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Manutention légère – Les moteurs prêts à remplacer les bras

2 novembre 2020
<span>Manutention légère</span> – Les moteurs prêts à remplacer les bras

Les substituts mécaniques à la manutention manuelle sont de plus en plus nombreux. Du chariot radiocommandé au transporteur à chenilles avec ciseaux, il y en a pour tous les chantiers.

(Photo ci-dessus : le transporteur à chenilles HP 500 de Honda, un classique de la manutention légère. HONDA)

Dans les travaux publics, les machines effectuent le gros du labeur. Reste néanmoins quelques tâches où les bras interviennent encore. La manutention par exemple. Quand le chantier est modeste, le terrain accidenté ou les accès étriqués, le transport des matériaux et des déchets se fait souvent à la main.

Car, par le passé, le petit matériel de manutention restait tout de même lourd. Les porteurs avaient beau être réduits au minimum, ils n’en restaient pas moins volumineux. À vrai dire, les constructeurs n’étaient pas vraiment pressés par la demande. La question d’une mécanisation plus poussée intéressait peu les sociétés.

Brouette électrique

Aujourd’hui, les consciences évoluent petit à petit. Si les politiques de « responsabilité sociale des entreprises » semblent parfois relever du papier peint, elles ont au moins le mérite d’insuffler des idées. Des motifs mureaux vus tous les jours finissent par rester dans les cranes. Entre autres messages : l’usure au travail reste une plaie de la construction. Ces changements pourraient donner leurs chances à des engins plus légers que les standards du XXe siècle. Quelques nouvelles propositions voient le jour.

La jeune société K-ryole a par exemple sorti l’année dernière la Kross Builder 250. Cette brouette est dotée de deux moteurs électriques de 1,5 kW, l’un pour chaque essieu. Un système électronique adapte leur régime en fonction des forces exercées sur l’outil. De la sorte, un compagnon peut pousser un chargement pouvant aller jusqu’à 250 kg sans efforts. L’engin peut fonctionner trois à quatre jours sans être rechargé. Ses roues sont munies de pneus tout-terrain.

Convaincre les majors

Pour ses premiers pas dans la construction, K-ryole a d’abord cherché à convaincre les grands groupes. « Aujourd’hui, quasiment toutes les portes se sont ouvertes, souligne Davylyn Khambay, responsable commerciale BTP de l’entreprise. Quand nous parlons de mécaniser la manutention, nos clients sont tout de suite intéressés. Pas besoin de trop argumenter. Un essai suffit pour comprendre. Par ailleurs, nous sommes accompagnés par la Cramif* et l’OPPBTP**, ce qui est bien perçu par les Pôles prévention. Les majors ont sans doute apprécié notre réactivité. Nous avons rapidement adapté notre produit en fonction des retours d’expérience. »

La responsable pointe aussi la facilité d’utilisation de la machine : « tout le monde peut s’en servir, alors qu’un engin nécessite un Cases ou une autorisation de conduite. L’intérim n’est donc pas un obstacle à son utilisation. Les compagnons en sont très contents. Ils la chouchoutent. » Le fabricant regarde maintenant vers les petites et moyennes entreprises. Il planche également sur un nouveau modèle destiné aux TP, la Kross Builder 500. Comme son nom l’indique, elle pourra embarquer 500 kg et être poussée sans difficultés.

Indémodable

Dans ce même segment, les partisans du moteur à explosion ou les amateurs des terrains particulièrement difficiles pourront s’en remettre à un monument : le HP 500 de Honda. Ce transporteur à chenilles point plume semble immuable. Ne vous fiez pas à son apparence rudimentaire, il possède des caractéristiques comparables à des transporteurs plus lourds : transition hydrostatique, sécurité homme mort et même en supplément le décrabotage : « c’est une fonction agréable. Chaque chenille est commandée par un levier distinct, ce qui facilite la conduite dans les virages », explique Maxence Zacharie, directeur marketing de Honda Produits d’équipement pour la France.

Le tout propulsé par un moteur Honda GXV160 à 4 temps, « un modèle connu pour sa robustesse, utilisé par beaucoup d’outils de chantier, tels que les dameuses. » La machine peut emprunter des pentes allant jusqu’à 15°, avec des charges comprises entre 350 kg (à 15° d’inclinaison) et 500 kg (à plat).

Le HP 500 s’est fait sa place sur les chantiers. La SNCF l’utilise notamment pour ses travaux sur les voies. « Les chiffres de vente sont stables, précise Maxence Zacharie. Nos clients sont assez fidèles. » Honda ne prévoit pas de modifier ce produit de référence. « C’est une machine unique. Nous sommes en concurrence avec beaucoup de produits exotiques, mais de qualités inférieures. Bien entretenu, le HP 500 peut durer plus de vingt ans. Il perd peu de valeur à la revente. Nous assurons aussi la disponibilité des pièces détachées pendant une longue période. »

De la mini-chargeuse au monte-escalier

Cependant, les entreprises de déconstruction ont souvent affaire à des passages étroits ou de raides escaliers. Dans ses conditions, elles trouveront peut-être leurs bonheurs dans le catalogue de Kavik. Ce distributeur s’est fait une spécialité de dénicher de nouveaux moyens de mécaniser les tâches manuelles. Outre la Twinca, une brouette à moteur électrique, il possède à son répertoire l’Ecovolve, un motobasculeur à batteries conçu pour travailler dans les espaces restreints, et la mini-chargeuse Sherpa, un porteur sur roues qui peut accueillir de nombreux outils.

