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Matériaux – Géosynthétiques : des producteurs et des applicateurs enclins à l’optimisme

10 avril 2017
<span>Matériaux</span> – Géosynthétiques : des producteurs et des applicateurs enclins à l’optimisme

Le secteur des géosynthétiques a vu croître régulièrement son chiffre d’affaires au cours de la dernière décennie. Si les relais de croissance se trouvent plutôt à l’international, les fabricants et les poseurs de géotextiles comptent sur le lancement de nouveaux grands chantiers pour soutenir leur activité nationale.

Yves Durkheim, vice-président du Comité français des géosynthétiques : « « La croissance sera tirée davantage par l’international que par le marché hexagonal. »

Yves Durkheim, vice-président du Comité français des géosynthétiques : « « La croissance sera tirée davantage par l’international que par le marché hexagonal. »

« Société savante » qui fédère des maître d’œuvre et des maîtres d’ouvrage, des producteurs et des applicateurs de géosynthétiques, des établissements d’enseignement et des laboratoires de recherche et d’essais, des bureaux d’études et des entreprises de BTP, le Comité français des géosynthétiques (CFG) a attiré à Lille, début mars, 3 à 400 professionnels autour de conférences techniques et d’une exposition réunissant une quarantaine de fabricants et de poseurs de géotextile.

Au centre des débats, des sujets récurrents et sous-jacents aux enjeux professionnels : l’usage des géosynthétiques dans les domaines du génie civil, de la route, des centres de stockage de déchets ou encore, des ouvrages hydrauliques.

« Organisées tous les deux ans, les « Rencontres géosynthétiques » sont vraiment une vitrine qui permet de montrer les applications de ces produits sur les chantiers courants ou un peu particuliers et ceux qui servent de support ou de tremplin aux recherches », souligne Yves Durkheim, vice-président du CFG.

Une activité en progression régulière

il-faut-se-mefier-de-leau-qui-dorsQuid de l’activité 2016 pour les producteurs et les applicateurs ? « Dans le domaine des géosynthétiques, nous avons toujours connu une progression, explique le porte-parole de l’organisation professionnelle. Elle a été importante dans les années quatre-vingt dix et deux mille. Elle s’est tassée depuis 2008-2010 mais il y a toujours une petite progression, 3 ou 4 % par an. »

Le secteur n’a pas été totalement épargné par la crise qui a frappé la construction. « Même si les géosynthétiques trouvent un peu plus d’applications, cela ne veut pas dire que le marché grandit, observe Yves Durkheim. Cela veut simplement dire que les entreprises vont chercher dans les géosynthétiques une technique qui leur permettra de réaliser des économies. C’est d’ailleurs la vocation de ces produits de proposer des solutions techniques astucieuses qui n’existeraient pas avec des matériaux naturels, mais également des solutions économiques. Partout où l’on voit les géosynthétiques progresser, c’est bien souvent pour essayer de trouver des solutions efficaces et économiques. »

Optimisme pour 2017

confinement-vertical-dun-site-pollueCette année, l’organisation professionnelle table sur une nouvelle progression de l’activité. Bémol : « Les entreprises travaillent dans un contexte économique qui est parfois difficile et qui fait que les entreprises mettent un peu plus la pression sur les fabricants et les applicateurs… La difficulté du marché de la construction se répercute fatalement sur l’économie des géosynthétiques au sens le plus large », commente le vice-président du CFG.

Signe encourageant : « On sent que l’activité a l’air de frémir un petit peu. C’est trop tôt pour le confirmer parce que l’on est encore en sortie de période hivernale, mais on sent un peu une reprise d’activité, de l’optimisme en tout cas. C’est déjà pas mal. L’autre aspect et c’est plutôt un espoir, c’est qu’il y ait des grands chantiers qui sortent en France. Le Grand Paris commence à démarrer, le démarrage sera lent mais il se fera sur vingt ans et donnera de l’activité sur un terme plus long. On parle depuis longtemps du canal Seine-Nord, c’est un peu un serpent de mer dont on voit de temps en temps la queue, mais c’est vrai qu’on aimerait bien voir sortir ce projet car il mobilisera des moyens importants et nécessitera des géosynthétiques. »

Relais de croissance à l’international

miroir« La croissance sera tirée davantage par l’international que par le marché hexagonal, remarque Yves Durkheim. Pour les quelques producteurs basés en France, l’international peut représenter jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires. C’est très significatif et même des sociétés qui posent des produits synthétiques vont essayer de trouver des relais de croissance à l’international. »

Quels sont les principaux débouchés des industriels tricolores ? « Nous avons de les liens économiques forts avec l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb et de façon plus ponctuelle, le Moyen-Orient ou l’Amérique du Sud. Ces pays ont notamment de gros besoins en infrastructures et qui dit infrastructures dit grands projets », répond le vice-président du CFG. L’Amérique du Nord, un marché qui progresse de 5 à 10 % par an, et l’Inde, où il croit de 15 à 20 %, sont également dans la ligne de mire des entreprises hexagonales.

Quels sont les segments d’activité les plus porteurs ? « Tous les secteurs connexes à celui des infrastructures le sont, indique Yves Durkheim. Pour les géosynthétiques, les volumes se trouveront plutôt là où il y a de grandes infrastructures linéaires : routières, ferroviaires ou aéroportuaires et derrière, les infrastructures complémentaires à l’habitat. Dans les pays que j’ai cité précédemment, le secteur de l’environnement (…) nécessite lui aussi des infrastructures nouvelles : centres de stockage de déchets, protections de nappes phréatiques… » Autre segment d’activité prometteur : l’industrie minière étrangère. Sous « la poussée des législations nationales », elle manifeste elle aussi son intérêt pour la protection de l’environnement et les géosynthétiques.

J.D

Priorités

« Le Comité français des géosynthétiques produit du savoir et des connaissances sur les géosynthétiques et, in fine des guides de dimensionnement ou de bonnes pratiques », rappelle Yves Durkheim. L’organisation professionnelle profité de la dernière édition de ses « Rencontres » pour publier la nouvelle version de son « Fascicule 10 » : « Recommandations générales pour la réalisation d’étanchéités par géomembranes ».

Un groupe de travail sur les problématiques de poinçonnement va également proposer des solutions de dimensionnement pour la mise en œuvre et la protection des géomembranes.

L’organisation s’apprête aussi à relayer un projet initié par l’IGS (International Geosynthetics Society). Sur le principe, il s’agit de diffuser le corpus technique sur les géosynthétiques dans les écoles d’ingénieur ou les universités en proposant un programme de formation spécifique aux corps enseignant. Un chantier qui devrait s’ouvrir cette année, la suivante au plus tard.

 

Chiffres clés

100 adhérents

150 à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires

150 à 200 salariés

150 millions de m2 en France

700 millions de m2 en Europe

7 à 800 millions de m2 aux Etats-Unis

Géocomposites de renforcement ou de drainage : 10 % du marché