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Travaux publics – Les artisans à l’heure de la reprise ?

22 février 2016
<span>Travaux publics</span> – Les artisans à l’heure de la reprise ?

Pour inverser une courbe d’activité en baisse et recommencer à investir, les artisans tablent sur le redémarrage de la commande publique et sur la montée en puissance des travaux liés à l’accessibilité ou à l’assainissement non collectif.

Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et des paysagistes : « Nous ne travaillerons plus comme avant 2008. Nous sommes dans une nouvelle forme d’économie. Il va falloir s’habituer à des carnets de commandes à plus court terme. »

Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et des paysagistes : « Nous ne travaillerons plus comme avant 2008. Nous sommes dans une nouvelle forme d’économie. Il va falloir s’habituer à des carnets de commandes à plus court terme. »

« Malgré une très légère embellie en fin d’année, une année noire » : c’est ainsi que Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et des paysagistes (Cnatp), apprécie l’activité des entreprises artisanales de travaux publics l’an passé. Celle-ci s’est repliée pour la huitième année consécutive et de 10 à 12% pour leur dernier exercice. Conséquence, les défaillances ont tendance à se multiplier. Même des sociétés ayant pignon sur rue depuis plusieurs générations n’arrivent plus à remplir leurs carnets de commandes. Françoise Despret observe que les appels d’offres anormalement bas sont de plus en plus nombreux. De grandes entreprises arrivent sur des marchés qu’elles négligeaient autrefois au profit des PME, parfois avec du personnel détaché. Tension sur les prix et sur les marges, les artisans ont d’autant plus forts à faire que ces marchés sont, selon elle, de plus en plus « globaux » et qu’ils favorisent les entreprises générales. La Cnatp plaide en faveur d’un « allotissement » qui leur permettrait d’y accéder et insiste sur la nécessité d’appliquer les mêmes obligations aux travailleurs détachés. Le projet de loi Noe inquiète également la profession. Elle craint que le texte n’autorise la création d’entreprises qui ne disposeraient pas des qualifications professionnelles ad hoc. Une concurrence qui viendrait s’ajouter à celles des micro-entreprises. « Pourquoi formerait-on des apprentis si l’on supprimait cette obligation de qualification professionnelle ? Ce serait incohérent », ajoute Françoise Despret.

« Léger frémissement » de l’activité

Côté perspectives, « un léger frémissement » s’est fait sentir sur certains segments d’activité (construction individuelle…) et dans certaines zones géographiques. Sur le fond, la Cnatp attend que « la commande publique redémarre. » Elle craint, là aussi, que les nouvelles communautés de communes (EPCI) ne favorisent encore les marchés globaux, en plus de distendre les liens entre les artisans et leurs interlocuteurs locaux. Si le frémissement se confirme, la profession peut espérer enrayer la spirale négative. Elle commence à se faire à l’idée qu’elle travaillera désormais avec des carnets de commandes à plus court terme mais elle espère qu’ils s’étofferont pour « respirer » plus librement, envisager d’investir et de recruter. Les artisans table à la fois sur le redémarrage de l’activité sur leur cœur de métier traditionnel et sur la montée en puissance sur de nouveaux segments : l’accessibilité des bâtiments, la récupération de l’eau de pluie ou l’assainissement non collectif. Avec « une main d’œuvre qualifiée » et des « fournisseurs de qualité », une bonne partie des professionnels fait monter ses prestations en gamme, dans le sillage des nouvelles attentes environnementales. Dans cet esprit, ils s’efforcent de travailler de plus en plus souvent en groupement ou en réseau autour de projets plus complexes. « Ce sera de plus en plus vrai », souligne Françoise Despret.

J.D