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Infrastructures – Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France : « La métropole du Grand Paris n’existe pas encore »

10 octobre 2016
<span>Infrastructures</span> – Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France : « La métropole du Grand Paris n’existe pas encore »

Adepte du choc de simplification administrative, Valérie Pécresse dénonce la métropole du Grand Paris et veut que cette structure soit intégrée dans le conseil régional. C’est ce qu’elle a réaffirmé à l’occasion du débat organisé par le SNBPE*, sur le thème de l’aménagement d’Île-de-France.

Devant un parterre représentant les acteurs de la filière construction, Valérie Pécresse a notamment exposé sa vision de l’aménagement des territoires, son concept de la gouvernance régionale et sa volonté de renouer avec l’investissement dans les infrastructures. La Présidente de l’exécutif régional, croit fondamentalement que  l’Ile de France constitue un moteur économique puissant pour la France et que la région le sera d’autant plus que la métropole de Paris au sein territorial reste le cœur battant  du pays. Afin de débrider le moteur régional, elle propose que l’essentiel des recettes aillent aux acteurs afin d’accélérer les projets dont la région. Cela suppose d’avoir moins de structures administratives. Considérant l’impossibilité de mettre en œuvre une gouvernance unique, Valérie Pécresse propose de privilégier un choc de simplification. « La métropole du Grand Paris a été créée pour des raisons essentiellement politiques : c’était révolutionnaire du temps du rapport Balladur, des années plus tard, le périmètre doit être revu ». Sa proposition est étayée par un constat simple : la métropole du Grand Paris ne peut se construire sans  Roissy, sans Marne La Vallée, sans Saclay, sans Versailles, sans Cergy-Pontoise, autant de villes qui ont été oubliées alors qu’elles représentent un réel potentiel. Elle propose donc d’élargir le périmètre à ces pôles urbains et de dépasser la frontière de l’aire urbaine de l’ile de France ? Pourquoi ? Parce qu’il faut disposer d’une réserve foncière pour faire face à l’augmentation de la population, à l’instar du Val de Marne qui chaque année compte 13 000 habitants supplémentaires, dans une région où 2 millions d’habitants vivent dans un village et qui a besoin d’une agriculture locale et d’un poumon vert qu’est la très grande couronne.

Présidente bâtisseuse

Cela suppose une approche holistique, incluant les transports, le logement, l’urbanisme, les loisirs,  formation dans  le cadre d’un développement harmonieux de la région. « J’imagine une région différente dans laquelle nous allons considérablement moderniser les infrastructures, dans laquelle nous aurons beaucoup construit et mieux construit dans consommer les terres agricoles, et dans laquelle il sera possible de travailler et se former plus près de chez soi avec des temps de transports raccourcis car le développement sera territorialisé », expose Valérie Pécresse, « c’est un travail considérable que de penser l’Ile-de-France en territoire pertinent mais c’est la clé d’un développement harmonieux et cela suppose de travailler sur tous les aspects qui ont trait à un bassin de vie au quotidien ». Précision que d’ici à la fin de l’année, sera publié la FRREII, ou plan croissance/emploi, véritable stratégie de croissance d’emploi pour l’Ile de France, bâtie à  parti d’une conférence de cohérence de l’action territoriale, grand-messe à laquelle participe la métropole, les 10 départements, et les 1270 communes de l’Ile-de-France. Cela demande une mobilisation considérable, ne serait-ce que pour mettre tout le monde autour de la table considérant l’enchevêtrement administratif. Aussi, pour imposer sa vision des choses et faire passer le changement de statut, Valérie Pécresse mise sur le calendrier. « D’ici à l’élection présidentielle, la Métropole du Grand Paris n’aura pas beaucoup existé; c’est le moment d’agir et je crois vraiment qu’il faudrait aujourd’hui, un statut particulier de région métropole qui aurait l’essentiel des compétences ». A titre d’exemple, la Présidente cite le logement, dont à partir de janvier prochain, la compétence sera partagée entre la région, la métropole, les inter-co, les départements…. « Il faut simplifier tout cela », indique Valérie Pécresse. Le volet financement doit également profiter de cette simplification. « A force de tout complexifier et de multiplier le nombre des acteurs, il y a des angles morts aux interfaces, en outre personne ne veut payer », dénonce Valérie Pécresse, « c’est le cas des gares de connexions, dont la construction est programmée dans le cadre du Grand Paris mais pour lesquelles il manque 1,5 milliards d’euros ». C’est la raison pour laquelle elle prêche pour la création d’une grande agence de mobilité francilienne organisée sur le modèle de la SNCF avec un établissement industriel et un établissement commercial, et qui réunirait majoritairement des élus, « ces derniers étant responsables de chaque euro dépensés et précautionneux des deniers publics ».

J-N.O

*Syndicat national du Béton Prêt à l’Emploi.