Mais sa machine la plus renommée reste le Track-O. Ce chariot de manutention électrique sur chenilles peut emprunter les escaliers. Kavik propose de nombreuses options dont une version télécommandée ou avec une benne basculante. La société s’est progressivement forgé une clientèle, mais le secteur rechigne encore sur les tarifs, sans prendre en compte les réductions de coûts apportées par ces engins. « Ce sont de petits marchés, donc des petites séries, précise Frank David, président et fondateur de Kavik. Le coût est encore un obstacle, bien que nos machines restent abordables : 13 000 euros pour une brouette électrique, à partir de 40 000 euros pour un monte-escalier Track-O. Elles sont très vite rentabilisées. »

Le président pointe une autre difficulté. Pour le moment, les machines à batteries ne font pas partie des mœurs du BTP. Les volumes de ventes restent faibles. « C’est par la contrainte que ce marché se développe, observe-t-il. Même les très gros constructeurs ont ce problème. Les pouvoirs publics ne vont pas dans ce sens. Certains avancent aussi l’argument que des machines électriques fiables n’existent pas. Mais nos engins peuvent tenir plus d’une journée de travail. »

Compagnon de la mini-pelle

Et si une entreprise doit transporter des charges plus lourdes, les petits transporteurs à chenilles sont toujours là. La plupart des constructeurs spécialisés dans le matériel de terrassement en possèdent quelques références de ce type. Les modèles sans poste de pilotage affichent des capacités comprises entre 400 et 1 000 kg. « On nous en demande de plus en plus. C’est évolution qui est emmenée par la croissance de la mini-pelle, remarque Walter Baffioni, directeur commercial d’Imer France. Ils plaisent bien quand le terrain est très mauvais. Les chenilles marquent moins les sols. »

Dans cette catégorie, la marque possède quatre modèles, dont un électrique. Ces machines peuvent être équipées d’une pelle autochargeuse. Le Carry 107 (700 kg de charge utile) et Carry 110 (1 t de charge utile) peuvent être dotés de voies variables et troquer leur benne pour une bétonnière. Tous deux existent avec des moteurs Diesel ou essence. Le Carry 107 peut aussi être muni de ciseaux.

Une tâche précise

L’exhaustivité est aussi de mise chez Kubota, avec pas moins de dix déclinaisons du KC70-4 (entre 550 et 700 kg de charge utile) : essence, Diesel, benne autochargeuse, voie variable et déversement en hauteur. Déversement en hauteur qui est combiné avec une alarme d’inclinaison pour plus de sécurité. « Notre gamme nous permet de répondre à un grand nombre d’usages et d’utilisateurs, indique Andrea Basso Luca, responsable marketing et produit de Kubota Europe. Chaque utilisateur emploie son transporteur pour une tâche bien spécifique. Le client achète ou loue souvent avec une fonction bien particulière en tête. Un maçon qui n’a pas de mini-pelle préférera par exemple la version avec une pelle autochargeuse. C’est aussi une alternative plus sûre au dumper sur roues quand le terrain est particulièrement difficile. D’ailleurs, nous constatons toujours une petite flexion des ventes quand le temps est sec. »

La catégorie des une tonne de charge utile est représentée par le KC110HR-4, avec une benne rotative à 180°. Le groupe lui adjoindra en 2021 le KC120SL-4, équipé d’une pelle autochargeuse.

Électrification

Selon le responsable, ces engins sont appréciés par les loueurs, « ils peuvent utiliser dans divers types de chantiers, avec une maintenance minimale et de nombre de pièces d’usure réduites. » Signe d’un lien fort avec les propriétaires, ces matériels sont rarement revendus. Bien entretenus, ils peuvent durer une quinzaine année.

Une technologie manquait à l’offre de Kubota : une machine électrique. Ce vide devrait être comblé l’année prochaine avec le KC70-4 e. « Nous ne nous sommes pas contentés d’électrifier un modèle existant. Cette nouvelle machine possède deux moteurs de translation électrique, un pour chaque chenille. » Le constructeur annonce une autonomie de 8 heures.

M. D.

*: Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France

**: Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics

 

Kubota monte d’un cran

Dans le domaine des transporteurs à chenilles, Kubota sera très actif en 2021. Non content de lancer deux nouveaux modèles dans les une tonne et moins (voir ci-dessus), le constructeur sortira aussi une machine dans la catégorie des deux tonnes et plus. Aujourd’hui, l’offre du groupe se compose deux déclinaisons du KC250-4 (2,5 t de charge utile) : le H, muni d’une benne plate trilatérale, et le HR, doté d’une benne rotative 180°.

Le nouveau venu, le KC300-5, affichera une capacité de 3 t. Il présenta une esthétique différente des autres engins de la gamme. « Il y a eu un travail important sur l’ergonomie et les performances », souligne Andrea Basso Luca, responsable marketing et produit de Kubota Europe.

En outre, ce transporteur se distinguera de la concurrence par ses instruments électroniques. Il intégrera notamment un écran de contrôle LCD et une caméra de recul, un changement significatif pour une famille de machines qui a peu évolué au cours de la dernière décennie.