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Déconstruction – Pourquoi le SNED et le SRBTP fusionnent

22 mai 2017
<span>Déconstruction</span> – Pourquoi le SNED et le SRBTP fusionnent

Adoptée par 79% de votes exprimés, la cinquième résolution soumise eux adhérents du syndicat national des entreprises de démolition (SNED), réunis lors de leur rencontre Métier permet d’engager les démarches permettant de fusionner l’instance avec le SR-BTP. Une évolution de fond dans le paysage institutionnel, avec en filigrane, l’enjeu de la matière première secondaire (ou déchet), et sa valorisation. Décryptage.

Nathanël Cornet-Philippe, président du SNED : « Institutionnellement, le SNED seul n’est pas assez puissant. »

Mieux défendre les professions représentées, mieux gérer les ressources disponibles et mieux gérer les nécessaires actions de lobbying, telles sont les trois raisons principales qui ont motivées les deux instances syndicales à engager cette fusion. Les deux syndicats partagent de nombreux enjeux communs. Ils sont tous les deux confrontés à des défis techniques majeurs, tant dans le domaine sanitaire, avec l’exposition des salariés aux substances dangereuses, environnementaux, avec la question de la valorisation des déchets qu’urbanistiques. Les entreprises des deux organismes se doivent de répondre aux contraintes des MOA vis-à-vis de la réalisation des réemplois dans un contexte de densification urbaine.

Pression économique

Le rapprochement des deux instances est également la conséquence d’un contexte de marché tendu, avec le développement des pratiques illégales de stockage des déchets. En outre, un certain nombre d’entreprises spécialisées dans la gestion des déchets,  cherchent à s’approprier les lots « déchets », sur les chantiers de démolition, faisant des démolisseurs de simples prestataires de service. Parallèlement, une autre concurrence se profile, avec un certain nombre d’entreprises de nettoyage qui développent des activités de curage, voire de désamiantage. Résultant de ce contexte de plus en plus concurrencé pour les entreprises du SNED comme celles du ST BTP, la pression sur les prix est de plus en plus forte. « Les donneurs d’ordre ne prennent pas suffisamment compte les enjeux relatifs à a la protection des salariés et à la gestion des déchets », déplore Nathanaël Cornet-Philippe, « les donneurs d’ordre préfèrent; trop souvent encore; privilégier les matières premières vierges plutôt que de valoriser les matériaux recyclés ».

Visibilité accrue

Un autre enjeu du rapprochement du SNED et du SR BTP réside dans la nécessité d’accroître la légitimité des instances syndicales et de gagner en visibilité. Dans le nouveau périmètre, c’est l’ensemble des métiers de la filière aval du secteur du BTP dont il est question. Comme le souligne Nathanaël Cornet-Philippe, « il s’agit de défendre les intérêts de nos professions au regard des autres acteurs engagés dans le processus de la décentralisation, à savoir les MOA, MOE utilisateurs des marches publics ». Il s’agit également de sensibiliser les parties prenantes (MOA, entreprises,…), à la nécessité de faire évoluer la réglementation et à la mise en œuvre de cette réforme.

Gagner en compétence

Pour l’ensemble des entreprises la filière, se pose la question de la montée en compétence, indispensable pour faire face aux défis qui se posent et à l’évolution des métiers. Cette montée dans la chaîne de la valeur suppose de renforcer les études pour accompagner le développement de la filière du recyclage. Elle implique également de développer les outils pratiques (guides, veille, supports numériques, formations,…), afin d’aider les entreprises à améliorer la gestion des déchets et réduire les risques pour les salariés.

Face à l’ensemble de ces mutations, il apparait indispensable que le SNED comme au SR BTP, gagnent en efficience et optimisent leur ressources. La mise en commun de la compétence relative aux questions sanitaires doit être mutualisée et le partage d’expériences, comme la diffusion des bonnes pratiques, doivent être encouragés.

J-N.O

Photo : Le déchet est une partie inclusive et une composante essentielle de la chaîne de valeur de la filière aval des métiers de la construction