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Géosynthétiques – Des solutions pour lutter contre l’érosion du trait de côte

23 janvier 2017
<span>Géosynthétiques</span> – Des solutions pour lutter contre l’érosion du trait de côte

Pour lutter contre l’érosion du trait de côte, les fabricants proposent plusieurs familles de géosynthétiques qui peuvent être utilisés pour reprofiler ou consolider des cordons dunaires et des grèves, renforcer ou construire des ouvrages de protection, perrés, digues, jetées, brise-lames ou épis… Face aux solutions traditionnelles de réalisation d’enrochement, de fondations ou de noyaux d’ouvrages maritimes, ces fabricants insistent sur les avantages économiques et écologiques (économie de granulats, de transport, facilité de mise en œuvre…) de leur solutions, alternatives et-ou complémentaires aux premières.

dsc01001-terageosL’érosion littorale concerne les dunes, les hauts de plages, l’estran et les fonds marins. 45% du linéaire côtier français est stable, 24% en recul et 11% en engraissement, évalue un guide technique rédigé par le Comité Français des géosynthétiques (CFG), lequel se réfère aux conclusions d’un programme d’étude européen. Avec 5 533 km de côtes dominées par les plages dans l’hexagone et 1 459 km dans les Dom-Tom, le littoral français « présente, de façon plus ou moins sensible, des signes d’érosion se traduisant par une tendance prépondérante au recul du trait de côte », explique cet ouvrage. L’importance du recul par érosion marine varie suivant les façades maritimes et la nature géologique et géotechnique des terrains. Sur le littoral métropolitain, l’érosion atteint plus d’un mètre par an sur 850 km et 0,50 m par an sur 1 000 km. Les déplacements du trait de côte sont parfois spectaculaires, soulignent le guide. Le littoral peut reculer de plusieurs dizaines de mètres à l’occasion d’une tempête. Des records ont été enregistrés sur la côte d’Arvers, entre l’île d’Oléron et la Gironde, avec des retraits annuels de 35 m. En pourcentage du linéaire côtier, les régions les plus touchées par l’érosion sont le Nord/Pas-de-Calais (75% des côtes touchées), la Haute-Normandie (55%) et la Picardie (42%). Les autres connaissent des pourcentages d’érosion de 14 à 39% environ. Exception, la Corse : 6% seulement du trait de côte de l’île de beauté est en recul. Selon les experts auxquels se réfère l’ouvrage technique, le phénomène s’aggrave et se généralise depuis le début du siècle sous l’effet de la réduction des apports sédimentaires, de la multiplication des fortes tempêtes et de la montée du niveau des mers. S’y ajoutent la pression des activités urbaines en zone littorale et les impacts des ouvrages de protection portuaire. Pour modifier le littoral, les facteurs naturels et hydrodynamiques (vents, courants, houles…) se conjuguent donc aux activités humaines : extraction de matériaux, urbanisation, aménagements côtiers, création de ports de plaisance, endigage des débouchés de fleuves côtiers, ouverture incontrôlée au public.

Contrer l’érosion côtière

tencateLe Conservatoire du littoral veille à la protection foncière des côtes et au respect de l’équilibre écologique des sites naturels depuis 1975, rappelle le guide du CFG  Les deux tiers des 650 km de linéaire côtier maritime ou lacustre et des 46 000 ha de côtes qu’il gère sont touchés par l’érosion ou sont susceptibles de l’être. Si la législation en vigueur ne l’oblige pas à intervenir, le conservatoire autorise néanmoins des consolidations, supprime ou entretient les digues et fixe le cordon dunaire, rapporte l’ouvrage technique. Les travaux de protection contre l’érosion relèvent de l’initiative des propriétaires riverains mais la responsabilité en incombe aux collectivités locales depuis 1973. L’Ifremer estime qu’environ 18 millions d’euros sont consacrés tous les ans à la protection du littoral contre l’érosion marine, la moitié étant destiné à la façade atlantique. Les interventions favorisent d’abord les aménagements dynamiques: rétablissement d’un transit littoral bloqué par un ouvrage par dispositifs de type by-pass, réhabilitation et mise en défens du cordon dunaire et de l’arrière plage, rechargement de plage par apport de matériaux extérieur, reconstitution d’herbiers marins… Lorsque ces interventions ne suffisent pas, la construction d’ouvrages en mer ou sur le rivage s’impose : protections de haut de plage (perrés, digues ou murs), brise-lames et épis perpendiculaires ou en T par rapport au rivage… Les géotextiles et les géosynthétiques peuvent être utilisés pour renforcer les ouvrages existant ou en construire de nouveaux. Les professionnels distinguent plusieurs familles de produits à partir de leur structure : nattes, géogrilles et géofilets, bionattes et géoalvéoles. Le guide du CFG les classifie à partir de leur rôle : géoconteneurs (sacs, tubes, matelas…), conteneurs tubes, matelas, sacs ou multicellulaires, géoalvéoles à parois textile ou plastique, géosynthétiques à poches, bionattes, géonattes, géosynthétiques de protection du sol d’apport et nappes de filtration du sol support. Sur le principe, ces géosynthétiques remplissent six fonctions essentielles : conteneur, renforcement, séparation, protection, filtre et drain. Ces fonctions peuvent être présentes dans un géosynthétique ou dans plusieurs géosynthétiques assemblés dans un géocomposite.

J.D

 

Définitions

Géosynthétique et apparentés : produit dont au moins l’un des constituants est à base de polymère synthétique ou naturel. Il se présente sous forme de nappes, de bandes ou de structures tridimensionnelles.

Géotextiles : produits perméables

Géomembranes : produits imperméables.

Géocomposites : produits issus de la combinaison de deux ou plusieurs géosynthétiques.

 

Fonctions et applications des géosynthétiques

phototerageos Séparation : prévention du mélange de deux sols ou de matériaux de remblai voisins de nature différente (routes et autoroutes, voies ferrées, pistes forestières…) ;

Filtration : maintien du sol ou d’autres particules soumis(es) à des forces hydrodynamiques tout en permettant le passage de fluides à travers ou dans un géotextile et produit apparenté (routes, voies ferrées, barrages, tranchées drainantes, protection de rivages et de berges…) ;

Drainage : collecte et transport des eaux souterraines et/ou d’autres fluides dans le plan d’un géotextile ou produit apparenté (drainage sous dallage, sous remblai, dans ISD*…)

Renforcement : utilisation d’un géotextile ou d’un produit apparenté pour améliorer les propriétés mécaniques du sol ou d’autres matériaux de construction (remblai sur sols compressibles, murs de soutènement, raidissement de talus…)

Etanchéité : utilisation d’un géosynthétique pour prévenir ou limiter la migration de fluides (ISD*, bassins, ouvrages souterrains…) ;

Protection : prévention ou limitation des endommagements d’un élément ou d’un matériau en utilisant un géotextile ou un produit apparenté (protection des géomembranes dans les divers applications) ;

Lutte contre l’érosion de surface : utilisation d’un géotextile ou d’un produit apparenté pour éviter ou limiter les mouvements du sol ou d’autres particules à la surface (talus de déblai, pente naturelles…)

Anti-fissuration : utilisation d’un géotextile ou d’un produit apparenté pour retarder les remontées de fissures en surface (chaussées, aéroports…)

* ISD : Installations de stockage de déchets

 Source : Comité français de géosynthétiques

Crédit photos : Maccaferri, Terageos, Tencate