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Salons – Conexpo : ce qu’il faut retenir de l’édition 2017

20 mars 2017
<span>Salons</span> – Conexpo : ce qu’il faut retenir de l’édition 2017

A l’amorce d’un cycle de croissance du marché domestique dopé par les orientations de la nouvelle administration qui devraient relancer la production locale, le salon international des matériels pour les travaux publics, la construction, les mines et les carrières, Conexpo, attesté du virage technologique de l’industrie. Il a également confirmé la montée en puissance des motorisations alternatives et l’intérêt des exploitants nord-américains pour les gammes compactes.  

conexpo-p21 000 Mds de dollars dans les infrastructures. Après le plan Obama, financé à hauteur de 250 Mds, le président élu Donald Trump, chantre du  « Make America great again! », a promis de mobiliser les budgets pour remettre à niveau des infrastructures de transports terrestres très dégradées. Une aubaine pour les industriels américains, aux premiers rangs desquels figurent Caterpillar, John Deere, Genie, Case, Terex mais aussi Manitowoc, JLG, Astec mais aussi les fabricants européens et asiatiques au travers de leurs filiales de production locales.

Pour l’association des constructeurs de matériels américains (Association of Equipment Manufacturers), l’administration Trump doit rapidement légiférer et lancer les réformes nécessaires en termes de taxation et de réglementation pour aider l’industriel américaine à rester compétitive.

L’enjeu ? Un secteur qui « pèse », dans l’économie américaine et qui représente 1,3 millions d’emplois. Comme le souligne Dennis Slater, président de l’AEM, « l’industrie nord-américaine des matériels est une composante significative du secteur manufacturier du pays, chaque million de dollars dans la filière représente la création de 2,7 emplois salariés dans la filière ».

Avec un chiffre d’affaires global estimé à 159 milliards de dollars pour l’année 2016, le secteur contribue de manière significative au PIB des Etats-Unis. Il distribue 87 milliards de salaires et acquitte 25 milliards d’impôts et de taxes diverses chaque année. « Nos adhérents, qui font partie intégrante de l’économie de notre pays, sont désireux de se développer et, espérons-le, avec les investissements massifs dans les infrastructures, prêts à remettre des millions de nos compatriotes au travail ».

Approche « High tech »

p3Drone, GPS, robots, réalité augmentée, casque holographique fonctions automatisées, matériels communicants et autonomes,… le chantier connecté est désormais une réalité. Demain, la livraison de pièces de rechange sur site au moyen d’un drone ou un véhicule sans chauffeur est une solution réaliste pour optimiser la réactivité de service d’un concessionnaire. L’avènement de la maquette numérique dans les différentes spécialités des TP transforme la donne. L’essor de la digitalisation dans la filière Matériel  interroge tous les acteurs.

Sur Conexpo 2017, Caterpillar a fait la démonstration de la maturité de sa technologie de télécommande en  proposant de prendre, depuis Las Vegas, les commandes  d’un bouteur D8T situé à Peoria, à près de 3 000 km. Dans cette logique, le constructeur implémente de nouvelles fonctionnalités son système de télématique Product Link. Les logiciels additionnels permettent aux exploitants de connecter l’ensemble de ses matériels en parc, indépendamment de la marque. Ils offrent également plusieurs possibilités de connexion (satellite, Bluetooth, cellulaire), afin de s’adapter aux différents équipements dont dispose l’exploitant.

Tous ces systèmes sont conçus pour une installation facile de type « plug&play », et pour être compatibles avec dispositifs mobiles. Un autre axe de développement du système  de télésurveillance des machines de production consiste en l’augmentation de la capacité de données collectées ainsi que les paramètres les plus pertinents (localisation, état de la machine, heures travaillées, productivité,…), tous accessibles depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur.

« 90% des entrepreneurs savent qu’ils doivent engager la transition numérique de leur société, 20% seulement l’on engagée », indique George Taylor, Vice-Président Customer Services Support  Caterpillar Inc), en charge notamment de la stratégie digitale et à l’origine de la mise en œuvre de l’écosystème digital du constructeur. Au travers d’accords de partenariats (Trimble, Université de Berkeley), d’investissements ciblés dans des start-up (Airware, busybusy, Sarcos,  Minesens), Caterpillar trace sa voie et prépare les solutions du futur en proposant à ses clients, au travers de ses concessionnaires, d’optimiser leurs actifs tout en capitalisant sur les possibilités illimitées dans les secteurs des données et de la numérique. Le digital, dont l’intégration dans les matériels est appelée à s’accélérer, a vocation à devenir la colonne vertébrale de l’offre du leader mondial de  la spécialité.

« Nous devons poursuivre nos efforts de sensibilisation auprès de nos clients et les informer sur   l’amélioration de la productivité, de l’ordre de 25 à 30%, avec nos solutions », estime Paolo Fellin, Vice-Président GCI (Caterpillar), « le taux de conversion est encore trop faible ». Le coût d’implantation de ces solutions numériques, pourtant significatif,  n’est pas en cause, tant le retour sur investissement est rapide. L’explication est ailleurs.

