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Profession – Le CFMS, une institution de la géotechnique s’adapte au nouveau siècle

29 octobre 2018
<span>Profession</span> – Le CFMS, une institution de la géotechnique s’adapte au nouveau siècle

Début octobre, le Comité français de mécanique des sols et de la géotechnique (CFMS) a célébré ses soixante-dix ans. La société savante n’a cependant pas attendu cet évènement pour entamer sa mue, entre renouvellement des membres et diffusion accrue de bonnes pratiques.

(photo ci-dessus : Nathalie Borie, secrétaire générale de la CFMS, et Valérie Bernhardt, présidente du Comité. © CdF)

Comme les hommes, les institutions vieillissent. Passé l’enthousiasme de la création vient le moment où les arguments manquent pour attirer de nouveaux adhérents. Les réformes deviennent alors nécessaires, au risque de trahir l’esprit initial. Depuis quelques années, Le Comité français de mécanique des sols et de la géotechnique (CFMS) s’adonne à cet exercice d’équilibriste avec un certain talent. La société savante a fêté le 4 octobre son soixante-dixième anniversaire. La journée de conférence organisée à cette occasion a souligné les nouvelles lignes de force qui animent cet organisme.

Aymeric Boffa, président du CFMS Jeune : « l’avenir nous réserve quelques sujets de réflexion. »

En premier lieu, l’association cherche à rajeunir sa population. « Au début des années 2000, la limitation du renouvellement des mandats avait déjà provoqué un renouvellement, mais ce mouvement s’était arrêté aux quarantenaires », observe Valérie Bernhardt, présidente du CFMS. Les démarches à l’égard des jeunes commencent à porter leurs fruits : sur les 621 membres individuels, 19 % ont moins de 35 ans.

Pour accentuer cette orientation, le Comité a créé en mars dernier le CFMS Jeune, une structure destinée à cette classe d’âge. Celle-ci possède son propre bureau de direction. Aymeric Boffa, son président, décèle plusieurs particularités attrayantes dans la profession d’ingénieur en géotechnique : « Certes, le secteur connaît peu d’évolutions techniques. Toutefois, nos aînés ont une vraie passion du métier. En outre, l’avenir nous réserve quelques sujets de réflexion : le recyclage des sols, le partage des données, ou bien encore l’intégration de la maquette numérique. »

Transmission de connaissances

Au-delà de cette ouverture, l’association se montre active dans la diffusion de bonnes pratiques. Au cours des trois dernières années, ses groupes de travail ont publié trois recueils de recommandations consacrés respectivement aux fondations des grues à tour, aux géostructures thermiques, et aux fondations d’éoliennes offshores. Un volume relatif aux tirants d’ancrage devrait sortir en 2020.

Le partage d’information se pratique aussi lors de journées techniques. Le CFMS en propose environ six par an, parfois à l’étranger. « Les approches diffèrent d’un pays à l’autre, précise Fabrice Emeriault, président de la Commission technique. Entre autres exemples, des régions frontalières n’appliquent pas les mêmes procédés en matière d’ingénierie sismique. Dans ce cadre, les retours d’expérience sur nos méthodes de calcul sont appréciés. »

À l’avenir, Valérie Bernhardt compte bien entretenir ces dynamiques, en y ajoutant éventuellement quelques nouvelles activités : « La normalisation devient un enjeu important, notamment à l’échelon européen. Nous pouvons peut-être jouer un rôle dans ces mécanismes. Par ailleurs, les acteurs de la construction connaissent mal nos métiers. Une bonne étude géotechnique peut pourtant contribuer à réduire les coûts d’un projet. Dans ce domaine, nous devons encore faire œuvre de pédagogie. » De quoi occuper le CFMS jusqu’à son quatre-vingtième anniversaire.

M. D.