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Construction – Comment les entreprises françaises se positionnent sur les marchés mondiaux

6 février 2017
<span>Construction</span> – Comment les entreprises françaises se positionnent sur les marchés mondiaux

En 2015, le chiffre d’affaires international des groupes français de construction s’est élevé à 37,3 milliards d’euros (+ 6,7 %) et leur part de marché s’est maintenue. Ces dernières années, la répartition géographique de ce chiffre a évolué sous l’influence de trois éléments, explique une étude du Sefi*: la prépondérance des activités internationales sur le continent européen, un ancrage solide en Amérique du Nord et le redéploiement des activités dans les pays émergent.

capture-sefiLe chiffre d’affaires international des principaux groupes de construction français a progressé de 6,7 % en 2015 à 37,3 milliards (contre + 8,5 % en 2014 – 0% en 2013). A l’exception de l’Afrique (- 5,3 %) et du Moyen-Orient (- 2,7 %), il s’est inscrit en nette hausse dans les autres zones : Amérique Latine (+ 31,2 %), Amérique du Nord (+ 13,6 %), Asie-Océanie (+ 11 %) et Europe (+ 6 %).

Ces dix dernières années, constate l’étude du Sefi, la montée en puissance des entreprises des pays émergents a entraîné un recul des parts de marché de la majorité des Etats de l’OCDE. Corollaire, le poids des entreprises françaises dans le C.A international mondial est passé de 16,7% à 13,5% entre 2011 et 2015. Depuis 2010, cette part est restée stable, oscillant entre 13 et 14%.

Principaux débouchés ? L’Europe, en léger recul, reste le principal (54,9% du C.A international, 20,5 milliards), devant l’Amérique du Nord (14,3%, 5,3 milliards), l’Asie (12,1 %, 4,5 milliards), l’Afrique (10,9 %, 4 milliards), l’Amérique Latine (4,3 %, 1,6 milliards) et le Moyen-Orient (3,5 %, 1,3 milliards).

« Depuis la crise, les groupes français résistent et maintiennent leurs parts de marché, souligne Isabelle Pédron Liou, chargée d’études du Sefi, en ajoutant : « La part de l’activité internationale augmente dans leur chiffre d’affaires. »

 Redéploiement dans les pays émergents

capture-sefi-2Comment évolue la répartition du C.A international des groupes hexagonaux ? Premier facteur explicatif, la prépondérance des activités internationales sur le continent européen s’est accentuée entre 2002 et 2006 avec l’intégration des PECO au sein de l’Union européenne. Celle-ci représente plus de la moitié du C.A international des entreprises de construction (54,5 % en 2015). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a reculé (22,1 % en 2015, contre 34,7 % en 2007). Le volume d’affaires dépend pour une large part des pays d’Europe occidentale. A souligner : la montée en puissance des autres pays européens depuis quatre ans, avec une hausse du C.A supérieure à celle de l’Europe des 15 comme à celle des 28.

Depuis 4 ans, et deuxième facteur explicatif, l’Amérique du Nord est le deuxième débouché des groupes français et, compte tenu du dynamisme du marché nord-américain, l’une de leurs zones d’intervention prioritaires.

Si la part des pays émergents dans le C.A international est tombée à 18 % entre 2003 et 2005 (contre plus de 40 % jusqu’en 1996), la vitalité de ces marchés, soutenue par leurs besoins en infrastructures, leurs perspectives économiques à moyen terme et la faiblesse de la croissance dans les économies développée, a entraîné enfin, et dernier facteur, un regain d’intérêt pour ces Etats, dont la part s’établit à 27,7 % en 2015 (Moyen-Orient inclus).

Relais de croissance

capture-sefi-3Pour la première fois il y a deux ans, le C.A a reculé en Afrique et au Moyen-Orient, après une très forte progression l’an passé. En revanche, il s’est apprécié sensiblement dans d’autres régions. Le Sefi énumère cinq faits marquants pour 2015.

Primo : une progression sensible du C.A en Amérique du Sud (+ 31,2 %, contre + 17,6 % en 2014) et du Nord (+ 13,6 %, contre + 6,3%), soutenue par le dynamisme de la croissance enregistrée depuis deux ans dans cette zone.

Secundo : une augmentation de 11 % (-0,9 % en 2014) du C.A global en Asie/Océanie : + 23,3 % en Océanie (- 16,8 %) et + 7,3 % en Asie (+ 5,2 %). Depuis trois ans, la croissance du C.A des groupes français reste relativement soutenue dans cette dernière zone.

Tertio : après s’être redressée en 2014, la croissance s’est ralentie en Europe (+ 6 %, contre + 11,3 %). Ce ralentissement est attribué à l’atonie du marché dans l’Europe des 15 (en stabilité), compensée en partie par la vitalité des nouveaux Etats membres (+ 35,3 %) et dans une moindre mesure, par celle des autres pays européens, (+ 5,3 %).

Quarto : après un rebond majeur de 2014, le C.A a légèrement reculé au Moyen-Orient (- 2,7 %), une évolution qui peut s’expliquer par le recul des investissements en infrastructures dans certains pays, en raison de la faiblesse des cours du pétrole.

Quinto : après une croissance ininterrompue entre 2005 et 2013 puis une croissance nulle en 2014, le C.A a baissé en Afrique (- 5,3 %). Celui qui a été réalisé par les groupes européens y a fléchi de 1,9 %. Plusieurs raisons sont susceptibles d’expliquer cette tendance, indique le Sefi. Les investissements privés réalisés dans les infrastructures en Afrique sub-saharienne se sont concentrés dans le secteur de l’énergie et ont fortement décru dans les transports (- 72 %). Dans ce dernier secteur, la tendance est similaire pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Autres facteurs explicatifs : la dégradation de la conjoncture en République Sud-Africaine et l’impact de la baisse des cours du pétrole et des matières premières sur les recettes de certains Etats africains, ce qui les a contraints à diminuer leurs investissements dans les infrastructures.

Depuis 2010, résume le Sefi, les groupes français ont trouvé leurs principales sources de croissance en Amérique du Sud (+ 119 %), en Europe (+ 101,9 % hors union, + 72,1 % dans l’Europe des 15), en Asie/Océanie (+ 68,7 %) et en Amérique du Nord (+ 55,8 %). Précision : la croissance du C.A a été plus modéré en Afrique (+ 10,5 %) et au Moyen-Orient (+ 12,3 %). Et celui-ci s’est replié dans les nouveaux Etats membres (- 16,2 %), les PECO pour l’essentiel.

*« Panorama de l’industrie mondiale de la construction à l’international ». Syndicat des entrepreneurs français internationaux.

J.D

Crédit photo : Péri