Outre le fait de la discrétion des pionniers, soucieux de conserver un avantage concurrentiel décisif, et donc peu enclin à en faire la promotion, le comportement humain est également en cause. « Comme toutes les innovations fondamentales qui transforment la façon dont on travaille, les débuts sont toujours lents ; une fois la technologie maitrisée et les avantages constatés, la diffusion s’accélère », commente Paolo Fellin, « dans un secteur réputé prudent et conservateur, l’arrivée d’une nouvelle génération d’exploitants aux commandes doit permettre de faire évoluer les choses, cela d’autant plus que s’ils continuent à travailler sans évoluer, ils ne pourront pas assurer la pérennité de leurs entreprises ».

Le lancement de Cat Connect Productivité Service permet d’accéder à sept nouvelles offres : rapports d’utilisation, cartographie géospatiale, évaluations comparatives, formation des opérateurs, formation relative à l’efficacité d’un chantier ou d’un site de production,  et contrôle de la productivité. Des services technologiques à haute valeur ajoutée qui participent à l’évolution des chantiers et préfigurent la montée dans la chaîne de la valeur du constructeur et de ses concessionnaires. La finalité ? Permettre aux clients de tirer le meilleur parti de leur technologie, mais également pour leur fournir des informations et des recommandations concrètes et fiables qui leur permettront d’améliorer leurs chantiers et leur rentabilité.

Motorisations électriques

p4Dans son approche «high tech », Caterpillar est accompagné par Komatsu et son concept de machines intelligentes. « Plus de 1 500 machines IMC sont opérationnelles et permettent à leurs propriétaires de tirer profit dès à présent de ces technologies avancées », souligne Rod Schrader, Président de Komatsu Americas, « nous sommes prêts à monter en gamme avec de nouveaux services et produits conçus pour les chantiers du futur. Pionnier dans les motorisations hybrides, le Japonais, qui développe cette solution depuis 2011, a présenté son modèle HB365LC-3, pelle hybrides de 36 t. Parmi les avantages mis en avant, une consommation inférieure de l’ordre de 20% à une motorisation classique.

Volvo CE, qui poursuit le développement de son concept de tombereau autonome. Après avoir dévoilé le prototype en 2016, le Suédois a présenté une version plus aboutie de son modèle de 15 m3 de capacité qui pourrait préfigurer le modèle commercialisable. Comparé au HX01, le HX02 gagne en poids opérationnel (grâce à une benne allégée de 250 kg) et en équilibre, grâce à l’implantation centrale des batteries. La transmission et le châssis ont également été modifiés. Même si la batterie gagne en capacité elle doit encore être rechargée toutes les 10 minutes. Une contrainte d’exploitation, même si une minute suffit à la recharger, qui commande de disposer de borne auxiliaire.

« Le concept HX02 s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche sur site qui doit permettre de réduire de 95% les émissions de GES  et d’abaisser les coûts d’exploitation de l’ordre de 25%», rappelle Dave Ross, Vice-Président de Volvo CE en charge de l’ingénierie avancée, « d’ores et déjà, le HX02 affiche une efficacité énergétique 6 fois supérieure à celle d’un tombereau équipé d’un moteur à combustion ».

p5Face aux impératifs de productivité accrue, JLG a développé la nacelle élévatrice à flèche articulée affichant une enveloppe de travail record. Avec sa hauteur de travail de plus de 45 m, sa portée de 22,86 m et sa capacité de charge de 272 kg (illimitée), la JLG 1500AJP se caractérise également par son bras pendulaire qui pivote horizontalement à 125°.

Matériels compacts

p6Sensation sur le stand Takeuchi où l’inventeur du concept de la mini-pelle expose sa « green machine », une pelle hydraulique qui se positionne sur le segment des 3,5-4 t, avec un poids opérationnel de 3 890 kg. Dotée de batterie au lithium dont le cycle de vie est donné pour 15 000 heures, la Takeuch e240 affiche une autonomie de 9heures environ, soit une journée.

L’opérateur dispose d’un écran couleur qui l’informe en temps réel du statut des batteries qui se rechargent sur secteur (220 v standard). Il faut compter 10 heures de branchement pour retrouver la pleine charge. Le constructeur l’assure : les performances ne sont pas impactées. La force d’arrachement est mesurée à 4 517 kg. Outre l’absence d’émissions, ce modèle destiné à travailler dans des endroits confinés bénéficie d’une empreinte sonore particulièrement faible.

Désormais implanté aux Etats-Unis et ayant accès au réseau Terex pour la commercialisation des gammes compactes issues de l’usine anglaise récemment rachetée, Mecalac signale son arrivée sur le marché avec une configuration spéciale de sa pelle sur pneus compacte sur le segment des 15 t. Pour convertir les clients américains à ses produits, l’industriel français a opté pour une cinématique de flèche « conventionnelle ».

J-N.O