés

4 400 sites de production

12 milliards d’euros de chiffre d’affaires

65 000 emplois directs, dont 90 % en local

200 000 emplois indirects

56 % d’activité dans le bâtiment

44 % avec les travaux publics