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Matériaux – Léger mieux pour l’industrie cimentière

3 mai 2016
<span>Matériaux</span> – Léger mieux pour l’industrie cimentière

Le Syndicat de l’industrie cimentière (Sfic) compte sur la reprise de la construction de logements pour enrayer le recul de la consommation de ciment et la stabiliser cette année.

Selon l’organisation professionnelle, la consommation de ciment

Raoul de Parisot, président du Sfic : « La part des travaux publics est appelée à croître dans l’activité des cimentiers. »

Raoul de Parisot, président du Sfic : « La part des travaux publics est appelée à croître dans l’activité des cimentiers. »

s’est encore réduite d’un million de tonne l’an passé à 17,2 millions de tonnes (-5,3 %), le plus bas niveau enregistré depuis 1964 (18 millions de tonnes), commente Raoul de Parisot, son président. Depuis 2008, où elle avait atteint 24,8 millions de tonnes, elle s’est amenuisée d’un million de tonnes par an, souligne-t-il. Un repli que le porte-parole des cimentiers attribue à l’insuffisance des mises en chantier de logements (351 800 l’an dernier, contre près de 500 000 en 2007) dans le bâtiment et d’ouvrages dans les travaux publics. Conséquence, les cimenteries tournent aujourd’hui à 60 % de leur capacité de production : 15,6 millions de tonnes sur un total de 27 millions. Depuis 2007, les industriels ont perdu un milliard de chiffre d’affaires sur un marché en recul de 30 %. En proportion, l’emploi direct a moins souffert – les usines ont besoin de personnel qualifié pour continuer à tourner – mais il leur est de plus en plus difficile, dans ce contexte, d’amortir leurs investissements et de maintenir des effectifs peux flexibles, observe Raoul de Parisot. L’an passé, 1,5 millions de tonnes de ciment ont été importées de Belgique et du Luxembourg, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne, de Grèce ou de Turquie. Stables depuis 2012, les importations ont été multipliées par deux en dix ans, passant de 6 à 12 % du total de la consommation. Les exportations (Afrique du nord…) se maintiennent quant à elles alentour d’un million de tonnes.

Vers une stabilisation de la consommation

Les cimentiers ont attaqué l’année sous de meilleurs auspices. La consommation pourrait avoir touché le fond et commencer à rebondir. Les premiers signes d’un redressement de l’activité se font sentir depuis le dernier trimestre dans le logement et dans une moindre mesure, dans l’entretien et la rénovation, avec une progression de 5,5 % et de 0,4 % attendue respectivement cette année dans ces deux secteurs, le non-résidentiel, les travaux publics (terrassement, génie civil, route) et la commande locale restant orienté à la baisse. « Cela commence à se traduire dans les livraisons depuis deux ou trois mois », indique Arnaud Périgord, responsable des Affaires économiques et statistiques du Sfic. Celles-ci ont progressé de 3,7 % en janvier et février. « Nous avons peut-être atteint le point bas de l’activité en 2015. Nous sommes sur une dynamique de légère reprise qui ne demande qu’à exploser dans les années à venir », se projette Arnaud Périgord. Néanmoins, les signes de relance sont « trop ténus » pour envisager « une reprise franche » – Les livraisons de granulats devrait baisser de 1% et celles de béton prêt à l’emploi croître dans la même proportion par exemple. Le Sfic reste prudent, il table sur une stabilisation de la consommation de ciment à 17,2 millions de tonnes cette année. A l’avenir, la filière peut trouver des relais de croissance dans la construction des infrastructures souterraines (Grand Paris…) qui accompagne « la densification des villes », de voies ferrées sans ballast dans les grands tunnels ou de massifs d’éoliennes, estime Raoul de Parisot. Le président du Sfic assure : « La part des travaux publics est appelée à croître dans l’activité des cimentiers ».

J.D

 

Chiffres clés

 5 producteurs de ciment

40 sites industriels

2,3 milliards de chiffre d’affaires

5 000 emplois directs

1/3 de la production dans le bâtiment

1/3 dans les travaux publics

1/3 dans le non-résidentiel, l’entretien et la rénovation de logements

 

Une industrie tournée vers l’économie circulaire

Déchets dangereux (solvants, boues d’épuration…) et combustibles solides de récupération (CSR) issus des déchetteries : les cimenteries brûlent 900 000 tonnes de rebuts par an dans leurs fours en remplacement du charbon. Elles économisent ainsi 500 000 tonnes d’équivalent pétrole. La filière s’est fixée comme objectif de porter son taux de substitution (38 %) au niveau de ses voisines européennes (60 % en Allemagne). Elle envisage de porter sa consommation de CSR de 280 000 à 1 millions de tonnes d’ici à 2020 pour hisser ce taux à 50 %. Les cimentiers recyclent aussi 2,4 millions de tonnes de déchets minéraux : laitiers, cendres volantes, chutes de gypse, oxydes de fer qui sont incorporés dans le clinker, le composant à base de calcaire et d’argile du ciment.