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Désamiantage – Comment s’organiser pour respecter la VLEP ?

7 décembre 2015
<span>Désamiantage</span> – Comment s’organiser pour respecter la VLEP ?

Une instruction de la direction générale du Travail (DGT) du 16 octobre précise les mesures de prévention collectives et individuelles qui doivent être mise en œuvre lors des opérations de désamiantage pour assurer le respect de la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) aux fibres d’amiante, laquelle a été abaissée de 100 à 10 fibres par litre le 2 juillet dernier par décret. Lignes directrices.

Masque de protection (crédit photo : Lapro Environnement).

Masque de protection (crédit photo : Lapro Environnement).

Daté du 29 juin, ce décret a maintenu de manière transitoire les bornes de niveaux d’empoussièrement à leur valeur antérieure au 2 juillet dans l’attente des conclusions d’une étude de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) sur la réévaluation des facteurs de protection assignés (FPA) des appareils de protection respiratoire (APR) pour apprécier leur efficacité vis-à-vis des fibres fines (FFA) et courtes (FCA). Précision, ce décret prévoit aussi d’exprimer les seuils d’empoussièrement selon leur valeur numérique (100, 6 000 et 25 000 f/l) et non plus en référence au FPA des APR (250 pour l’adduction d’air, 60 pour la ventilation assistée). Un rapport intermédiaire sur le FPA des APR à adduction d’air a déjà été transmis à la DGT. Les résultats sur les APR à ventilation assistée ne sont pas attendus avant la fin de l’année. En attendant les conclusions de l’étude de l’INRS, la DGT indique aux entreprises comment adapter leur organisation du travail et les moyens de protection individuelle (un arrêté du 7 mars 2013 liste une gamme d’EPI approprié) et collective, en tenant compte, notamment, d’une sous-estimation des niveaux d’empoussièrement de niveau 3.

Principes d’organisation

En matière d’organisation, l’instruction de la DGT insiste sur cinq points :

  • Minimiser la co-activité autour de la source d’émission ;
  • Adapter le geste professionnel en y couplant une approche ergonomique lors de l’utilisation des outils pour éviter une surexposition ;
  • Renforcer la surveillance du chantier avec la mise en place d’un gardien de sas à l’extérieur de la zone confinée ;
  • Améliorer la préparation et le retrait du support amianté par imprégnation à cœur des matériaux avec des agents mouillants et humidification du support amianté ;
  • Minimiser l’émission de poussière lors du ramassage, du tri et de la mise en sac des déchets par humidification.

Principes techniques

Au plan technique, la note de la DGT insiste sur cinq autres points :

  • Se doter d’une captation ou aspiration à la source ;
  • Eloigner l’opérateur de la source (outils téléguidé ou radiocommandé, à manche longue ou canne longue pour la très haute pression) ;
  • Augmenter le taux de renouvellement d’air de la zone traitée ;
  • Privilégier l’aspiration à la place du balayage ;
  • Systématiser la sédimentation en continu des fibres en suspension dans l’air (brumisation…).

Tenue étanche ventilée « incontournable »

Pour les opérations dont le niveau d’empoussièrement est supérieur à 3 300 f/l, la DGT recommande aux entreprises qui utiliseront un appareil isolant à adduction d’air d’augmenter le taux de renouvellement de l’air de la zone de travail : de 6 à 15 entre 3 300 et 6 000 f/l ; et de 10 à 20 fois le volume par heure de la zone traitée entre 6 000 et 10 000 f/l. Autre précision : pour des interventions d’une durée de moins de 15 minutes relevant de la SS4 (matériaux émissifs), le port d’un APR à ventilation assistée (FPA 60) peut être admis jusqu’à un niveau d’empoussièrement maximum de 3 000 f/l et le port d’un APR à adduction d’air (FPA 250) jusqu’à un niveau d’empoussièrement maximum de 12 500 f/l.

Préconisée pour le niveau 3 d’empoussièrement, la tenue étanche ventilée a été très peu utilisée jusqu’à présent pour les opérations de désamiantage car l’appareil isolant à adduction d’air permettait de respecter la VLEP de 100 f/l. Avec l’abaissement de la VLEP à 10 f/l, cette tenue « sera incontournable » pour certaines opérations de désamiantage relevant de ce niveau d’empoussièrement, en particulier sur les chantiers de désamiantage en milieu nucléaire. Du reste, la DGT a déjà sélectionné six tenues étanches ventilées certifiées par l’INRS (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), dont 3 vêtements ventilés-pressurisés et 3 EPI combinés (vêtement ventilé + masque/cagoule)

J.D

Capture APR

 Capture protection collectiveCapture classe et perfo EPI