Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Marchés - Infrastructures – Présidentielle 2017 : quelle politique dans les infrastructures pour le prochain quinquennat

Infrastructures – Présidentielle 2017 : quelle politique dans les infrastructures pour le prochain quinquennat

20 février 2017
<span>Infrastructures</span> – Présidentielle 2017 : quelle politique dans les infrastructures pour le prochain quinquennat

A J -2 mois de l’élection présidentielle, la Fédération nationale des travaux publics propose de réfléchir ensemble à l’utilité d’investir dans les infrastructures lors du prochain quinquennat  et à l’évolution de la filière « Travaux public ». C’est l’ambition du forum « Réinvestissons la France » qui aura lieu ce jeudi au Carrousel du Louvre à Paris. Y sont attendus les principaux candidats à l’élection présidentielle.

 Inviter les candidats à l’élection présidentielle pour réfléchir ensemble à l’utilité d’investir dans les infrastructures lors des cinq prochaines années.

Inviter les candidats à l’élection présidentielle pour réfléchir ensemble à l’utilité d’investir dans les infrastructures lors des cinq prochaines années.

Dans un contexte de réduction nécessaire des déficits et des dépenses publiques, la France n’a pas fait le choix de préserver l’investissement public, ni pris de dispositions pour que le relais soit assuré par des investissements privés. Cette politique a pour effet d’accélérer le déclassement de la qualité des infrastructures qui constituait pourtant, pour la France, un avantage compétitif. Au-delà des enjeux économiques, les besoins d’investissement en infrastructures sont immenses au regard de la transition écologique et de la cohésion sociale et territoriale.

« Nous réclamons avant tout un cap clair pour le quinquennat sur ce que doit être une politique d’infrastructures et d’attractivité des territoires » indique Bruno Cavagné, « nous attendons des candidats à l’élection présidentielle une approche de la dépense publique qui distingue clairement dépense de fonctionnement et dépense d’investissement ». La question de l’investissement public doit être posée de manière concrète et pragmatique. Pour le Président de la FNTP, « à une dépense publique ou une réduction de dépense publique doivent correspondre une vision de politique économique. »

La Fédération Nationale des Travaux Publics proposera aux candidats une charte d’engagement autour de 4 thèmes :

  • lancer un plan d’investissement sur les réseaux et les infrastructures (mobilité, eau, énergie, numérique) parce que les besoins sont immenses,
  • se doter d’une gouvernance pour les infrastructures et définir une stratégie donnant de la visibilité aux acteurs économiques,
  • rétablir la confiance entre l’État et les collectivités locales (qui réalisent 70% de l’investissement public).
  • accélérer les procédures et rationaliser les voies de recours pour concilier respect de la décision politique, exigence de concertation publique et avancement des projets.

L’innovation, au cœur des débats

Le Forum sera aussi celui des solutions innovantes dans les Travaux Publics. Dans la zone d’exposition chacun des visiteurs sera interpellé par les nouvelles technologies telles qu’elles se développent dans la filière. Entrepreneurs, jeunes étudiants en TP, élus, parties prenantes, chacun y trouvera de l’information selon ses centres d’intérêt : outre la discussion avec les exposants, une quinzaine d’ateliers/conférences déclinant les thèmes de la compétitivité, de la cohésion et de la croissance seront proposés, de même que des animations autour de linnovation.

Qu’elle soit de procédé, de produit ou encore d’usage, l’innovation fait partie intégrante de l’ADN des Travaux Publics. Désormais, le numérique et les nouvelles technologies sont des alliés quotidiens pour la réalisation d’une infrastructure, de sa conception jusqu’à son exploitation. Par nature chaque ouvrage est différent et peut être qualifié de prototype. C’est pourquoi, pour leur réalisation, les entreprises de Travaux Publics vont de plus en plus faire appel à la maquette numérique (BIM) ou à des technologies 3D. La très haute technologie s’invite aussi sur les chantiers avec des exosquelettes, conçus pour alléger les charges, ou des casques à réalité augmentée permettant encore d’améliorer la précision des travaux. Demain, ces technologies encore naissantes seront d’usage courant pour de nombreux métiers.

La communication au cours d’un chantier est également un enjeu fondamental. Les échanges de données entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’oeuvre, entreprises ou bien avec l’environnement extérieur (riverains par exemple) sont de plus en plus fréquents et dématérialisés. L’utilisation des tablettes et des smartphones est désormais habituelle. Ceci permet de sensibiliser et d’informer les riverains, par exemple grâce au suivi de l’évolution d’un chantier en temps réel via des applications smartphone, des alertes sms, des newsletters…

Le numérique et les objets connectés constituent une vague de fond qui bouleverse l’ensemble de l’économie. Les infrastructures n’y échappent pas : peu à peu, les réseaux deviennent « intelligents », que ce soit avec les routes, les réseaux électriques, de chaleur ou les canalisations. Ces réseaux constitueront la ville et les territoires de demain, connectés, économes de leurs ressources et assurant la qualité de vie de leurs habitants. Dans le domaine de l’eau par exemple, l’équipement en capteurs des canalisations permet d’anticiper et de localiser les fuites sur les réseaux. Placés à des endroits stratégiques, ils facilitent aussi l’analyse de la qualité de l’eau. Pour les ouvrages d’art, d’autres types de capteurs peuvent déterminer précisément les opérations de maintenance nécessaires, ou les prévoir avant que ne surviennent les défaillances : c’est la maintenance prédictive.

D’importants efforts en R&D sont réalisés afin d’éviter la mise en décharge de déchets de chantiers et limiter l’usage de matières premières pour la réalisation des réseaux. Les entreprises de Travaux Publics travaillent par exemple à la réalisation de la route recyclée et renouvelable grâce à des liants à base de micro-algues, de biomasse ou encore de déchets issus de l’industrie agroalimentaire. En plus de bénéficier d’une empreinte carbone moindre, ces matériaux renouvelables assurent une durée de vie supérieure : celle-ci serait prolongée d’environ vingt ans pour une chaussée.

Proposer de nouveaux usages à travers des infrastructures multi-fonctions devient peu à peu une réalité. Dans le domaine routier, de nouveaux procédés se développent : route chauffante, lumineuse ou productrice d’énergie sont désormais en test. Des dalles photovoltaïques fixées sur la chaussée permettent ainsi de transformer l’énergie emmagasinée la journée en éclairage urbain. Avec cette technologie, un kilomètre de route éclaire une ville de 5 000 habitants. Les véhicules connectés ou autonomes auront aussi besoin dans un futur proche d’échanger un grand nombre d’informations avec une infrastructure intelligente.

Dans tous les métiers, les infrastructures apportent des services « augmentés ». Exemples ? Les candélabres sont désormais des sources de recharge potentielles pour les véhicules électriques ou bien deviennent communicants. Les stations de traitement d’eaux usées alimentent des réseaux de chaleur, les fondations de certains bâtiments deviennent géothermiques.

J-N.O

Photo : le Forum sera l’occasion de débattre de l’évolution de la filière TP et de rencontrer les candidats à l’élection présidentielle pour les mobiliser sur l’avenir des infrastructures.