Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Entreprise, Marchés - Conjoncture – Quelles perspectives pour les entreprises de TP du Morbihan

Conjoncture – Quelles perspectives pour les entreprises de TP du Morbihan

5 octobre 2020
<span>Conjoncture </span> – Quelles perspectives pour les entreprises de TP du Morbihan

Portées, jusqu’en mars dernier, par une activité soutenue dans un département qui gagne en population et investit dans ses infrastructures, les entreprises de TP morbihannaises anticipent une perte de chiffre d’affaires de l’ordre de 15% cette année. Une reprise dégradée et l’absence d’appel d’offres depuis le printemps, inquiètent les 221 entreprises implantées dans le département.

« Le fait de disposer d’un carnet confortable en début d’année nous a permis de renouer, à partir de juin, avec une forte activité qui reste forte sans pour autant rattraper les deux mois d’activité perdue pour cause de confinement », rapporte François Coville, président de la FRTP du Morbihan TP 56. « En revanche, depuis le déconfinement, les appels d’offre ne sont pas repartis. Nos entreprises, qui n’ont donc pas pu renouveler leur carnet, ont été amputées d’un mois d’activité. Elles anticipent donc une fin d’année difficile, et surtout, un début d’année 2021 compliqué ». La situation est contrastée par typologie de clientèle et par spécialité. Ainsi, la commande privée, pourtant volatile et difficile à appréhender sur le long terme, reste solide, quand celle émanant des collectivités locales –communes et communauté de communes- s’est contractée. Le Département a maintenu sa dynamique d’investissement. Avec moins de deux mois d’activité engrangés, les entreprises routières, de VRD, et de canalisation sont les plus impactées, les spécialistes des réseaux secs et électriques, bénéficiant de la poursuite de marchés structurants avec les grands opérateurs et les terrassiers sont mieux lotis. « Depuis trois mois, on nous promet des appels d’offre mais nous ne voyons toujours rien de concret », commente François Coville. « Le temps de la sphère publique n’est pas celui de l’entreprise. Nos adhérents ont tendance à gérer le calendrier, en faisant durer les chantiers, plutôt qu’à travailler comme des forcenés, accumuler les heures supplémentaires et mettre le personnel au chômage début 2021 ». Dans ces conditions, un trou d’air apparaît inévitable au premier trimestre de l’année prochaine.


François Coville, Président de la FRTP TP56 : « Nos entreprises ont consommé leur carnet constitué d’une myriade de petits chantiers, sans pouvoir le reconstituer faute d’appel d’offres ».

Mobilisation

Afin d’alerter les donneurs d’ordre sur l’urgence à traduire en travaux les grandes orientations du plan de relance, en particulier, dans son volet transition écologique, la FRTP est allée à la rencontre des présidents des douze intercommunalités du département. Le message est clair : l’ambition portée par la relance de l’activité dans les TP doit se traduire en actes au plus vite, avec une mobilisation de tous les donneurs d’ordre. L’Etat a confirmé sa volonté de les accompagner financièrement et de dynamiser la commande publique via l’investissement. Il faut donc que ces bonnes intentions se concrétisent, au plus vite, en appels d’offres et en crédits de paiement, faute de quoi l’emploi et la pérennité des TPE, PME, ETI qui structurent la profession dans le département aux côté des agences de groupes, sont menacés. Déjà, Certaines entreprises risquent à nouveau de recourir au chômage partiel. « Nos politiques ont conscience de la situation. Ils savent qu’avec les TP, ils sont des acteurs importants pour la relance économique », rapporte François Coville. « Ils savent surtout qu’ils ont des besoins et que face aux défis qui se profilent dans le domaine de la transition énergétique et des mobilités, ils ne pourront pas faire l’impasse sur ces investissements». Dans le Morbihan, les TP représentent près de 2 800 emplois directs. A moyen terme, ce sont aussi les capacités à former qui pourraient être menacées. « Nous nous attachons à rester positifs et à tenir un tenir un discours optimiste pour l’avenir, vis-à-vis des jeunes, d’autant plus que notre Profession doit rajeunir sa pyramide des âges », souligne François Coville. « A ce titre, le fait que le CFA TP de Ploërmel est plus qu’au complet dans toutes ses sections, avec l’arrivée de 132 apprentis en 1ère année, dont 4 filles, est de bon augure ».

Effet ciseaux

La contraction de l’activité et la baisse des appels d’offre interviennent alors que les coûts des entreprises s’apprécient sensiblement. « Cela perturbe le discours que l’on porte, les maîtres d’ouvrages voyant les prix baisser alors qu’avec les mesures prises pour assurer la sécurité sanitaire de nos personnels et l’augmentation du prix du gasoil, nos coûts augmentent », déplore François Coville. « Certains entrepreneurs ont essayé de répercuter cette inflation, avec plus ou moins de réussite selon les maîtres d’ouvrage ». A titre indicatif, les surcoûts sont estimés à 3% environ, hors perte de productivité liée aux gestes barrières et à la distanciation physique, soit environ 30 à 50 euros/jour/salarié. A ce niveau, ils représentent 10% des coûts de main d’œuvre sur un chantier, ces derniers représentant mêmes 30% des couts d’un chantier.
J-N.O
Photo : La situation des réseaux humides est particulièrement préoccupante dans le département.

TP 56
Répartition par types de clientèles
Communes et communautés de communes : 50%
Département : 15%
Grands Opérateurs : 5%
Commande privée : 30%

Morbihan
Urgence sanitaire
L’état des réseaux d’eaux et d’assainissement est critique le long du littoral du département. L’année dernière, les canalisations fuyardes ont entraîné une contamination des parcs à huitres par des effluents humains. Une alerte sanitaire qui a permis de mobiliser une dotation de 14 millions d’euros, fléchée quasi exclusivement vers le traitement des eaux.