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Profession – Plan de relance : quelle part pour les TP

7 septembre 2020
<span>Profession</span> – Plan de relance : quelle part pour les TP

350 millions d’euros pour financer la rénovation des ponts présentant un danger sur les territoires et 300 millions destinés à accélération la réhabilitation des réseaux d’eau, notamment en outre-mer. A l’exception de ces deux enveloppes, la répartition des moyens alloués au plan de relance pour les TP reste à préciser. Explications.

Compétitivité économique et innovation des entreprises, transition énergétique, cohésion sociale et territoriale sont les trois domaines prioritaires de France Relance, le plan d’action destiné à booster notre économie. A la clé, 100 Mds d’euros sur deux ans, dont la moitié financés par l’Union européenne, pour regagner les 4 points de PIB effacés par la crise sanitaire.

Dans l’enveloppe des 30 milliards d’euros alloués à la transition énergétique, 11 Mds sont réservés aux Transports. Sachant que le fer devrait récupérer 4,7 Mds d’euros, le solde bénéficiera aux mobilités du quotidien, au plan vélo et aux transports en commun. A priori, le plan porte une grande ambition pour les infrastructures vertes, qui y sont largement représentées, qu’il s’agisse des transports, de l’eau ou des énergies. Mais cette ambition doit désormais se traduire au plus vite en actes, le redressement économique étant suspendu à son exécution rapide. A ce titre, les collectivités locales, qui représentent 70% de l’investissement public, ont un rôle déterminant à jouer dans les mois à venir. En première ligne de la relance verte dans les territoires, c’est par ailleurs par elles que viendra la relance du secteur des travaux publics, qui subit actuellement une baisse d’activité de l’ordre de 20%. Aussi, la FNTP estime que la réussite du plan reste conditionnée par deux impératifs :

  • Dédier la majorité des crédits à l’investissement. Les opérateurs de mobilité ayant enregistré des pertes d’exploitation record, le risque réside dans l’utilisation des enveloppes pour combler leurs dettes. Si tel est le cas, il n’y aura pas d’activité supplémentaire et donc pas d’impact sur l’emploi dans le secteur des travaux publics.
  • Consommer « effectivement », les crédits affichés dans les deux années à venir. La réussite du plan de relance dépend désormais de la mobilisation rapide de l’ensemble des donneurs d’ordre : État, grands opérateurs et collectivités locales.  A cet égard, la FNTP regrette l’absence de mesures fortes d’incitation à l’investissement local.  La nomination de sous-préfets dédiés à la relance et le vote d’un projet de loi de simplification administrative vont dans le bon sens, Encore faut-il que ce « choc de simplification », comporte des mesures d’optimisation des délais d’instruction et de recours, afin d’accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures vertes.

Pour Bruno Cavagné, président de la FNTP, «  Si les ingrédients sont aujourd’hui réunis pour engager la relance de l’activité des travaux publics, nous espérons désormais une mobilisation sans précédent de l’ensemble des acteurs concernés, en particulier les collectivités locales ».

Transition écologique

Dans le domaine des infrastructures, la part belle faite au ferroviaire traduit la priorité à la transition écologique et des transports en commun, au détriment de la route. Un  secteur durement pourtant touché par la crise, les chantiers accusant un retard de près 2 mois. Plus inquiétant, pour l’activité  des entreprises à moyen terme, le volume des appels d’offre chez certains donneurs d’ordre public accuse une baisse de près de 50%. De quoi compromettre la nécessaire adaptation des infrastructures existantes aux nouvelles mobilités et aux technologies liées au déploiement des véhicules électriques et des véhicules autonomes. Au-delà de l’effet d’annonce, la présentation du projet de loi de finances pour 2021, avec la retranscription de  l’ensemble des postes budgétaires supplémentaire, est attendue avec impatience. Si elle confirme les moyens annoncés, elle permettra d’assurer la relance de l’activité dans les TP, sous réserve d’une mobilisation sans précédent de l’ensemble des acteurs concernés. L’urgence est là. La crise sanitaire liée au Covid-19 déstabilise le secteur des Travaux Publics. L’année 2020 devrait se clôturer avec une perte de chiffre d’affaires de 15% à 20%. Des prévisions qui ne seront pas réalisables sans un redémarrage de la commande publique.

L’année 2020 devrait se clôturer avec une perte de chiffre d’affaires de 15% à 20%.

Pour rappel,  à fin juin, cette dernière ne s’était toujours pas relevée toujours pas. Avec moins de 7 000 appels d’offre publiés de la fin du confinement à mi-juin, la commande publique ne représente que deux tiers de la commande publique observée sur la même période en 2019.

J-N.O

Photo : Le niveau actuel des appels d’offre compromet l’activité des entreprises de TP dès la fin de l’année.