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Infrastructures – Le projet CDG Express est-il menacé ?

17 décembre 2018
<span>Infrastructures</span> – Le projet CDG Express est-il menacé ?

Anne Hidalgo, maire de Paris, et Stéphane Troussel, président du Département de Seine-Saint-Denis, demandent la suspension des travaux du Charles-de-Gaulle Express tant que des garanties n’auront pas été apportées pour améliorer en parallèle la qualité de service des RER et Transilien. Le Département de la Seine-et-Marne partage ce point de vue. Décryptage.

Le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilité a demandé le 12 décembre le report des travaux de cette liaison ferroviaire. Un coup de frein à la réalisation du projet, « tant que l’Etat n’apportera pas les garanties suffisantes afin de pouvoir préserver l’exploitation et le développement des lignes existantes du réseau francilien ». De fait, le conseil a voté un amendement déposé par Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilité, demandant à l’État de garantir impérativement que les travaux de réalisation de cette ligne rapide reliant l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle à Paris ne dégradent pas la qualité de service sur les autres lignes de transport, déjà très difficilement maintenue. Le Charles-de-Gaulle (CDG) Express ne doit pas entraver le développement des lignes franciliennes, ont fait valoir les élus.

Grand Paris Express

« Considérant qu’à 24 euros par trajet, le projet n’a aucune utilité pour la Seine-et-Marne et pour les transports du quotidien, estime Valérie Pécresse, cette liaison constitue même un risque de dégradation de la qualité de service des lignes en service ». La présidente veut également obtenir des garanties quant à la ligne 17 Nord du Grand Paris Express, dans les délais prévus. Cette ligne, qui doit relier Paris au Mesnil-Amelot, transportera 80 000 usagers chaque jour, soit cinq fois plus que le CDG Express. Sa réalisation, qui a déjà été reportée de 2014 à 2030, est jugée indispensable pour le nord du département seine et marnais.

De son côté, Anne Hidalgo, la maire de Paris, rappelle que « l’amélioration de la liaison de Paris à ses aéroports est un enjeu pour l’attractivité de la métropole parisienne, mais elle ne peut se faire au détriment des lignes utilisées quotidiennement par les habitants de la région parisienne. » En soulignant plusieurs fois la nécessité de « donner la primauté aux transports du quotidien », une référence aux propos de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, l’élue note que le rapport réalisé par les services d’Île-de-France Mobilités et présenté le 12 décembre en conseil d’administration met en évidence de nombreux impacts du projet CDG express sur les lignes RER et Transilien.

Trop de flou

Pendant la phase travaux prévue de 2019 à 2024, le CDG Express va perturber les infrastructures empruntées par les lignes RER B, RER D et le Transilien K ainsi que les lignes P et E lors de l’adaptation de la gare de l’Est. Des répercussions sont aussi anticipées après l’ouverture du CDG Express. La ponctualité des lignes K et H pourrait être affectée. Le RER E sera également touché par la réorientation des trains vers la gare de l’Est. La capacité d’accueil sera alors réduite par le CDG express ce qui poserait problème non seulement au RER E mais aussi à la ligne P. Île-de-France Mobilités a formulé plusieurs demandes pour obtenir les garanties nécessaires au maintien de la qualité de service sur l’ensemble de ces lignes, que ce soit pendant les travaux ou pendant l’exploitation du CDG express.

Des adaptations sont indispensables en particulier pour éviter l’effet boule de neige en situation très dégradée. Aussi, dans l’attente de telles garanties, Anne Hidalgo et Stéphane Troussel demandent eux aussi, la suspension des travaux du CDG Express. Pour la maire de Paris et le président du Département de Seine-Saint-Denis, il s’agit non seulement que le projet du CDG Express garantisse une meilleure qualité de service sur toutes les lignes du Nord-Est parisien, mais aussi que toutes les mesures soient prises pour ne pas déranger les habitants du 18e arrondissement et de Seine-Saint-Denis vivant à proximité de la future ligne. En effet, celle-ci traversera notamment le futur parc de Chapelle-Charbon puis traversera la porte de la Chapelle par le pont ferroviaire qui doit être rénové.

Enfin, ils demandent l’étude de la mise en place d’une voie dédiée au covoiturage et à des lignes de bus express sur l’A1, avant même l’arrivée de véhicules autonomes, réflexion qui devra inclure l’optimisation d’usage de la bande d’arrêt d’urgence.

J-N.O